Une jeune femme tombe inexplicablement malade. De terrifiantes visions accompagnées d'effroyables convulsions la laissent chaque fois plus faible et plus désespérée. Les médecins diagnostiquent l'épilepsie, puis une psychose, mais aucun traitement ne la soulage. Lorsque ses souffrances deviennent insupportables, elle se tourne vers un prêtre… Malgré les efforts de celui-ci, Emily meurt pendant l'exorcisme, et le prêtre se retrouve accusé d'homicide par négligence. Le procès va opposer la raison et la science à la croyance spirituelle et à la foi. Le film retrace le procès, et la tragique évolution d'Emily, en nous offrant les interprétations des deux parties. Tous les protagonistes vont faire bien plus que débattre du cas d'Emily, ils vont le revivre…
Scott Derrickson, réalisateur et coscénariste du film, explique : « Dans THE EXORCISM OF EMILY ROSE, les flash-back permettent de faire resurgir les différents points de vue. Le public peut se faire sa propre opinion. Mon intention est aussi de faire un film qui pousse les gens à se demander ce qu'ils croient à propos du mal, à propos des démons. Inévitablement, en posant de telles questions, on finit par s'interroger sur Dieu, la morale, la nature de la mémoire et la vérité… »
Outre le fait d'impliquer les spectateurs, la structure de l'histoire permet aussi aux personnages de remettre en cause leurs certitudes et croyances personnelles.
Paul Harris Boardman, producteur et coscénariste, précise : « Erin, le personnage de
Laura Linney, va vivre de sérieux bouleversements dans sa façon d'envisager le monde. Sensible aux faits inexplicables qui bientôt, la concerneront aussi personnellement, elle va remettre en cause sa vision matérialiste et cartésienne du monde. Ce genre de questions affecte toute votre attitude de vie. »
Le producteur
Tripp Vinson ajoute : « Deux points de vue sont présentés dans ce film, et le débat qui les oppose est réellement fascinant. C'est un débat qui a débuté dès l'aube de l'humanité. Que croyons-nous, et que pouvons-nous réellement prouver ? Notre époque nous laisse croire que nous avons tout compris et que notre monde est sous contrôle, mais il reste de nombreux faits qui restent inexplicables et nous dépassent. »
DES FAITS AU-DELA DES CROYANCES…
Le producteur
Gary Lucchesi se souvient : « Un dimanche après-midi pluvieux, Clint Culpepper, le président de Screen Gems, m'a appelé : « J'ai lu 40 pages d'un script, THE EXORCISM OF EMILY ROSE. Tu dois absolument le lire ! ». J'ai sauté dans ma voiture pour le rejoindre, et j'ai commencé le scénario au fur et à mesure qu'il le photocopiait. Je l'ai rapporté chez moi, et en une heure, j'avais tout lu. L'histoire était passionnante, terrifiante, provocante, bouleversante… Et vraie ! »
Scott Derrickson et
Paul Harris Boardman avaient découvert par hasard l'histoire authentique qui a inspiré le scénario. Derrickson raconte : « Paul et moi faisions des recherches pour un scénario pour
Jerry Bruckheimer quand nous avons découvert cette affaire. Nous travaillions alors avec un officier de police de la ville de New York spécialisé dans les phénomènes paranormaux. »
Paul Harris Boardman raconte : « Le policier nous a fait écouter une cassette audio extraite d'un authentique exorcisme, et c'était à vous glacer le sang. Il nous a donné des éléments sur l'histoire qui étaient tout simplement fascinants. »
« J'ai été bouleversé par le fait que cette jeune fille a perdu la vie, confie
Scott Derrickson. Les questions que soulève cette histoire sont très universelles, explosives, et je savais qu'un film, en mettant cette histoire en lumière, amènerait le public à remettre beaucoup de choses en cause. »
Boardman ajoute : « Etant donné que l'histoire se termine devant un tribunal, nous avons vu un moyen de présenter les différentes visions qui s'opposent. Le point fort du film ne reposait pas uniquement sur une histoire terrifiante et surnaturelle, mais sur l'analyse et les conséquences qui en ont découlé. On n'assiste pas seulement à quelque chose d'épouvantable qui nous dépasse ; avec le procès, on en prend conscience, et la peur n'en devient que plus profonde. »
Le producteur
Tom Rosenberg note : « Ce film touche à une peur fondamentale en posant la question : le Mal existe-t-il ? Si oui, est-il omnipotent, et que faire face à lui ? »
Scott Derrickson observe : « Ce qui rend ce film si effrayant, c'est que nous y traitons d'un sujet que tout le monde sait être vrai. Il y a vraiment des gens qui accomplissent des exorcismes. Quand vous regardez
Linda Blair dans le film L'EXORCISTE, les effets spéciaux et le maquillage sont si extrêmes qu'ils engendrent une certaine incrédulité. Ici, les scènes de possession et d'exorcisme sont dérangeantes de la même façon, et elles sont, c'est vrai, assez violentes et extrêmes, mais elles sont crédibles… La prestation de
Jennifer Carpenter m'a permis de faire un film qui ne repose pas sur les effets visuels, parce que son interprétation est vraiment extraordinaire. On n'a jamais vu une telle chose. »
FACE A L'IMPOSSIBLE
Tripp Vinson explique : « Nous avons décidé que la meilleure manière de raconter cette histoire était de le faire à travers les yeux d'un personnage qui pourrait, humainement, être n'importe lequel d'entre nous : Erin Bruner. Elle est l'avocat du père Moore, et elle va s'embarquer pour une expérience qui va l'amener, depuis ses certitudes bien installées, à franchir les frontières de sa peur et à plonger dans le règne du possible. »
Laura Linney explique : « L'une des choses qui m'ont intéressée dans ce scénario est l'idée des démons personnels par opposition aux démons de la religion, et les multiples manières dont les choses peuvent être perçues. Il arrive beaucoup de choses à Erin durant le film, et elle s'efforce de comprendre ce qu'elles signifient. Elle peut soit regarder les choses rationnellement, soit sous un autre angle, et en venir à une conclusion très différente. Est-ce simplement le vent qui a ouvert la porte, ou autre chose ? »
Scott Derrickson souligne : « Laura apporte une crédibilité émotionnelle au rôle qui contribue à ancrer le film dans la réalité. Elle fait preuve d'une grande profondeur alliée à une remarquable finesse. »
Le personnage du père Richard Moore, un homme poursuivi par la justice pour avoir laissé mourir la jeune fille qui s'était placée sous sa protection, devait être un personnage suscitant l'empathie.
Paul Harris Boardman observe : «
Tom Wilkinson porte son humanité sur son visage. En le voyant, on a le sentiment qu'il y a beaucoup de choses dans son regard. Il peut aussi y avoir une certaine noirceur chez le père Moore, des choses de son passé qui le hantent, mais on se soucie vraiment de ce qui lui arrive, on se sent concerné. »
Tom Wilkinson ajoute : « Le père Moore est plongé dans les pires heures de sa vie, mais il garde la foi et reste fidèle à ses convictions. A travers sa relation avec Emily, il découvre une présence satanique qui le pousse à ne pas se satisfaire des explications médicales. A son contact, il a été le témoin de l'impossible. Son but n'est pas d'être innocenté, il veut dire ce qui s'est réellement passé. »
L'évolution du personnage d'Erin va la pousser à se rapprocher du père Moore. Wilkinson explique : « Il est clair que le père Moore est loin d'être un excentrique, un idiot ou un bigot. Erin en vient à le respecter, d'abord à cause de sa qualité humaine, de son intellect. Elle ne peut pas se montrer aussi désinvolte avec ce en quoi il croit si profondément. »
AUX LIMITES DE NOTRE MONDE
« L'intention visuelle du film a toujours été d'unir la pureté et la terreur, précise
Scott Derrickson. A mon sens, un crucifix répond lui-même à ces critères : c'est une image magnifique, avec un sens merveilleux, mais c'est aussi une image violente et horrible… »
Le scénariste-réalisateur a donné au chef décorateur
David Brisbin des photos des toiles de Francis Bacon très proches de ce qu'il souhaitait pour son film, à la fois en termes de couleurs et d'émotions. « Ce ne sont pas des couleurs que l'on associe généralement au macabre, souligne Derrickson, mais elles sont utilisées d'une manière profondément perturbante. L'importance du contraste, le jeu entre la lumière et l'ombre est essentiel. »
David Brisbin explique : « En général, je n'aime pas l'idée de caractériser les personnages ou la psychologie par la couleur. Cependant, le film de Scott est très fort, et le sujet particulier. Cela prenait aussi un sens en regard des peintures de Bacon. La palette de couleurs de THE EXORCISM OF EMILY ROSE se divise en plusieurs zones. L'orange représente la terreur, le rouge bordeaux le questionnement et le blanc l'espoir. »
Les références cinématographiques données par
Scott Derrickson pour définir le style visuel allaient de
Dario Argento à
Ingmar Bergman. Brisbin précise : « Scott s'est efforcé de contourner, de déformer les genres. Il a choisi des références qui n'appartiennent pas à l'horreur, il était important pour lui de dresser le portrait d'un monde réel.