En découvrant Jesse sous les traits de
Brad Pitt,
Ron Hansen eut l’impression de voir aboutir des années de recherches et de labeur : «La première fois que je l’ai vu sur le plateau, je n’ai pas pensé «Voilà
Brad Pitt», mais, instantanément et de la façon la plus évidente : «Voilà Jesse !».
Andrew Dominik :
«Je pense que le public oubliera très vite que c’est
Brad Pitt. Quel meilleur hommage rendre à son interprétation ? Brad s’est particulièrement investi dans ce film et dans ce personnage. Il n’a pas craint de prendre des risques et a déployé dans ce rôle une telle autorité qu’on comprend sans peine l’aura exceptionnelle de Jesse et son impact sur les gens.»
«Tous les témoins nous décrivent Jesse comme un solitaire. Certains l’ont qualifié de sociopathe, mais ce terme désigne des gens dénués de conscience et d’émotions. Ce n’était pas le cas de Jesse : sujet à des comportements extrêmes, il pouvait aller de la colère à de longues périodes méditatives. Reste qu’il ne prêtait guère d’attention à son entourage et souffrait de sérieux problèmes psychologiques.»
Pitt, qui a grandi à Springfield (Missouri), à 300 Km du lieu de naissance de James, s’appuya autant sur le travail de Hansen que sur son instinct d’acteur : «Jesse était quelque peu désorienté à ce stade de sa vie. Il sentait le piège se refermer sur lui, il en avait assez de fuir constamment, de devoir changer sans cesse d’identité. Et surtout, il se sentait dépassé par sa propre légende.»
Pour
Ridley Scott, qui offrit à Pitt son premier rôle marquant dans
Thelma & Louise : «Brad nous livre ici un portrait complexe, dépouillé des clichés traditionnels des rôles «héroïques». Une interprétation qui prouve sa maturité et l’étendue de ses talents.»
Casey Affleck, partenaire de Pitt dans la trilogie OCEAN’S 11/12/13, se passionna lui aussi pour le personnage de Robert Ford et ses multiples facettes.
Casey Affleck :
«J’ai une grande affection pour Robert Ford. Je ne le considère pas comme un lâche. Le personnage évolue au fil d’une existence singulièrement désordonnée dont il perd graduellement le contrôle. Ce gosse qui idolâtrait Jesse à travers des romans à quat’ sous, va le rencontrer pour de bon, intégrer sa bande, participer à une attaque de train, se lier d’amitié avec lui. Cette relation ne
va cesser de se compliquer jusqu’à ce que Robert soit finalement obligé de tuer Jesse. C’est un rôle touffu, complexe, qui à la fois m’excitait et m’intimidait.»
«J’avais vu dix fois le film d’Andrew
Chopper, dont je suis fan. J’étais prêt à jouer n’importe quel rôle pour lui. Par chance, il m’a proposé celui qui m’intéressait le plus.»
Andrew Dominik :
«Ford est le personnage auquel le spectateur tend à s’identifier, mais cette identification n’est pas de tout repos, car cet homme est profondément insécurisé et déconnecté. Il représente tout ce que vous n’aimez pas en vous.»
Dede Gardner :
«Au cours de la première audition, Casey a fait une très bonne impression sur Andrew. Celui-ci a notamment apprécié la façon dont il exprimait l’abattement et la tristesse du personnage. Mais Casey capte aussi très bien le côté «petit malin» de Ford ses débuts. L’homme est un mélange d’aplomb, d’arrogance, d’insécurité et d’innocence – cocktail délicat qui ne simplifiait pas l’attribution du rôle.»
Casey Affleck :
«Je me suis efforcé de me mettre dans la peau de Robert Ford. On a peu écrit sur lui, mais beaucoup sur Jesse, l’homme qui compta le plus dans sa vie. Pour cerner sa mentalité, j’ai appris tout ce qu’il
m’était possible d’apprendre sur Jesse et l’image de lui qui était véhiculée par les journaux et les romans qui bercèrent la jeunesse de Ford et nourrirent sa dévotion et ses fantasmes. Une photo de
Ford m’a aidé dans ce travail. Un cliché vous révèle beaucoup de choses sur une personne, à travers sa posture, son regard, son attitude. J’ai souvent puisé mon inspiration dans celui-ci.»
«Casey s’est connecté quelque part avec Robert Ford, il a su le trouver en lui, et je pense que sa merveilleuse interprétation en témoigne», dit
Jules Daly.
Sam Rockwell incarne Charley Ford, frère aîné de Robert. Charley se comporte d’abord en grand frère, tour à tour moqueur et protecteur, mais leur rapport s’inverse à mesure que Robert se rapproche de Jesse et gagne en aplomb. Bientôt, c’est le cadet qui donne les ordres face à un Charley de plus en passif et déphasé.
Sam Rockwell :
«Charley n’est pas un dur. Pied-bot, il fait un effort constant pour dissimuler son handicap. C’est un homme fragile, frustré, trop heureux de faire partie de la bande et d’être l’ami de Jesse. Tous les témoignages indiquent qu’il aimait Jesse, que celui-ci le lui rendait et avait toute confiance en lui.»
«Durant leur séjour chez les James, Charley et Bob commencèrent à éprouver un certain désenchantement, mêlé de peur, à l’égard de Jesse. Charley n’était pourtant pas prêt à aider Bob à
trahir ou tuer son ami. Il était donc en conflit, avec le désir d’être à la fois loyal à Jesse et à Bob. C’était impossible, et il en conçut une profonde culpabilité ».