Juliette Binoche

Adrienne est une rebelle. Elle a voulu se défaire du passé, se réinventer et sortir du poids de la famille. Pour cela, elle est partie loin, de l’autre côté de l’océan. La distance lui a permis cette renaissance. C’est un personnage plein de contradictions... Malgré ses tempêtes intérieures, Adrienne est proche de sa mère, complice avec ses frères, mais cette proximité l’incite à affirmer sa différence. Le fait de se réaliser autant dans son travail et non dans sa vie intime fait partie de son décalage et de son besoin de détachement. Quand j’ai lu le scénario, j’ai aimé l’idée d’explorer les relations familiales et de me poser des questions sur l’héritage. De quoi héritons-nous ? Comment nous raccrochons-nous à cette séparation finale ? Qu’est-ce qui s’engage en nous, l’esprit reçu, le matériel, les lieux de l’enfance, les rapports de famille ? Finalement j’ai l’impression qu’Adrienne reçoit l’héritage artistique de la famille (elle est créatrice d’objet, designer de renom), et à la fois le décès de sa mère la laisse dans un grand vide qui l’isole de ses frères.
Charles Berling
Quand j’ai lu le scénario pour la première fois, j’étais en train de travailler sur Caligula au théâtre et cela m’a d’emblée beaucoup touché : le rapport à l’héritage, à la culture, à tout ce qui fonde une civilisation, ces gens qui rejettent d’un coup de main toute une histoire culturelle, artistique. C’est un film sur la mémoire, sur ce qui se transmet entre générations, ce qu’on lègue aux autres et du coup où en est la France aujourd’hui et où elle va. Je suis très sensible à la peinture et aux objets, à l’art. J’en avais souvent parlé avec mon fils car pour lui, et pour sa génération, il est logique de balayer un certain nombre de valeurs, de les rejeter ou de se révolter contre. Puis Olivier a souhaité qu’Emile, mon fils, joue le rôle de mon propre fils dans le film. Cela fait un effet miroir intéressant...
Jérémie Reinier
Mon personnage est le dernier de la famille et il veut en quelque sorte se prouver qu’il est adulte. Il dirige une société, il est chef de famille, il a des responsabilités. Le film d’
Olivier Assayas a trouvé des échos en moi. Je me posais la question de la transmission, à travers un documentaire que je réalisais à l’époque sur mon grand-père. Il est décédé depuis. Je voulais moi-même porter un regard sur l’intergénérationnel.
L’heure D’été est une histoire de vie, aux résonances universelles. Il y régnait une vraie alchimie dans le groupe sur le tournage.
Olivier Assayas est un metteur en scène qui porte une attention toute particulière aux comédiens. La place des acteurs lui importe le plus. Ils passent avant tout, ce qui est très plaisant quand on travaille avec lui. Il nous laisse la liberté de nous exprimer, d’apporter des propositions. Il est constamment en recherche et laisse ses acteurs vibrer entre eux.