Les thèmes du film et l’écriture du scénario
Costanza Quatriglio signe avec L’Isola – L’île, son premier long-métrage dont il avait commencé à écrire le scénario il y a plusieurs années de cela et dont le projet s’est finalement concrétisé en 2001. Grâce aux documentaires qu’il a réalisés entre temps, il a pu envisager ce film sous un autre angle, lui donner une dimension plus proche de la réalité et réinventer quelque peu l’histoire. Il nous confie :
« Le film m’a été inspiré par un lieu et un sentiment très précis : une terre de tuf cernée par la mer et l’amour entre un frère et une sœur à peine adolescents, seuls capables de cet amour absolu et inconditionnel propre aux enfants. »
Il ajoute :
« Je peux surtout dire que L’Isola n’est pas mon histoire, mais l’histoire que j’ai lu dans les regards et les visages des gens que j’ai rencontrés. (…) J’ai introduit des éléments de fiction à l’intérieur d’un paysage authentique, et, quelques fois, j’ai fait l’inverse.»
La contribution des acteurs pour ce film
Presque tous les acteurs du film sont des non-professionnels, et le réalisateur avoue avoir tiré profit de la situation :
« J’ai puisé dans leur vraie vie, j’ai cherché les gens qui plus que les autres pouvaient exprimer les sentiments des personnages de l’histoire. La magie est survient quand il y a coïncidence entre la personne qui vous offre sa confiance et le personnage qu’elle doit interpréter. »
Le bon et le mauvais côté des choses…
Malgré la longueur du tournage qui s’est étalé sur plusieurs saisons et les nombreux problèmes liés aux changements atmosphériques perpétuels,
Costanza Quatriglio retient surtout le bon côté de ses péripéties :
« La chose la plus magique c’est que (…) nous avons assisté à la croissance réelle de nos deux petits protagonistes, qui en raison de leur âge, grandissaient d’un mois sur l’autre comme des plantes devant une caméra. »
Ses influences et ses orientations
En faisant des documentaires, le réalisateur a approfondi son aptitude à être à l’écoute de la réalité, mais il considère que la vraie nécessité, qui pousse à faire un film, c’est le désir de raconter une histoire. Il dit d’ailleurs :
« Le cinéma que j’aime est celui qui exprime un point de vue sur le monde et n’a pas peur de le faire à mi-voix, patiemment, sachant que souvent un film peut être le point de départ d’une réflexion et non une réponse toute faite. (…) C’est la sincérité du cinéma qui m’intéresse, par-dessus tout dans son approche de l’auteur.»
La collaboration avec Erri De Luca
Le tournage du film a été provisoirement interrompu aussi lorsque
Costanza Quatriglio a dû se remettre à la tâche, il a éprouvé le besoin d’un nouvel apport et a fait appel à l’écrivain
Erri De Luca avec lequel il a confronté ses sensations sur les atmosphères et les personnages. Cette rencontre lui a été bénéfique et enrichissante même s’il affirme être resté maître de l’histoire. Ce n’est que par la suite qu’il lui a proposé le rôle du prisonnier, offre à laquelle il a répondu par l’affirmative.