Notes de Prod. : L'Amour, c'est mieux à deux

    en DVD le 28 Septembre 2010

L'Amour, c'est mieux à deux : Entretien avec Dominique Farrugia et Arnaud Lemort

l’amour c’est mieux a deux est a la fois un film de potes, un film d’amour, une comedie, trouver les équilibres entre ces différents éléments a été simple ?

D.F. : il y a deux boulots. Un boulot d’écriture avec 18 versions différentes accompagnées à chaque fois d’un ping-pong entre nous. Et puis, sur le plateau, profiter d’être à deux pour chaque soir relire les scènes du lendemain et modifier en permanence les choses. Il fallait faire attention par exemple à ne pas surcharger le récit de blagues pour ne pas empêcher la tension amoureuse et l’émotion qui va avec de se développer. Et comme c’est un vrai film de potes, on a vraiment été vigilants à ne pas faire des blagues excluantes qui n’auraient fait rire que nous. Monter le film en parallèle et donc voir ce qui fonctionne ou pas presque en temps réel nous a beaucoup aidé à rebondir.
A.L. : Je veux dire aussi que c’est un bonheur de faire comme premier film une comédie romantique. Car c’est un genre que Dominique et moi adorons. Et on a donc évidemment prêté un soin tout particulier à l’histoire d’amour. Le plus dur a donc été que tout tienne la route, que le parcours croisé des deux personnages principaux – le dragueur qui devient romantique et le romantique qui tente de s’improviser dragueur – aille à son terme. Mais le fait d’avoir avec Dominique les mêmes références et donc les mêmes envies nous a simplifié la tâche.
D.F. : dans la mise en scène, ensuite, on a voulu que les acteurs jouent de la manière la plus normale possible pour que le rire naisse du fait qu’ils jouent la situation au premier degré. Mais on a insisté pour que contrairement à la vie de tous les jours, les dialogues ne soient ponctués d’aucun «euh» ou «hein» : d’aucune marque d’hésitation.
A.L. : enfin, comme dans les comédies anglo-saxonnes qu’on adore, on a aussi beaucoup travaillé les rôles secondaires (Jonathan Lambert, Laurent Lafitte…). Afin qu’ils ne soient pas relégués au rang de faire-valoir mais qu’ils existent de bout en bout même s’ils ne sont là que trois ou quatre scènes. Tous les personnages du film devaient absolument nourrir l’histoire.

A la lumiere, on retrouve Eric Guichard, un nom peu associe habituellement a des comedies. Pourquoi avoir eu envie de faire appel a lui ?

D.F. : Je suis tout simplement allé le chercher parce que j’adore son travail. C’est l’un des 10 meilleurs chefs opérateurs français ! Et je crois que ça le faisait marrer de faire une comédie et de travailler avec nous. A partir de là, on a tout de suite été d’accord sur le but : faire une belle lumière mais aller vite. Moi, ça m’intéressait de faire une comédie un peu différente de celles qu’on peut voir grâce à un travail précis et spécifique sur l’image. Et ce fut un bonheur d’avoir l’homme qui a éclairé himalaya pour éclairer notre film ! (rires) j’aime ce grand écart-là. Travailler avec lui fut un bonheur de chaque instant.
A.L. : c’est l’homme qui dit oui ! (rires) il se débrouillait toujours pour répondre à nos exigences avec le sourire et l’envie.
D.F. : on n’a pas pour autant fait 150 changements sur le plateau car on avait découpé entièrement le film avec lui. On avait travaillé en amont sur le fait que l’image devait être brillante, dorée avec une vision de paris façon carte postale. Car je trouve cette ville magnifique et je ne voulais pas la montrer sous un jour grisâtre. Mais c’est vrai que si on estimait devoir modifier un truc, il répondait tout de suite présent.

Et comment vous-etes vous reparti le travail sur la direction d’acteurs ?

A.L. : pour que ce soit simple, on s’était séparé les rôles en amont. Il y avait un patron sur le plateau pour l’équipe technique parce qu’il n’en faut qu’un, c’était Dominique. Et lui m’avait demandé de diriger les acteurs. Donc on est parti sur ces bases-là pour rassurer tout le monde la première semaine. Puis, une fois que les rôles étaient posés, on ne s’est évidemment pas interdit d’interférer chacun dans le travail de l’autre.
D.F. : Je crois que les acteurs ont très vite compris qu’on savait ce qu’on voulait, qu’on était bien sur la même longueur d’ondes et qu’on avait vraiment bossé en amont. A partir de là, tout a été simple. Mais notre chance ici a été de travailler avec des comédiens qui nous ont tout de suite donné plus que ce qu’on leur demandait. Or, moi, j’aime bien travailler à deux caméras, ce qui permet aux acteurs d’improviser et d’aller au-delà du texte sans qu’on soit ensuite gêné au montage. C’est idéal par exemple pour quelqu’un comme Clovis qui ne propose jamais la même chose selon les prises. D’ailleurs, c’est en creusant les choses de cette manière qu’il nous a amené son personnage. Au départ, on avait un peu peur que cet homme qui ne rêve de la rencontre parfaite soit un peu fleur bleue. Mais lui apporte d’emblée quelque chose de très mec, de très viril et d’un peu taré sur les bords. Il nous avait d’ailleurs prévenus en acceptant le film en nous disant : «je serai à 100% ! 100% mauvais ou 100% bon mais pas 60 !».

Avez-vous beaucoup reecrit le film au montage ?

D.F. : on a eu deux phases. Une phase de pré-montage dont on est sorti très déprimé, comme cela arrive toujours, quel que soit le film. Et puis on a parlé avec Sylvie Gadmer (chouchou, sagan, de l’autre côté du lit…), une monteuse que j’adore. Elle a tout de suite compris où on voulait aller. Et comme on avait dès le départ décidé avec Arnaud de prendre 3 semaines de vacances pour laisser reposer le film dans nos esprits, elle a bossé dans son coin durant ce laps de temps et retravaillé le début qu’elle a en fait à sa manière réécrit. Et là tout s’est débloqué.
A.L. : elle a eu l’idée de tout resserrer à ce moment-là sur le personnage de Michel, ce qui a été le déclic pour tout le reste.
D.F. : on avait choisi dès le départ de prendre du temps sur le montage. Et ça s’est vraiment révélé bénéfique de pouvoir tester des choses, peaufiner sans pression jusqu’au moindre détail. Par exemple, pour avoir vu gran torino, j’avais envie comme clint eastwood d’un film sans générique de début pour rentrer directement dans le film. On a essayé et ça fonctionne parfaitement, je trouve.

Pour les musiques, vous avez choisi d’utiliser des chansons existantes au lieu d’une b.o. Originale. Pourquoi ?

A.L. : les comédies romantiques anglo-saxonnes, références dans le genre, sont toujours accompagnées de tubes du moment qui permettent d’inscrire le film dans son époque et lui donnent sa fraîcheur du moment. Avec un «score», on obtient un résultat différent.
D.F. : Je ne sais pas où on aurait pu mettre une musique de film, en fait. Moi, je pars du principe que si on met de la musique sous la comédie, on n’entend plus très bien les dialogues et on passe alors à côté de la scène. Les chansons ne provoquent pas le même effet et permettent en plus de souligner les moments romantiques. Car rien ne marche autant dans ces instants-là qu’une chanson qui nous est familière.
A.L. : et puis on a aussi eu la chance que thomas dutronc nous compose une chanson originale qu’on peut entendre dans le générique de fin.
D.F. : Je l’ai appelé un jour en lui demandant s’il voulait bien lire le scénario en vue de faire une chanson. Il le lit, me dit d’abord qu’il ne voit pas. Et puis, très vite, il me rappelle pour me prévenir qu’il avait quelque chose à m’envoyer. On a écouté sa chanson sur le tournage. On a adoré. Et c’est un vrai cadeau qu’il nous a fait là !

Focus sur Sophie Vouzelaud (Hélène dans L'Amour, c'est mieux à deux)

Dominique Farrugia : Vu mon combat pour l’intégration des handicapés dans la «vraie» vie, je tenais absolument que le rôle de la sœur sourde-muette de Virginie Efira soit tenu par une vraie sourde- muette. on a donc fait passer des essais à pas mal de filles. et puis je me suis souvenu du passage de sophie au concours miss France. Je l’avais trouvée extrêmement touchante.

Entretien avec Clovis Cornillac, à propos de L'Amour, c'est mieux à deux

Qu’est ce qui vous a décide a tourner dans l’amour c’est mieux a deux ?
Cela faisait un petit moment qu’avec Dominique Farrugia on avait envie de travailler ensemble, sans pour autant que ce soit formulé directement. Un jour il m’a fait passer le scénario de l’amour c’est mieux à deux, écrit par Arnaud Lemort. J’ai tout de suite été emballé par la qualité de l’écriture, l’aspect ouvertement gonflé de certaines situations mais aussi par le traitement des femmes dans ce film. Dans trop de comédies, on ne les voit que comme des greluches, des faire-valoir aux héros masculins.

Entretien avec Manu Payet, à propos de L'Amour, c'est mieux à deux

Vous connaissez Dominique Farrugia et Arnaud’ Lemort depuis longtemps. Vous souvenez-vous de votre première rencontre avec l’un et l’autre ?
J’ai rencontré Dominique voilà 5 ans grâce à un ami commun, Henri de Lorme, à qui j’avais demandé si ça ne pouvait pas intéresser Dominique de produire mon spectacle. et il a accepté de se lancer dans cette aventure alors que je démarrais…