Notes de Prod. : La fête du feu

    en DVD le 08 Novembre 2011

Entretien avec Asghar Farhadi, Photos de famille

Quelle cinématographie vous a conduit vers la réalisation : des films iraniens ou plutôt des films étrangers ?

Avant que le cinéma ne m’absorbe entièrement, j’ai toujours été curieux de tout ce qui se passait autour de moi. Je suis né et j’ai grandi à Ispahan, j’ai commencé à l’âge de huit ans à travailler chez un photographe qui développait les photos de famille. Je les glissais dans des enveloppes et imaginais la vie privée de ces personnes, en essayant de la reconstituer à partir des photos. Je faisais une sorte de montage, en créant une continuité. Le patron de la boutique me montrait les photos qu’il faisait lors de ses voyages ou dans sa famille. Cette attirance forte pour la photo m’a dirigé vers le cinéma.

Pour passer du plaisir de voir des films à l’envie d’en réaliser, quelle voie avez-vous suivi ? Une école, l’assistanat ?

Nous avons en Iran l’Institut du Jeune Cinéma, où l’on peut déposer des projets de courts métrages. J’ai été le plus jeune à réaliser un film grâce à cet Institut car j’avais 16 ans lors de mon premier court métrage, tourné en 8 mm.
Après ces quelques films courts pour l’Institut - je suis passé ensuite au 16 mm - je me suis inscrit à l’Université avec l’intention de suivre une formation dans la section cinéma, en réalisation, mais on m’a orienté vers l’écriture, en scénario.
J’ai tout d’abord été vexé d’être dirigé vers le théâtre, mais finalement j’ai beaucoup aimé. J’ai appris la mise en scène de théâtre ainsi que l’écriture de pièces et j’ai passé mon temps à lire et à découvrir de grands auteurs comme Shakespeare, Tchekhov, Ibsen, Tennessee Williams.
Le théâtre m’a apporté maturité et réflexion. Ensuite, j’ai fait un mémoire sur l’œuvre d’Harold Pinter, consacré au silence, à l’attente, aux différentes formes de suspension du récit. Ces huit années passées à étudier le théâtre ont été très enrichissantes, mais le théâtre étranger exige beaucoup de liberté et il est impossible à jouer en Iran. Il est plus facile de s’exprimer par le cinéma.

Vos deux premiers longs métrages, Danse Dans La PoussiÈre (2003) et Belle Ville (2004), sont-ils proches de La FÊte Du Feu, qui comporte beaucoup de scènes d’intérieur, dans des appartements ?

Ils ont pour particularité de partir d’un lieu et de personnages, en raison de mon amour du théâtre, comme dans La FÊte Du Feu. Danse Dans La PoussiÈre se déroule dans le désert, filmé comme une scène de théâtre, avec seulement deux personnages, en respectant l’unité de lieu, de temps et d’action.
Tout comme pour La FÊte Du Feu dont l’action se passe sur une journée. En revanche, je me suis éloigné de ces règles théâtrales dans Belle Ville pour finalement y revenir dans mon dernier film.

Entreien avec Asghar Farhadi : Téhéran, scène de la vie conjugale

Votre film, en observant la vie d’un couple de la classe moyenne de Téhéran, évoque à la fois les conditions de vie en Iran et les inégalités sociales tout en soulignant l’évolution des mœurs. Les problèmes des personnages sont universels tout en ayant un relief singulier, dans le contexte de la société iranienne d’aujourd’hui. Etait-ce votre propos ?

Entreien avec Asghar Farhadi : Désordre intérieur et ville en fête

Qui sont les comédiens du film ? Ils viennent du théâtre ou du cinéma ?

Certains acteurs viennent du théâtre et font en plus du cinéma. En particulier la comédienne qui joue Simin, Pantea Bahram, et Farokh Nejad, dans le rôle du mari, qui a fait du théâtre avec moi car nous étions dans la même promotion à l’école. La jeune fille qui tient le rôle de Rouhi, l’employée de maison, Taraneh Alidousti, n’est pas une débutante. Elle a joué dans beaucoup de films et a remporté le Prix d’Interprétation au Festival de Locarno pour Je Suis Taraneh, J’ai Quinze Ans, de Rassoul Sadr-e Ameli.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 1 775 entrées
  • Cumul IDF : 2 821 entrées