Notes de Prod. : La France

Note sur les chansons

Il y a des films dont on a l’impression qu’ils sont profondément français, ceux de Pagnol, Pialat, Rohmer, Grémillon, Becker, par exemple. Dans La France, les mélodies sont plutôt d’inspiration anglo-saxonne, tentative de synthèse de la popsike anglaise (nerveuse, acide, rapide, comptine victorienne pervertie par l’arrogance) et de la sunshine pop californienne (solaire, éthérée, lente, horizontale, angélisme vocal alangui par la drogue), mais une synthèse enfouie, car les instruments et les conditions d’enregistrement n’ont rien à voir avec le matériel électrique en jeu (dans les deux genres cités): ni basse, ni guitare, ni batterie, ni orgue, etc.
Au contraire, les acteurs ont joué en (son) direct et dans la nature, comme les poilus de 1917, sur des instruments (acoustiques) de fortune fabriqués, comme en 1917, à partir de matériaux de récupération: guitare «charbonnière», «choucroutophone», violon carré, épinette des Vosges, etc.

Pourquoi une telle synthèse ?
Parce que l’idée du film de guerre comme trajectoire en plein air d’une petite unité en mouvement, loin du front, des états-majors et de l’affrontement quotidien, est anglo-saxonne (Walsh, Fuller, etc.), comme l’est l’horizon lointain du film d’aventure, sinon le goût de l’aventure. Le résultat : quatre chansons, composées et arrangées par Fugu et Benjamin Esdraffo.

Serge Bozon

Entretien avec Jean Douchet et Serge Bozon

JD : Ce que l’on a envie de savoir tout de suite, c’est quelle est la genèse du film.

SB : Je me souviens plus très bien, et la scénariste non plus. Après coup, je pourrais dire : croiser le film de guerre et le film d’amour. Mais pas le film de guerre où on est du début à la fin sur le front, puisqu’il s’agit ici de 14-18. Non, le film de guerre au sens, disons, de Walsh/Fuller, où l’on suit des unités mobiles en route vers une certaine destination. Les films où la guerre n’est pas donnée d’avance, mais est un horizon, l’horizon d’un parcours dans la nature. Pas un décor d’office, mais une destination et un souvenir, car les soldats ne sont pas des bleus attendant leur baptême du feu, mais des soldats qui y retournent.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 3 682 entrées
  • Cumul IDF : 4 769 entrées

  • 1ère semaine France : 8 542 entrées
  • Cumul France : 12 708 entrées