Avec ce film, pensez-vous que vous avez changé de cap en abandonnant l'aspect "comédie", "humour", pour développer un récit très dramatique ?
Dans LA CHAMBRE DU FILS, la chose que je devais raconter de façon urgente c'était cette douleur, la mort d'un être cher, les différentes façons dont les proches réagissent à cette mort. Je sentais comme vraiment important la nécessité de mettre ce récit en scène. Jamais je ne me suis senti investi par le sentiment d'un film comme ce fut le cas cette fois-ci. Ça ne m'était jamais arrivé.
Cette douleur que vous vouliez mettre en scène, d'où provenait-elle ?
J'avais déjà écrit le sujet de ce film après
Journal Intime. D'où provenait-il ? D'une part, avec le passage des années, on commence à penser davantage à la mort. Il n'y a pas de rapport avec mon cancer car je n'ai jamais eu peur de mourir à ce moment-là. Je n'ai pas eu le temps de réaliser. Ce qui est en cause, c'est la mort des autres.
Comment réagit-on à la mort d'une personne qu'on aime ? Comment est la vie après la mort des autre ? Avec le passage des années, on pense davantage à la mort et donc, naturellement, c'est une peur que j'ai essayé, je ne dirais pas d'éloigner, mais d'affronter en la mettant en scène, en la racontant à travers un film.
Qu'ont apporté les deux collaboratrices pour le scénario (Heidrun Schleef et Linda Ferri) ?
J'avais l'histoire en 25 pages : il y avait la famille, il y avait mon personnage de psychanalyste. Puis, ensemble, nous avons écrit le scénario. Nous avons beaucoup travaillé, pendant plus de temps que l'on en consacre habituellement à l'écriture d'un scénario.
La première scène du film, celle où l'on me voit courir, pourrait provenir d'un de mes films précédents. Et d'ailleurs, la première scène, après le générique, lorsque je bois un café au lait au bar, est exactement la fin de JOURNAL INTIME.
Dans la première partie du film – pas volontairement mais peut-être pas par hasard non plus – il peut y avoir des situations et des personnes qui évoquent mes films précédents. Puis, tout cela est naturellement effacé par l'irruption de cette grande douleur qu'est la mort du fils. Mais je crois, pour ce que je peux comprendre de mon film, que c'est un film qui intègre et réélabore complètement mes films précédents. Il n'est pas si insolite que cela par rapport aux autres.