Notes de Prod. : L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot

    en DVD le 17 Mars 2010

Note d'intention de Serge Bromberg

L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot ou l’histoire du film inachevé d’Henri Georges Clouzot
Il y a du mystère, de la fascination et de la tragédie mêlés dans notre histoire. Un homme, Henri-georges Clouzot, Icare moderne, a voulu s’affranchir des règles de la grammaire cinématographique et des cadres habituels de la création, repoussant à leur limite ce que les plus grands cinéastes, les plus grands artistes avaient jamais tenté.

Le mystère
Ces images invisibles sont aujourd’hui auréolées d’une légende :L’enfer, le plus grand film du début des années 60, celui qui « avait tout » et dont on disait qu’il remettrait en cause jusqu’aux fondements du cinéma, a été tourné à huis clos dans une débauche de luxe, ne laissant derrière lui que des on-dit et des rumeurs.
Que s’est-il passé sur le plateau ? Que cherchait Clouzot ? En 2005, l’exhumation de 185 boîtes de films est l’occasion de confronter les témoignages des survivants – tous devenus aujourd’hui des personnalités du cinéma – et tenter de mettre de l’ordre dans les pièces d’un puzzle dont le créateur ne connaissait peut-être pas les contours.

La tragégie
Sur une histoire simple, il a tenté de s’approcher au plus près du mystère de la folie et de la paranoïa, comme gages de liberté absolue pour l’esprit de l’homme. La montée dans la folie du personnage de son scénario, Marcel, se fera en parallèle du naufrage de son créateur.
Car comme Icare, Henri-georges Clouzot s’est brûlé les ailes. On ne s’approche pas de la création absolue sans risque de se perdre. Et la toile s’est refermée sur celui qui l’avait tissée. L’histoire ne se passe jamais comme prévu. Comme la folie obsessionnelle, une fois libre de toute contrainte, elle se libère et se rebelle parfois contre son créateur.

La fascination
Car ces 15 heures d’images, pièces d’un puzzle mélangé, détiennent probablement le secret d’une démarche créatrice sans précédent.
Comme des créatures qui auraient franchi le Rubicon et reviendraient parmi nous, les scènes tournées sont muettes, le son des voix s’est évaporé et elles fascinent par leur précision, leur beauté et leur liberté visuelle. Nous avons retrouvé les techniciens et acteurs qui ont participé au tournage de 1964. Parmi eux Costa-gavras, assistant réalisation à la préparation, Catherine Allégret dont c’était le premier rôle, William Lubtchansky, alors assistant opérateur, Bernard Stora, stagiaire réalisation. Ils ont accepté de témoigner de cette folle aventure, tant sur le plan humain que professionnel.
Nous avons retrouvé, pour L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot, d’autres éléments liés au film : storyboards, photographies, enregistrements sonores illustrant notamment la folie de Marcel. En mettant ces témoignages et éléments en perspective, nous découvrons l’histoire du film et regardons ces images avec un nouvel éclairage. Voir ces images, suivre Clouzot dans les méandres de sa folie intérieure pour se perdre dans une histoire et des visions qui nous emportent et nous dépassent….
Il est là, le mystère Clouzot. Notre volonté est de faire revivre l’histoire que Clouzot voulait raconter et dans la mesure du possible, la faire vivre au spectateur. Pour cela, Jacques Gamblin et Bérénice Bejo jouent quelques scènes du scénario original de Clouzot pour faire le lien dans notre narration. Ils reprennent les rôles respectifs de Serge Reggiani et Romy Schneider. L‘histoire se construit et se déroule sous nos yeux, les images se font de plus en plus hypnotiques. Le mystère est là, tout entier. Il s'offre à nous et se dérobe à la fois. Nous voyons ce que Clouzot avait vu. Nous sommes au coeur de la création, qui n’a ni logique ni explication. Il n’est ici affaire que de beauté.

A propos de L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot

L’Enfer, c’est l’histoire d’un homme, Marcel Prieur, - joué par Serge Reggiani - patron d’un modeste hôtel de province, saisi par le démon de la jalousie. Au début du film, Marcel, un rasoir à la main, devant le corps allongé d’Odette, essaie de se souvenir comment il en est arrivé là. Sa jolie femme, Odette l’a-t-elle odieusement, scandaleusement, trompé ? Et avec qui ? Il tente de se remémorer leur vie à deux. C’était le début heureux de leur histoire. L’achat de l’hôtel, la rencontre avec Odette...
 

Box-office au 21 Janvier 2010

  • 1er jour IDF : 2 848 entrées
  • 1ère semaine IDF : 11 934 entrées
  • Cumul IDF : 27 804 entrées

  • 1ère semaine France : 18 090 entrées
  • Cumul France : 49 108 entrées