AU-DELA DE L'IMAGINATION : LA VERITE
L'histoire de LA CRYPTE pourrait sembler tout droit sortie de l'imagination délirante d'un scénariste, et pourtant… De nouvelles formes de vie ont effectivement été découvertes dans les profondeurs de certaines grottes, notamment en Roumanie. L'une de ces plus fameuses découvertes est celle de la grotte de Movilé, par le spéléologue roumain Cristian Lascu, éditeur en Roumanie du magazine National Geographic. Avec une équipe de biologistes, ils ont découvert des organismes isolés du monde extérieur depuis la préhistoire… Consultant sur le film, le Dr Lascu explique : « La grotte de Movilé présente une ressemblance certaine avec celle de LA CRYPTE. Vers la fin des années 80, le gouvernement voulait construire une centrale électrique près de la mer Noire. Nous avons effectué une mission de sondage du sol pour voir s'il supporterait un bâtiment aussi important. Dans l'une des grottes du sous-sol, il y avait des eaux chaudes sulfureuses qui contenaient des invertébrés qu'aucun laboratoire ne connaissait.
« Il y avait probablement des centaines de créatures différentes, et 35 d'entre elles ont été reconnues par les scientifiques comme des espèces nouvelles. Ces créatures ne vivaient que dans cette grotte. Elles étaient au sens propre de véritables fossiles vivants, ayant survécu des millions d'années. A l'âge de glace, ces animaux se sont réfugiés sous la surface, utilisant les eaux chaudes pour survivre. Un de mes collègues scientifiques qui a fait sa thèse de doctorat sur cet écosystème, dit que si une guerre nucléaire détruisait toute vie à la surface, ce petit monde survivrait parce qu'il ne dépend pas de l'énergie solaire ni de la nourriture de la surface. »
Movilé a été une découverte essentielle. C'est le premier écosystème souterrain basé sur la chimiosynthèse jamais étudié. Parmi les créatures inconnues figurait un scolopendre de 10 cm avec un dard empoisonné. Des animaux amphibies ont aussi été découverts en Yougoslavie, mesurant plus de 20 cm de long. Aucun animal n'avait la taille de la créature du film, mais l'extrapolation n'est pas impossible. En théorie, il n'y a pas de limites à la taille des créatures pouvant vivre aussi profond…
SOUS LA TERRE, ON VA VOUS ENTENDRE HURLER…
Le producteur australien
Andrew Mason a découvert le scénario de
Michael Steinberg et
Tegan West alors qu'il se trouvait à Los Angeles. Il se souvient : « Je l'ai tout de suite aimé. C'est une fantastique approche, très originale, des grands films d'horreur classiques qui reposent sur la terreur psychologique. Avec
Gary Lucchesi et
Tom Rosenberg, de Lakeshore, on a décidé de se lancer. »
Gary Lucchesi raconte : « Le scénario m'a fait penser à ALIEN ! Je l'ai trouvé sophistiqué, terrifiant, mais aussi remarquablement crédible. Après avoir vu le travail de
Bruce Hunt, j'ai pensé qu'il était parfaitement à même de faire son premier long métrage. Après tout, c'est loin d'être un débutant, il est réalisateur depuis quinze ans et c'est sans doute le réalisateur de pubs le plus connu d'Australie. Et il a été réalisateur deuxième équipe sur de gros films comme MATRIX. »
EN PLONGEE SOUS TERRE
En plus de leurs qualités de comédiens, les acteurs devaient être à la hauteur physiquement : il fallait pouvoir évoluer sous l'eau, plonger avec un matériel spécialisé - les recycleurs d'air, nager et grimper… Il leur a fallu six semaines d'entraînement pour apprendre comment plonger avec des recycleurs.
Gary Lucchesi explique : « Pour le rôle de Jack, il nous fallait un acteur qui ait des qualités de meneur d'homme, puisque Jack est le chef de l'équipe et qu'il dirige la mission d'exploration.
Cole Hauser avait tout ce qu'il fallait : le physique, la présence, et il a une véritable autorité naturelle. »
Cole Hauser explique : « La préparation pour ce film a été la plus rude que j'aie jamais faite. Il faut en moyenne quinze ans pour apprendre à faire ce que nous avons dû apprendre en quinze jours ! J'ai regardé le documentaire « Journey Into Amazing Caves » avant de faire ce film, et j'ai été bluffé par ce dont sont capables les plongeurs spéléo. Ce sont vraiment les astronautes de la terre… »
Morris Chestnut a été le second acteur choisi. Il incarne Buchanan.
Bruce Hunt explique : « Avec le nombre de films militaires qu'il a faits, il était fantastique pour le rôle. Il a la présence physique idéale. »
Morris Chestnut explique : « Buchanan est un associé de longue date de Jack. Ils ont créé leur affaire de plongée ensemble. Buchanan ne parle pas beaucoup, mais il sait comment mener une équipe. Il me ressemble assez… même si je plaisante plus que lui ! »
Eddie Cibrian est Tyler, le frère de Jack. Il explique : « C'est Jack qui a amené Tyler à la plongée. Tyler est plus cool, plus insouciant, il est prêt à prendre des risques parce que ça l'amuse. Il va mûrir. C'est un rite de passage pour lui, il va devenir un homme. Jack a toujours veillé sur lui, mais à la fin, c'est lui qui veillera sur Jack.
« L'entraînement a été plutôt costaud : ils nous ont fait faire de l'escalade pendant deux semaines et demie, puis on est passés à la plongée, à la natation, puis à l'utilisation des recycleurs. Il y a une quinzaine de personnes au monde certifiées pour plonger avec cet équipement… Travailler avec ces gens était formidable. »
UNE EQUIPE D'EXPERTS
Jill Heinert, autorité mondiale en matière de plongée, a rejoint le film comme conseillère technique pour les scènes sous-marines. Elle a participé à la création d'une partie de la technologie sous-marine du film, a formé les acteurs à l'utilisation du recycleur, et a coordonné l'équipe des prises de vues sous-marines.
Elle se souvient : « J'ai commencé à entraîner l'équipe deux semaines avant que nous ne partions pour la Roumanie. L'équipement de plongée standard utilise un détendeur et des bouteilles. Le recycleur permet de récupérer les bulles que l'on expire, de les filtrer et de les réutiliser. Cela économise l'air et permet de plonger plus longtemps. Au lieu de dizaines de bouteilles pour une plongée longue et profonde, vous utilisez un petit réservoir et optimisez l'utilisation de l'oxygène en permanence. Les recycleurs sont également utilisés par les astronautes lors de leurs sorties dans l'espace, et dans les sous-marins pour filtrer l'air. Nous avons utilisé la technologie réelle dans le film, et formé toute l'équipe pour. »
Jill Heinert a ainsi formé les acteurs et supervisé une équipe technique de 18 personnes.
TOURNER EN ROUMANIE
Le tournage de LA CRYPTE a commencé en juin 2004 pour onze semaines à Bucarest, en Roumanie. Il était logique que le film, étant donné son sujet, soit tourné en Roumanie. Ce pays comporte plus de 12 000 cavernes répertoriées, et il y en aurait au moins autant qui ne le sont pas. Le géologue expert roumain Cristian Lascu explique : « Il y a des cavernes de toutes sortes, des cavernes de glace, d'autres avec des vestiges archéologiques, certaines où l'on a retrouvé des cimetières préhistoriques intacts. Nous découvrons régulièrement de nouvelles cavernes. La plus profonde de toutes a été découverte récemment, elle mesure 17 km ! »
C'est au complexe de studios Media Pro que le film a été tourné.
Bruce Hunt raconte : « Nous avons pu y tourner en bassins pour certaines des scènes les plus dangereuses. Emmener toute une équipe dans une vraie caverne aurait dégradé le site, posé des problèmes d'accès et d'assurances. Nous avions un contrôle bien supérieur en studio. »
Richard Wright précise : « Nous avons entièrement construit un réservoir de de trois millions de litres. Ça n'aurait pas été possible ailleurs en Europe. Nous avons construit le décor et le studio autour simultanément, en quatre mois ! »
Jill Heinert raconte : « L'ampleur des cascades accomplies sous l'eau impliquait des risques réels importants. Des plongeurs devaient passer à travers des bulles de propane qui étaient allumées pour exploser. Il a fallu orchestrer des glissements de terrain, des chutes de roches sur des gens qui plongeaient sans masque ni palmes. Maintenant que le tournage est terminé, je respire enfin ! »
TOURNER AU Mexique
Après le tournage principal, Jill Heinert et l'équipe sont partis pour le Yucatan, au Mexique, filmer d'autres scènes sous-marines. Elle explique : « Le bassin en Roumanie offrait un environnement de travail totalement contrôlé pour les cascades, mais il lui manquait la fascinante beauté d'une vraie grotte… Nous avons donc parcouru des kilomètres de tunnels sous-marins pour tourner en différents endroits du Yucatan. Ces cavernes sont l'une des merveilles naturelles de notre planète. Nous avons tourné dans un endroit appelé Hidden Worlds, et il n'y a pas pour moi de plus bel endroit au monde. J'y reviens chaque année pour explorer, filmer et photographier. C'est là aussi que Wes Skiles a filmé les images sous-marines du film IMAX, « Journey Into Amazing Caves », en 1998. Lui aussi est fasciné par la caverne depuis.
« Nous avons utilisé des recycleurs en circuit fermé devant et derrière la caméra. Il fallait minimiser les bulles pour éviter de troubler l'eau. Des équipements traditionnels créent souvent tant de turbulences que les équipes de tournage doivent battre en retraite et attendre que l'eau s'éclaircisse pour pouvoir recommencer à tourner. »
LES DECORS
Andrew Mason raconte : « Presque chaque centimètre carré du studio était couvert de parties de décor. Et il y avait de l'eau dans la plupart ! Il a fallu construire plusieurs structures spéciales parce que nous voulions quelque chose qui fasse deux fois la taille du plus grand des plateaux du studio. Nous avons aussi construit un très grand bassin à l'arrière des studios pour les décors immergés. »
Richard Wright précise : « Notre plus grand souci a été l'eau. Comment faire un film qui se déroule dans l'eau ou à proximité, et le faire dans les meilleures conditions de sécurité et de coût, sans nuire à la qualité du film ? C'était un défi pour beaucoup de raisons. Pour commencer, les risques de noyade. Ajoutez à cela l'électricité, ça complique déjà les choses. Et quand en plus il faut simuler des chutes d'eau et des rivières, sans parler de bassins de six mètres de fond, alors il faut traiter l'eau, trouver comment remplir et vider rapidement les bassins… Il y avait aussi la question de la pureté de l'eau, de la visibilité. Pouvait-on tourner dans de l'eau troublée un jour, et qu'elle soit redevenue claire pour d'autres prises deux jours plus tard ? Ajoutez à ça les questions de santé, les risques de maladie à tremper dans l'eau et à en sortir puis à y retourner sans cesse… C'est un niveau et une somme de difficultés inimaginables tant qu'on ne les a pas vécues…. »
CASCADEURS ET PLONGEURS
Entre le bassin en Roumanie et le tournage en extérieurs au Yucatan, l'équipe a passé plus de 3500 heures sous l'eau. En y incluant les entraînements préalables et les essais, cela porte le chiffre à près de 4000 heures par personne…
Richard Wright explique : « Les gens capables de tourner sous l'eau sont assez rares. Nous avions prévu de tourner huit ou neuf semaines de prises de vues sous-marines, ce qui aurait été une tâche colossale si nous l'avions fait à la manière habituelle de Hollywood, en faisant venir 20 personnes de Los Angeles pour donner à ce film l'allure d'une superproduction. Nous avons préféré faire le contraire : engager des gens qui tournent habituellement des documentaires sur des grottes pour obtenir un vrai réalisme.
« Nous avons eu beaucoup de chance d'avoir Wes Skiles et Jill Heinerth, qui comptent parmi les meilleurs plongeurs spéléo du monde.
Andrew Mason,
Bruce Hunt et moi sommes allés en Floride et avons passé deux jours à les suivre. Nous avons réalisé qu'ils étaient non seulement parfaitement capables techniquement, mais qu'ils étaient justement ces gens dont parle le film ! Ce n'est pas pour de l'argent qu'ils se mettent en danger, c'est parce qu'ils le veulent. Très souvent, sur le plateau, Jill disait quelque chose, et ça finissait dans le script. »
Gary Lucchesi confirme : « Notre équipe a fini par prendre modèle sur celle de Jill Heinerth. Comme nos acteurs, ce sont des gens qui ont des personnalités différentes, mais tous passionnés par ce qu'ils font. »