Notes de Prod. : L'Homme de la Riviera

    en DVD le 08 Avril 2004

NOTES DE PRODUCTION, PAR NEIL JORDAN

"Le personnage de Bob dans L’HOMME DE LA RIVIERA est librement inspiré du héros du film d Jean-Pierre Melville de 1955, Bob Le Flambeur, amis l’histoire a été développé pour être vraiment ancrée dans l’époque actuelle. J’ai commencé à travailler sur le scénario avec circonspection parce que j’aime beaucoup le film original et que je n’étais pas sûr d’avoir envie d’en faire un remake. J’ai laissé mûrir le projet pendant longtemps : je savais que pour que ce nouveau film mérite d’exister, il fallait que je trouve un angle aussi ingénieux que les plans de Bob.

Plus tard, j’ai lu un article sur le Casino Bellagio à Las Vegas et sa collection de toiles de Picasso, et me suis souvenu d’un autre sur les chefs d’œuvres de l’impressionnisme achetés par de grands groupes japonais qu’ils conservent en sécurité dans des coffres à température et h hygrométrie contrôlées, tandis que les murs sont décorés avec de parfaites copies copies. C’est alors que m’est venue l’idée de ces deux vols, l’un pour dissimuler l’autre… L’idée d’un original et d’une copie me séduisait parce qu’elle rejoignait mon travail : faire une sorte de copie d’un film original, l’un agissant comme un miroir de l’autre…"


Le film original se situait à Paris, amis la ville a beaucoup changé depuis les années cinquante ; Montmartre et ses lieux si particuliers, ces atmosphères n’existent plus. "La Côte d’Azur est riche et vivante. J’avais toujours associé la réalisation d’un film sur la Cote à ces films élégants comme Gonfles A Bloc ou La Main Au Collet, amis les choses ont sérieusement évolué de nos jours : j’ai découvert très vite la mafia russe, le trafic de drogue, les jeunes européennes de l’Est attirées par de fausses promesses d’emploi et qui se retrouvent prostituées… En fait, plusieurs éléments de la réalité servaient parfaitement le scénario… Nous avons construit une ville imaginaire, un environnement fictif. Il y a quelque chose de profondément romantique dans ce film."

L’HOMME DE LA RIVIERA est un hommage aux films qui lui ont donné envie d’être réalisateur : "ce film parle de jeu, de roulettes, de casinos, de la fascination liée au gain et à la perte et de l’imprévisibilité de la chance. C’est un thème magique… Le jeu fait intervenir la chance, le romantisme, le rêve de ce moment impossible et parfait… Tous les joueurs sont d’incurables optimistes. Peu importe combien ils perdent, ils pensent tous que la prochaine donne leur apportera le monde… C’est une belle métaphore sur la manière dont certains mènent leur vie."

Anthony Pratt et son équipe ont transformé l’hôtel Regina, résidence de la Reine Victoria quand elle venait à Nice qui a accueilli différents artistes au cours de son histoire, dont Matisse. Transformé en somptueux appartements, l’hôtel est un lieu de tournage très prisé. La plus grande partie des prises de vues a été effectuée de nuit. Pour les intérieurs, le bâtiment a été plongé dans l’obscurité grâce à une énorme toile de 1000 m2 dont la mise en place a demandé cinq jours… Les tables de roulette et de black jack ont été spécialement convoyées depuis l’Angleterre, les reproductions de peintures impressionnistes commandes à un artiste local !

A Stephen Woolley de conclure : "L’HOMME DE LA RIVIERA est un film noir qui s’éclaire parfois d’humour qui allie une certaine image de la France d’aujourd’hui au charme, à l’ironie et à la narration de Neil Jordan depuis ses vingt ans. Nick Nolte nous offre un Bob le Flambeur qui restera sans doute l’un des truands les plus mémorables et les plus attachants de ces dernières années."