Jahwad par Arié Elmaleh
Au début, j’ai eu peur de ne pas faire assez typé pour le rôle, pas assez banlieue ni assez maghrébin, mais je me suis vite rendu compte que le personnage était plus universel que le côté racaille dans lequel il aurait été dommage de l’enfermer. Pour moi, le film parle d’un jeune homme qui à travers une situation assez dingue, va mûrir, s’ouvrir. Cette histoire dit que la personnalité compte plus que le milieu dont on est issu, chacun est libre de devenir, et je trouve cela très positif. En se remettant en cause, Jahwad fait exploser les a priori, le racisme, les cases dans lesquelles on enferme les gens, à commencer par les profs ou les élèves.
Pivoine par Elodie Navarre
Pivoine est une jeune enseignante au caractère bien trempé. Elle repère tout de suite ce nouveau prof, dont le côté décalé l’intrigue. D’abord sceptique face à ses méthodes d’enseignement atypiques, elle se laisse peu à peu charmer par sa maladresse. J’ai beaucoup aimé la fonction qu’elle occupe dans la mé¬canique de la comédie. Pivoine, c’est le talon d’Achille de Jahwad, la «petite faiblesse qui le perdra». C’est en partie à cause - ou grâce à elle - qu’il décide de rester au collège quitte à augmenter ses chances d’être démasqué. C’est en fait très romantique cette idée que pour elle, le héros prend des risques inconsidérés...
Yacine par Nader Boussandel
Yacine est le cousin de Jahwad. Ensemble, ils ont grandi dans un univers où chacun se débrouille comme il peut. Yacine n’est pas un mauvais bougre, mais il n’a pas d’autre expérience que celle des petits coups foireux. Il a de l’ambition, mais dans la seule culture qu’il connaisse. Quand il voit Jahwad changer, il est convaincu qu’un coup énorme se prépare et il veut en être. Yacine le harcèle de questions et en faisant cela, c’est lui qui amène Jahwad à prendre conscience de son évolution. C’est face à Yacine que Jahwad va finir par s’avouer qu’il est en train de changer. Yacine évoluera un peu avec lui, mais pas sur le fond. Sa relation avec Jahwad est drôle et émouvante. Yacine le considère comme un modèle, un génie de l’escroquerie.
Madame Krikorian par Noémie Lvovsky
Madame Krikorian se réfugie derrière un rôle, elle crie, elle hurle « sapristi ! », elle se donne l’apparence d’une prof qui a de l’autorité et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Comme pour beaucoup de monde dans la vie, elle se compose un personnage. Pour la jouer, je me suis inspirée d’une prof que j’aimais beaucoup, qui avait des cheveux rouges, des seins énormes et qui se comportait devant sa classe comme un comédien devant son public. Je crois que c’était à la fois pour se protéger et parce que, comme me le disait une amie qui enseigne à la fac, il y a quelque chose de la représentation dans le fait de faire cours.
Le principal par Samuel Labarthe
J’incarne le principal du collège, un homme un peu dépassé par les élèves et le manque de moyens, qui essaie de faire ce qu’il peut. Plutôt que de sombrer dans la dépression, il essaie de faire contre mauvaise fortune bon coeur.
Il cultive un côté un peu décalé, un flegme très “british”.
Despalin par Gilles Cohen
Despalin est un prof au bout du rouleau avant même d’avoir commencé ! Il est muté dans une ZEP et c’est une catastrophe. Lui, agrégé de lettres, voit mal comment il va pouvoir transmettre l’esprit des lettres à des gens qui écrivent en texto. Il serait sûrement mieux dans un milieu universitaire que dans un collège difficile. Il est bourré d’a priori. L’accident va finalement se révéler une chance pour lui. Il va changer. J’aime aussi l’évolution de son rapport avec Jahwad.
Leroux par Vincent Desagnat
Leroux est un professeur de fran?çais. C’est le genre de gars qui n’oublie jamais de fermer le bouton du haut de son polo. Il avait sa salle, ses habitudes, et voilà que débarque un agrégé qui empi?te sur ses prérogatives ! Son petit univers bien ordonné explose. Non content d’?tre complexé, il est jaloux ! Leroux sera le premier et le seul à démasquer l’imposture de Jahwad. Il va s’acharner à la dénnoncer mais tout le monde va mettre sa hargne sur le compte de sa jalousie !