J’adore les chats et pourtant, je n’en ai pas chez moi. Je hais l’idée que je vais mourir, pourtant, je n’y couperai pas. Avec L’Investigateur, j’aimerais amener les gens à penser à la mort et aux relations humaines, et à se dire qu’il y a tant de choses à faire avant de partir. S’ils n’y tiennent pas, je veux simplement qu’ils s’amusent.
Tous les films, livres et bandes dessinées que je préfère sont ainsi. Le moteur de Tibor Malkav, la question «qui est la personne que j’ai assassinée ?» et toute l’enquête, se révèlent inutiles, puériles : il n’y a pas de réponse à une telle question. L’autre reste un autre, quoi qu’on fasse. Et pour les autres, je ne suis qu’un autre de plus. Le mort n’existe plus. Toutes les informations que Malkav recueille sur sa victime ne sont que les reflets des pensées d’autrui à son sujet. D’ailleurs a-t-il vrai- ment existé ? Ou un être peut-il être construit à partir des seuls points de vue des autres ? De toute façon, il faut faire un effort pour établir un contact avec tous les étrangers qui peuplent notre monde, notre ville, notre appartement.
Pourquoi un crabe parle-t-il dans ce film ? Tant le réalisme que le surréalisme dépendent du point de vue de chacun, puisque nous n’avons dans la vie qu’un point de vue personnel. Ainsi dans L’investigateur, tout se passe par les yeux et les pensées du personnage principal. Tout comme dans nos propres vies.