Alexandre Azaria, habitué de bandes originales de films (
Fanfan La Tulipe,
Astérix Et Les Vikings…), met toute sa culture musicale au service d'un film à grand spectacle. Il se livre, avec la BO de
L'Auberge rouge, à un exercice réussi.
Comme dans l'histoire, la partition fait se succéder des passages rapides et oppressants et des passages lents et plus légers. La tension est palpable : un instant dans l'attente, celui d'après dans une course poursuite musicale. De la même façon le compositeur alterne le registre grave et le registre aigu ajoutant encore à ce malaise tangible.
Globalement, la musique est angoissante, comme cette auberge isolée, au milieu de nulle part, où se perdent des voyageurs au péril de leur vie.
Les titres des morceaux s'adaptent bien à la musique comme aux scènes qu'ils suggèrent. Les instruments collent aux personnages et aux situations. Telle l'arrivée l'Arrivée à l'auberge, des plus sinistres.
Plus techniquement, la mélodie repose sur la même phrase musicale et rythmique, le même thème. La musique est servie par un orchestre au complet, où interviennent tout à la fois des cuivres, des cordes comme des violons ou une harpe, des percussions, des cymbales, des cloches, un xylophone... Les voix, quasiment omniprésentes, agissent comme des instruments, sans aucune parole.
Chaque élément a son rôle, les gros cuivres inspirant la méfiance et annonçant le danger imminent, les violons jouant la valse de l'horreur…
En écoutant la bande, on imagine l'immensité des paysages pyrénéens, on entend souffler le vent dans les arbres, on participe à la course effrénée dans la lande pyrénéenne… On assiste aussi aux rares moments plus heureux (la découverte de l'amour par le jeune novice puis le mariage). On sent le dénouement, l'ouverture vers une fin heureuse… mais pas pour tout le monde !
Un petit bémol sur cette partition : 16 pistes annoncées, seulement 14 au final.
Malgré une ambiance lugubre et inquiétante qui traduit bien la comédie d'épouvante, cette bande originale est majestueuse, un peu à la Ennio Morricone, un des mentors d' Alexandre Azaria avec John Barry ou John Carpenter. A écouter.
L'Auberge rouge, La bande originale du film - Disponible le 3 décembre 2007 - Label Milan
Stéphanie Viards