Notes de Prod. : La Grande illusion

    en salle le 15 Février 2012

La Restauration

"Au milieu des années 1970, le Gosfilmofond (archives nationales russes) décide de confier à la Cinémathèque de Toulouse le négatif original nitrate de La Grande Illusion. Ce choix est le résultat d'une collaboration unique menée par les deux archives depuis 1965, fondée sur une relation d'amitié et de confiance qui rend possible une politique d'échanges riches et réguliers.

La restauration des Archives françaises du film, du CNC et de Studiocanal, réalisée en 1997, avait permis de générer un marron, élément de sécurité, et des éléments de tirage image et son, afin que le film continue d’être vu et exploité dans sa version originale, fidèle au montage initial voulu par Jean Renoir.

En 2011, Studiocanal et la Cinémathèque de Toulouse décident de restaurer le film en numérique mais avec les techniques du XXIe siècle. Le négatif nitrate a été numérisé et restauré en 4K par le laboratoire L’Immagine Ritrovata (Bologne) permettant ainsi de retrouver une image originelle.

Ensuite l’élément a été restauré et étalonné. Un retour au film de cet élément restauré en 4K permettra de conserver le film pendant au moins un siècle.

Le son a bénéficié d’une restauration particulière. Le négatif son variable nitrate a été scanné permettant une restauration du son plus pointue due à cette nouvelle technologie.

En conclusion, l’élément original doit être conservé et une restauration ne doit jamais être figée. Elle fixe les technologies pendant un siècle, mais d’autres apports technologiques à venir pourront améliorer la restauration et la conservation. "

par Béatrice Valbin-Constant, directrice technique de StudioCanal
Si J'avais un seul film à emporter sur mon arche, à sauver pour la postérité, ce serait La Grande Illusion de Renoir

Souvent cité parmi les films les plus importants du vingtième siècle, La Grande Illusion est le symbole d’un cinéma universel et pacifiste. À travers les aventures du lieutenant Maréchal, le soldat mécano immortalisé par Jean Gabin, c’est l’amitié naturelle entre des personnages très différents et contre tout système qui est ici racontée. Ni film historique, ni vraiment film de guerre, l’œuvre de Renoir saisit les hommes dans leur complexité individuelle, hors de toute appartenance aux nations, fussent-elles en guerre.