Il y a quelques années, au bord d’une route de Belle-Isle, j’ai croisé un petit garçon et sa mère qui rentraient de la plage, les joues rougies et les doigts de pied encore ensablés. Le jour déclinait, mais le soleil tapait encore fort en cette fin d’août. Le petit garçon, qui marchait devant sa mère, s’est retourné et lui a lancé impatiemment : « Maman, pourquoi tu marches pas à côté de moi ? ». La mère répondit calmement : « C’est pour que mon ombre te protège du soleil, mon chéri. » Ils reprirent leur file indienne, tandis que je m’arrêtai pour les regarder.
La Famille Wolberg est un mélodrame
familial, genre qui pose des questions dont j’aime la simplicité : qu’est-ce qu’un père de
famille, comment un homme et une femme peuvent rester ensemble des années durant, comment laisser ses enfants partir et comment quitter son père et sa mère ? L’ombre protectrice que les parents jettent sur leurs enfants, et que ces mêmes enfants fuiront un jour ou l’autre, abrita peut-être le tournage de ce film.
Axelle Ropert, réalisateur de
La Famille Wolberg