Notes de Prod. : La Fenêtre

La Parole au réalisateur

Au début des années soixante, alors que je n’étais qu’un jeune spectateur passant ses après-midis et ses soirées au cinéma, j’ai découvert par hasard un film très différent de ceux auxquels j’étais habitué. Il s’agissait de Cuando huye eldia (Les Fraises Sauvages), d’Ingmar Bergman, un réalisateur suédois qui commençait à devenir le centre d’intérêt de nombreuses conversations à Buenos Aires.

Ce film a été une transition dans ma vie en tant que spectateur. À partir de ce moment, j’ai progressivement commencé à m’intéresser à un cinéma différent, un cinéma pour « adulte ». Au départ, j’ai visionné les films de Bergman, découvert Visconti, Fellini, Losey, Buñuel, Truffaut, Resnais, Godard, tous ces maîtres m’ont éduqué et formé en tant que spectateur. Notamment quand je regardais Les Fraises Sauvages, que j’ai dû voir 15 ou 20 fois. A cette époque, le format vidéo était inexistant, et je traquais d’une manière obsessionnelle ce film, à l’aide d’une cinémathèque et de cercles critiques.
Par la suite, ce film a disparu de ma vie et je m’en rappelle comme le grand amour de mon adolescence.

Cependant, l’année dernière alors que je concluais le script de La fenêtre, j’ai ressenti le besoin d’une façon inattendue de revoir ce film. Il fut alors simple de le trouver en DVD, grâce à Internet. Quand je l’ai vu, ce fut comme retrouver une ancienne connaissance. L’aspect du film a conservé son intensité d’origine, mais j’ai découvert avec surprise que mon script en cours d’écriture, était dans de nombreux aspects, et cela d’une manière inconsciente, un remake involontaire du film de Bergman. En fait, l’esprit de Les Fraises Sauvages est resté latent, en moi, pendant près de quarante ans. Le retour à l’enfance au crépuscule de la vie, quand la tendresse est loin, la solitude de la fin irrémédiable, sont des aspects qui forment la colonne vertébrale de ce chef d’œuvre, et que j’ai essayé humblement de refléter dans La Fenêtre.

Quand j’ai commencé à travailler sur La Fenêtre, j’ai pensé à réaliser un film dans lequel l’histoire se développerait durant un court laps de temps, dans ces quelques heures entre l’aube et la poussière, et avec la vision floue de quelqu’un qui, comme Antonio, doit rester dans son lit et attendre la visite de son fils dans la soirée. J’ai souhaité réaliser un film avec une histoire linéaire, sereine, avec l’espoir que beaucoup de choses puissent se passer dans l’esprit du spectateur. Un film qui fonctionnerait comme un magnifique miroir, dans lequel les plus petits et inconsistants détails sont grossis.

Dans ce sens, La Fenêtre contient un travail beaucoup plus élaboré par rapport à l’image et à l’orchestration que dans mes premiers films, où le jeu de caméra imitait un documentaire. Misant tout sur l’image, j’essayais de résister à la tentation d’ajouter de la musique durant tout le film. Il est évident que la musique facilite beaucoup les choses, et aide à provoquer des émotions. Mais je pensais que ce film devait être sec, dans le sens où il devait exister par lui-même. Et les émotions, si elles devaient se révéler, devaient provenir des images et de la musicalité des bruits de la nature.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 122 entrées
  • 1er jour IDF : 519 entrées
  • 1ère semaine IDF : 5 037 entrées
  • Cumul IDF : 8 940 entrées

  • 1er jour France : 740 entrées
  • 1ère semaine France : 8 439 entrées
  • Cumul France : 15 994 entrées