Notes de Prod. : La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy

    en DVD le 06 Avril 2010

Eric Slabiak nous parle de La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy

Jean-jacques Zilbermann dit que, par votre musique, vous avez apporté de la légèreté à La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy. Comment s’est déroulée votre collaboration ?

On s’est rencontrés, il y a environ deux ans, à une projection au musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme du documentaire “Cabale à Kaboul”. On a sympathisé, il m’a dit qu’il préparait un film et qu’il allait m’appeler. Quelques mois plus tard, il m’a proposé de venir, avec mon groupe “Les yeux noirs”, accompagner Antoine De Caunes qui, dans La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy, jouait de la clarinette. Puis, il m’a demandé avant le tournage d’être une sorte de conseiller musical.

Dans un premier temps, on a fait le tri, en fonction des scènes, de ce qu’il avait déjà fait enregistrer par Giora Feidman. Ensuite je lui ai fait écouter des petites trouvailles, comme la chanson de Davy Crocket en yiddish. En fait, c’est pendant le tournage qu’il m’a parlé de composition musicale parce que tout d’un coup, il lui est apparu qu’il voulait une autre musique, effectivement plus légère, moins grave, à côté de celle de Giora Feidman, comme pour la contredire, pour jouer sur des émotions différentes. Je lui ai d’abord composé une valse pour le mariage et une hora, une danse israelienne traditionnelle. Puis, de fil en aiguille, je me suis retrouvé à composer à peu près vingt-cinq minutes de musique.


Quel était le moteur de votre inspiration ?

Jean-Jacques lui-même. Je trouvais important que la musique soit le reflet de ce qu’il est intimement. Il m’a semblé que ce qui lui ressemblait sur le plan musical, c’était une sorte de Charlie Chaplin klezmer. Pour résumer, je peux dire que j’ai été sous influence du style klezmer, sous influence de la personnalité de Jean-Jacques, et des images du film que j’avais vues, à la fois sur le tournage et au montage... Je voulais que la musique soit un peu le contrepoint du phrasé du film. Je n’aime pas beaucoup les musiques qui soulignent, qui vous disent quand il faut pleurer ou rire, j’aime bien au contraire tout ce qu’il est possible, grâce aux arrangements, de dire, de tisser autour des mots et du jeu des comédiens, tout ce qu’il est possible d’écrire entre les notes et qui donne de la perspective.


Vous avez déjà écrit la musique de plusieurs documentaires, mais c’est la première fois que vous signez celle d’un film de fiction. en quoi était-ce différent ?

Ce n’est pas très différent car j’aime bien m’attacher au rythme des images, au rythme de la parole - la parole est mélodique, c’est ce qui m’inspire et qui m’influence. Sauf que dans un film de fiction, et c’est d’ailleurs ce qu’on a fait là, on peut davantage identifier des mélodies à des personnages. Dans un documentaire, cela aurait toutes les chances d’être caricatural, alors que là je pouvais vraiment associer un rôle à une mélodie ou alors un rôle à une couleur musicale. C’était intéressant de pouvoir réutiliser des mélodies et de les arranger différemment au fur et à mesure que le film avance et que les personnages évoluent.


Qu’est-ce qui vous frappe le plus chez Jean-jacques Zilbermann?

Il est très inquiet et, en même temps, on dirait qu’il est resté, à 50 ans passés, un adolescent. Sur le plateau, j’ai été surpris par son calme. Il est surtout extrêmement ouvert aux propositions.C’était vraiment très agréable de travailler avec lui. Même après les enregistrements, on a continué d’améliorer, d’ajouter des choses. Au montage, on a fait un travail hyper chronométré. Une respiration ici, un effet là...


Sur le plateau de La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy, vous avez joué les figurants en accompagnant Antoine De Caunes lorsqu’il joue de la clarinette...

Antoine est quelqu’un de très curieux, de très bienveillant, de très attentionné. Il n’arrêtait pas de nous poser des questions sur la musique, sur notre travail, et il rebondissait sur ce dont on lui parlait ou sur ce qu’on lui faisait écouter et nous faisait écouter des musiques qu’il aime. C’est quelqu’un qui partage énormément. Il y a une vraie grâce chez lui. C’était très plaisant de jouer ensemble sur le playback de Giora Feidman. Un coup d’œil suffisait pour qu’on soit dans le même mouvement, dans le même rythme. Je trouve d’ailleurs que c’est un clarinettiste très crédible. Dans le premier film, je me suis même demandé si ce n’était pas lui qui jouait !

Entretien avec le réalisateur de La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy

Quel a été le déclic qui vous a donné envie, dix ans après, de faire la suite de L'Homme Est Une Femme Comme Les Autres et de retrouver le personnage de Simon Eskenazy ? est-ce la manière dont vous avez vécu, vous, ces dix années qui viennent de passer ?

Jean-Jacques Zilbermann : Exactement ! J’attendais une situation forte dans ma vie pour reprendre le personnage de Simon Eskenazy, et la situation est arrivée. C’est ce qui m’a inspiré. C’était l’été de la canicule, il n’y avait plus de place dans les hôpitaux, ma mère, qui ne pouvait plus marcher, est venue s’installer chez moi...

Antoine de Caunes nous parle de La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy

Quelle a été votre réaction lorsque Jean-jacques Zilbermann vous a parlé de faire une suite à L'Homme Est Une Femme Comme Les Autres ?

En fait, je n’ai pas été surpris tant que ça. Parce qu’il s’était vraiment passé quelque chose de très particulier sur L'Homme Est Une Femme Comme Les Autres. Pour Jean-Jacques bien sûr, mais pour moi aussi. C’était la première fois en tant qu’acteur que je me retrouvais engagé par un réalisateur qui me demandait de jouer à la fois un personnage et une partie de sa vie, même si elle était romancée. Un jour, il m’a demandé si j’étais partant pour retrouver Simon. Je lui ai dit oui tout de suite. Un oui franc et massif. Et il a écrit La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy très rapidement.

Mehdi Dehbi nous parle de La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy

Vous souvenez-vous de la première fois où vous avez entendu parler de La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy ?

C’était il y a deux ans. Mon agent m’a parlé d’une comédie dans laquelle il y avait plusieurs personnages à défendre pour un même rôle. Ils cherchaient l’acteur qui pouvait interpréter ce rôle. J’ai eu un premier rendez-vous, Jean-Jacques était là ainsi que Françoise Ménidrey. Je trouvais ça formidable qu’avant toute chose, nous nous donnions le temps de discuter, d’échanger. Il m’a présenté le scénario, m’a parlé de ce qu’il cherchait, et de la difficulté à trouver. Puis, il m’a fait improviser deux, trois trucs. Ensuite, très vite, on s’est mis au travail.

Elsa Zylberstein nous parle de La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy

Avez-vous été surprise lorsque Jean-jacques Zilbermann vous a proposé de reprendre le personnage de Rosalie de L'Homme Est Une Femme Comme Les Autres pour La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy ?

Pas tant que ça. Le tournage de L'Homme Est Une Femme Comme Les Autresavait été tellement magique que je n’ai pas trouvé étonnant que Jean-Jacques ait envie de réunir tout le monde et de repartir pour un nouveau chapitre. Et puis, je sais qu’il aime beaucoup Truffaut et son idée, magnifique, de nous avoir fait partager la vie d’Antoine Doinel, comme s’il était un être vivant et pas seulement un personnage de fiction...
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 610 entrées
  • 1er jour IDF : 2 322 entrées
  • 1ère semaine IDF : 16 138 entrées
  • Cumul IDF : 21 184 entrées

  • 1ère semaine France : 32 753 entrées
  • Cumul France : 39 517 entrées