Outre-tombe, Chateaubriand va-t’il se retourner ? Quand
Jean Périssé est venu me voir, son scénario sous le bras, je me suis demandé pourquoi un type sensé pouvait m’imaginer jouant le Grand Homme.
Et j’ai compris :
Jean Périssé est fou. Fou de cinéma et de désir de faire « son » film.
Et il l’a fait. J’aime cet homme, sa candeur malicieuse, son incroyable pugnacité, sa tempérance aussi, sa modestie et son humour. Quand on connaît les difficultés qu’il y a à faire un film de cinéma, sans « stars », sans argent, avec un sujet aussi peu « people », il faut un miracle, des miracles... Les miracles sont au générique du film. Lisez bien, ne sautez pas une ligne. Le film existe. Il est beau et subtil, élégant et simple, profond et touchant.

Comme Jean. Merci de ce cadeau, de ce rôle, de cette aventure, de cette confiance, de ces rencontres, de cette amitié. Merci aussi d’avoir fait de moi un type qui peut enfin étaler sa culture dans les dîners mondains : en effet jusqu’ici, je devais me contenter d’y pérorer à propos de mes auteurs et œuvres favoris (Walt Disney, « l’Almanach Vermot », « le Manuel du parfait bricoleur ») alors qu’aujourd’hui, fort de la lecture passionnée des « Mémoires d’outre-tombe », question conversation, je les prends quand ils veulent, les intellectuels !
Je souhaite que le rêve de Jean aille jusqu’au bout et que les spectateurs viennent en foule s’émouvoir de cette belle histoire d’amour. Finalement je ne pense pas que le Grand Homme se soit retourné dans son tombeau. Je crois même qu’il nous sourit.