Notes de Prod. : L'Ecole pour tous

    en DVD le 30 Avril 2007

Entretien avec Eric Rochant

Eurêka, l’idée du film lui apparaît dans sa voiture !

J’ai décidé de faire un film léger, surtout en termes de moyens, pour avoir une chance de le monter rapidement. Dès le départ, je me suis orienté vers une comédie d’imposture, parce que je trouve que c’est un ressort remarquable. C’est dans ma voiture que j’ai eu l’étincelle. Je me suis demandé ce que moi, je ferais face à une classe de ZEP... De fil en aiguille, j’en suis arrivé à ce personnage, qui devrait être un élève et se retrouve à la place du prof.

Pendant plus d’un an, je me suis amusé en écrivant ce scénario. Le but n’était pas de rire contre quelqu’un, mais avec tout le monde. J’ai regardé beaucoup de documentaires. Après avoir travaillé seul, deux scénaristes m’ont aidé. La première, Mara Goyet, enseigne l’histoire en ZEP et a écrit un livre, «Collèges de France», très drôle, iconoclaste, caustique mais résolument humain sur l’Éducation Nationale. Elle m’a apporté un regard juste sur les professeurs et les élèves. L’autre scénariste, Marcia Romano, m’a aidé dans la construction mécanique du scénario, en étoffant des scènes et des personnages. Elle a une très bonne connaissance de la comédie et partage mes idées. J’ai mené un dialogue «Éducation Nationale» avec l’une et un dialogue «cinéma» avec l’autre. Notre collaboration a été très intéressante.

Un casting de taille

Nous avions remarqué Arié Elmaleh dans Chouchou et la pub SFR, et il était excellent. Il me posait cependant un problème de taille : il était trop grand ! Pendant un an, j’avais imaginé un personnage petit à qui j’aurais pu mettre des habits immenses, un peu comme Chaplin, et tout à coup je me retrouvais avec ce grand garçon ! Il m’a fallu du temps pour accepter ce changement, d’autant que le film repose entièrement sur lui. Mon pari était d’en faire un acteur comique, un Jack Lemmon ou même un Jim Carrey.

C’est mon septième film et si le budget m’obligeait à certaines concessions, il y en avait certaines sur lesquelles je ne pouvais transiger au regard de ce qu’exigeait le projet. Ainsi, je tenais tout particulièrement au casting des adolescents qui sont le coeur du film. Ces vingt enfants de la classe, même si l’importance de leur rôle est variable, devaient absolument tous être ex¬traordinaires. Il me fallait vingt charismes ! Nous avons vu environ cinq cents enfants. Avant même leur capacité de comédiens, c’est leur personnalité qui m’intéressait.

Tous à l’école pour tourner

Le film nécessitait douze séquences de classe où il se passe énormément de choses. Il était impossible de tourner pendant trois semaines dans une vraie salle. La reconstitution en studio était une condition essentielle pour que je puisse bénéficier d’une complète liberté de filmer. Il fallait pouvoir s’affranchir des murs pour multiplier les angles et jouer avec tout le potentiel du décor. Nous avons eu la chance de trouver un collège à Sevran, que nous avons eu pour nous pendant les deux mois de vacances. Nous avons pu y vivre, manger à la cantine et même profiter des tables de ping-pong ! Nous avons reconstitué une classe dans le gymnase, le décor était collé à la baie vitrée qui donne sur la cour. Tout y a été tourné, y compris les scènes du studio de Yacine, pour lequel nous avons simplement retourné les parois de notre classe en les retapissant de papier peint. Le décor de la chambre d’hôpital et du bureau du proviseur y ont aussi été aménagés.

Nous avons commencé le tournage par les scènes de classe, qui ont été filmées dans l’ordre chronologique. Chacun a pu ainsi faire évoluer son personnage. L’une de mes ambitions était de ne pas traiter la classe comme une seule entité mais comme la somme de toutes les personnalités qui la composent. Cela impliquait des partis pris de réalisation et de cadrage et notamment la multiplication de prises pour obtenir la bonne intention et trouver le bon rythme.

Les personnages vus par les acteurs

Jahwad par Arié Elmaleh

Au début, j’ai eu peur de ne pas faire assez typé pour le rôle, pas assez banlieue ni assez maghrébin, mais je me suis vite rendu compte que le personnage était plus universel que le côté racaille dans lequel il aurait été dommage de l’enfermer. Pour moi, le film parle d’un jeune homme qui à travers une situation assez dingue, va mûrir, s’ouvrir. Cette histoire dit que la personnalité compte plus que le milieu dont on est issu, chacun est libre de devenir, et je trouve cela très positif. En se remettant en cause, Jahwad fait exploser les a priori, le racisme, les cases dans lesquelles on enferme les gens, à commencer par les profs ou les élèves.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 38 373 entrées
  • Cumul IDF : 104 015 entrées

  • 1ère semaine France : 137 261 entrées
  • Cumul France : 343 163 entrées