Notes de Prod. : La graine et le mulet

    en DVD le 10 Septembre 2008

NOTE D’INTENTION

Je suis parti d’un pur fantasme populaire, le genre d’histoires que l’on aime à raconter dans les cités, le mythe de ceux qui « s’en sont sortis », autrement dit, qui ont échappé à l’esclavage moderne que représente une situation professionnelle précaire, en créant leur propre affaire ; pour le traiter avec une certaine ironie et la capacité à débrider le récit que permet le choix narratif du conte.
Il s’agit donc d’un récit d’aventure, où la dimension humaine des personnages, même lorsqu’ils sont pris dans un groupe, ou une action forte, comme c’est le cas dans la précipitation dramatique de la seconde partie, tend à constituer le motif central. Et tout en m’astreignant à concentrer et à maintenir l’intérêt autour de cette action principale, à laquelle je tiens pour sa forte dimension euphorique et symbolique à la fois, il était important pour moi de laisser, paradoxalement, libre cours aux digressions qui pouvaient venir s’enchevêtrer dans le récit, comme autant d’escapades justifiées par le simple plaisir contemplatif des événements de la vie quotidienne de ce feuilleton familial.

L’alliance entre la dimension romanesque, et le rendu des personnages et de leur environnement, est pour moi primordiale, car, d’une part, le milieu dépeint est celui auquel j’appartiens, donc je suis affectivement très impliqué, et d’autre part, parce que c’est aussi en réaction à des schémas encore trop souvent réducteurs, que je voulais représenter cette famille de « Français-Arabes » dans sa complexité, et investie dans l’ouverture d’un restaurant familial, donc tournée vers un avenir qui ne soit pas forcément synonyme de la négation de sa propre singularité.

Faire le plaidoyer énergique et décomplexé du droit à la différence, sans pour autant tomber dans la stigmatisation méprisante et réductrice de la représentation exotique, constitue un double enjeu, essentiel, auquel mon regard affectivement investi me prédispose, je crois.

Abdellatif Kechiche

Entretien avec Abdellatif Kechiche

La Graine Et Le Mulet est le film que vous vouliez tourner après La Faute À Voltaire. Comment le projet a-t-il fini par se monter et a-t-il évolué entre-temps ?

En fait, j’espérais le faire avant La faute à Voltaire, puisque la première mouture du scénario existait déjà. A cette époque, entre 1995 et 1997, mon envie de réalisation était très grande, mais je n’arrivais pas à obtenir de financement pour les films que j’essayais de monter, dont L’esquive.

Entretien avec Habib Boufares

AU NOM DES PÈRES

J’avais vu Abdel quelques fois quand il était petit et qu’il descendait à Nice avec son père. Je le connaissais finalement mieux à travers le cinéma, en tant que comédien comme dans Le thé à la menthe, puisque son père me passait tous ses films, puis en tant que réalisateur, et, là, je le trouvais très fort.

Entretien avec Hafsia Herzi

GRAINE... DE STAR

Quand j’ai voulu commencé ce métier, je n’y connaissais vraiment rien : je répondais à des petites annonces pour faire de la figuration à Marseille, et je m’y prenais n’importe comment, en envoyant des lettres de motivation, des photos de moi avec des copines (rires). A 13 ans, j’ai eu un petit rôle dans Notes sur le rire, un téléfilm pour France 3 avec Thomas Jouannet, qui m’a beaucoup encouragée, en me disant que j’avais du caractère.

Entretien avec Abdelhamid Aktouche

HASARD ET CONCORDANCES

Je ne connaissais ni Abdellatif ni le monde du cinéma. Je suis venu au casting du film à Paris, pour accompagner ma fille de 18 ans. Je lui disais « Ma fille, tu rêves, le cinéma n’est pas pour toi », mais vous connaissez les enfants... Elle y est donc allée et j’y ai vu là-bas quelques personnes de mon âge.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 43 188 entrées
  • Cumul IDF : 275 989 entrées

  • 1ère semaine France : 105 919 entrées
  • Cumul France : 1 010 910 entrées