Le producteur
Charles Weinstock explique :
«L’écriture d’un thriller n’est jamais chose facile, et
La Faille n’a pas fait exception à la règle. Le thriller est un genre difficile car sa chute doit surpasser tout ce qui s’est déroulé dans le film. Si en plus, il commence comme le nôtre d’une façon inhabituelle, cela peut devenir un vrai casse-tête.
Nous ne voulions pas d’un simple film d’action. Nous souhaitions que l’histoire puise sa force dans le comportement et le caractère de ses personnages.»
Charles Weinstock a commencé à développer le projet alors qu’il travaillait avec
Liz Glotzer, la directrice du département production de Castle Rock Entertainment. Il se souvient : «Depuis des années, je voulais travailler avec le scénariste
Daniel Pyne. Quand nous nous sommes rencontrés, il m’a confié qu’il avait en tête un début d’histoire sur un jeune avocat ambitieux qui joue toute sa carrière sur une affaire.»
Charles Weinstock a développé l’histoire durant six ans. C’est avec l’arrivée du scénariste
Glenn Gers, du réalisateur
Gregory Hoblit et de New Line Cinema que le projet a pris toute son ampleur.
Glenn Gers raconte : «L’idée d’un thriller autour d’un procès où les vrais conflits se déroulent à l’extérieur du tribunal m’a beaucoup attiré. Le plus difficile pour moi a été de rendre un peu moins parfait le crime de Crawford, car Dan Pyne l’avait rendu vraiment irréprochable. Ce qui m’a définitivement donné envie de travailler sur ce film, c’est le triangle liant Crawford, Jennifer et Nunally, le crime et tous les éléments qui se mettent en place au début de l’histoire.»
Glenn Gers ajoute : «Quand j’ai commencé à travailler sur le projet, j’ai bénéficié de l’aide et des conseils de ma sœur, qui est procureur. Grâce à elle, j’ai beaucoup appris sur le système et la procédure juridique. Un an après, elle est entrée dans une firme privée qui défend les entreprises, un peu comme dans le film. Pour un juriste, c’est une transition difficile qui peut représenter un vrai dilemme moral. C’est ce que l’on retrouve chez Willy Beachum. C’est un personnage complètement obsédé par son ambition, sa volonté d’entrer dans un grand cabinet privé. Crawford utilise d’ailleurs cette faiblesse pour le manipuler et le prendre au piège.»
Comme à son habitude, le réalisateur
Gregory Hoblit a demandé à ses scénaristes d’être présents sur le tournage avec toute l’équipe. Il explique : «Le scénario constitue la colonne vertébrale d’un film, il doit bouger avec lui sans jamais être figé. Lorsque de bons acteurs s’en emparent, il entame sa propre vie. Si un scénario est bien fait, vous lui restez très fidèle pendant le tournage, vous respectez étroitement ses intentions. Mais le scénario est aussi un immense puzzle car il contient les émotions et les vies des personnages.
Vous devez donc être prudent et veiller à toujours donner une marge de liberté aux acteurs.
Glenn Gers a très bien compris ce besoin.
Une scène peut évoluer lorsqu’on laisse la possibilité de s’exprimer à ceux qui la jouent.»
Gregory Hoblit a lu plus d’une centaine de scénarios avant d’accepter de réaliser
La Faille. Il se souvient : «J’ai aimé les surprises, tout ce que l’on ne voit pas venir. J’ai su que cela allait être intéressant et je savais comment j’allais le faire.
«Dès la première lecture du scénario, l’histoire et les personnages m’ont beaucoup frappé. Il y a cette scène intense où Crawford et Willy se rencontrent pour la première fois. Crawford avoue avoir tué sa femme et Willy prend conscience de l’enjeu de cette affaire pour sa carrière. Quand j’ai lu cette scène, je n’avais plus qu’une envie : la tourner. Tout ce qui suit découle de cette confrontation. Filmer cette scène a été un des jours les plus excitants de mes 25 ans de carrière.»