Note d'intention
L’étonnante vitesse à laquelle la société espagnole a changé ces dernières trente années a donné lieu à un pays plein de contrastes. Par exemple un jour plusieurs milliers de personnes manifestent contre la loi du mariage homosexuel et dans le même temps, il y a autant de monde pour célébrer le Jour de la Fierté Homosexuelle. Notre loi a fait passer les homosexuels du statut de délinquants à celui de pionniers dans la
reconnaissance de leurs droits. Ce riche et particulier collage social est le contexte idéal pour inspirer un style de comédie à sketches dans la tradition du cinéma italien et espagnol des années cinquante à soixante-dix. Une comédie pleine de personnages dans une constante recherche du bonheur.
L’un d’eux est Maxi, personnage principal de « A la carte », un homme qui a autant changé que la société espagnole. En vingt ans il est passé d’un mariage d’apparence dans son village natal, à vivre son homosexualité à visage découvert et régenter un des restaurants des plus courus de Chueca à Madrid. Mais parfois, des changements si drastiques amènent des conséquences imprévisibles. Ceux-ci sont les éléments qui sous-tendent « A la carte » une comédie romantique et de mœurs.
Mais « A la carte » n’est pas une comédie romantique habituelle, car l’objet du désir n’est pas une fille mais un garçon Et ce ne sont pas deux filles qui se chamaillent pour lui, mais une fille et Maxi. Ce contre-pied de la comédie romantique classique est le germe d’où est née l’idée de ce projet. En plus « A la carte » n’aborde pas seulement les conflits de couples, mais c’est aussi un film sur la paternité, un conflit universel. Tout le monde a eu un père et tout le monde est le fils de quelqu’un.
Cependant, cette évidence ne signifie pas que les relations entre père et fils soient faciles. Surtout si la personne qui doit assumer cette paternité et élever ses enfants vient à peine de les connaître et qu’il ne comprend ni les subtilités ni les sophistications d’une telle relation. Parce que quand tu as quinze ans (comme Edu, le fils ainé de Maxi) et que ton père t’a abandonné pour assumer son orientation sexuelle, ce père tu ne le vois pas comme un homosexuel mais comme un « pédé ».
Concernant le travail de Maxi, nous avons décidé qu’il devait être cuisinier car la cuisine espagnole est l’une des plus créative au monde. De cela est né Xantarella le nom du restaurant de Maxi, qui est aussi celui d’un champignon. Mais le plus important est que le restaurant Xantarella soit le seul endroit auquel les cinq personnages principaux du film peuvent se raccrocher lorsque tout s’écroule autour d’eux.