John Lasseter, directeur de la création des studios Walt Disney et Pixar Animation, confie : « Je suis si fier que
LÀ-haut soit le dixième long métrage Disney•Pixar et le premier Pixar à être développé pour l’exploitation en 3D Relief. C’est, je crois, le plus drôle de tous les films Pixar, et sans doute aussi l’un des plus frappants sur le plan visuel. Les nombreuses qualités du projet m’ont conduit à souhaiter l’aboutir en 3D Relief depuis le départ.
Voir cette maison s’élever et voler, entraînée par ces milliers de ballons multicolores, est un moment très fort. Ce film est sans conteste l’un des plus originaux que nos équipes aient conçus parce qu’il associe une histoire formidable à une réalisation qui vous entraîne dans un univers à part. »
Le personnage principal de cette extraordinaire histoire est pourtant né très simplement, sous la forme d’un dessin de personnage représentant un homme âgé un peu bougon vendant des ballons aussi colorés que rebondis. Cette image enflamma l’imagination de
Pete Docter et
Bob Peterson.
Pete Docter, le réalisateur et scénariste, se souvient : « Bob et moi étions ravis de faire équipe car nous nous complétons parfaitement. En plus, j’adore son humour. Nous réfléchissions à de nouveaux concepts quand nous nous sommes aperçus que nous partagions parfois une drôle d’envie à la fin d’une journée un peu chargée: celle de rêver qu’on pourrait tout à coup être transportés sur une magnifique île déserte perdue au milieu de l’océan. »
Le duo commença à s’amuser avec cette idée et rapidement, une image, emblématique, frappante, s’imposa comme l’incontournable point de départ de toute l’aventure : une maison emportée dans les airs par des milliers de ballons. Cette image, aussi forte soit-elle, ne pouvait constituer que l’un des éléments de l’intrigue, mais c’est à partir d’elle que les créateurs du projet ont bâti l’histoire et décidé de centrer l’action sur le personnage d’un vieil homme, Carl, d’un jeune aventurier de 8 ans Russell, de l’égocentrique Muntz, de l’oiseau et du chien Doug ainsi que de la meute.
Pete Docter explique : « Tous ces personnages nous racontent une histoire, celle d’un vieil homme qui malgré son âge et les épreuves, va tenir une promesse que sa femme et lui s’étaient faite : vivre une vie d’aventure. Ne pas l’avoir encore tenue le rendait triste. »
Le coréalisateur et scénariste
Bob Peterson commente : « Cet homme qui a vendu des ballons toute sa vie décide d’en attacher des milliers à sa cheminée et lorsque sa maison décolle, c’est l’aventure qui prend son envol ! »
Alors que l’histoire de Carl et Russell progressait,
Pete Docter et
Bob Peterson furent rejoints par le producteur
Jonas Rivera.
Les trois hommes avaient en commun l’approche visuelle et stylistique du film, mais plus important encore, ils étaient d’accord sur l’émotion et l’esprit qu’il devait dégager.
Jonas Rivera explique : « Pete, Bob et moi sommes des inconditionnels des films Disney. Nous voulions par certains aspects revenir à l’essence des films que le public et nous-mêmes adorons. Les grands classiques Disney nous ont réellement inspirés.
Nous voulions retrouver le charme de films comme DUMBO, que ce soit en termes de design, de niveau de langue, de structure d’image. Ces films se définissent par une certaine épure, une simplicité qui rend le propos limpide et lumineux. C’est ce que nous cherchions. Nous avons tous travaillé sur LÀ-HAUT avec le mot « simplexité à l’esprit. »
La seule idée d’une maison accrochée à des ballons impliquait les notions de voyage et d’aventure au plus haut niveau, mais la définition des personnages y associait des notions d’affection, d’émotion et un formidable potentiel de situations comiques. Le mélange s’annonçait surprenant…
Pete Docter raconte : « Jonas nous a fait l’un des plus beaux compliments que l’on puisse espérer. Lorsqu’il est venu voir ce que nous avions fait, il a tout regardé, tout écouté et ensuite, il nous a déclaré que cela lui donnait envie de rentrer chez lui pour être avec sa femme et serrer ses enfants dans ses bras. Si c’est l’effet que ce film fait aux gens, si en partageant cette histoire, ils redécouvrent le bonheur de vivre et la chance qu’ils ont d’avoir leurs proches, alors nous aurons réussi au-delà de tout ce que nous espérons. »
Le film est une alliance exotique d’un univers unique et de personnages peu communs. Pour leur donner vie dans une cohérence qui serve l’esprit du projet, les créateurs devaient définir un style visuel qui ne ressemble à aucun autre.
Le producteur
Jonas Rivera explique : « Pete avait souvent une approche affective des choses et à travers nos échanges, nous nous efforcions de traduire cela concrètement. Il n’a jamais peur d’aller au bout des idées, pas par goût de l’extrême mais pour être certain de ne pas manquer le coeur de ce qu’il veut dire. Puisqu’il est question d’une maison qui vole accrochée à des milliers de ballons, il y avait à la fois une composante de poésie et une autre de réalisme qui devaient se répondre à travers un équilibre précis.
Le film parle aussi de la mémoire, de la nostalgie, et tout cela formait un univers et un ton assez particuliers. Pour élaborer le monde de
LÀ-haut, nous ne pouvions pas utiliser ce qui avait déjà été fait. Nous devions réinventer la façon de représenter les gens, les vêtements, les cheveux, l’eau ou n’importe quel élément de l’histoire. Pour servir cette fable, cette aventure, nous devions définir un style graphique en harmonie avec notre sujet. Notre approche s’est définie en cherchant le véritable coeur ou le trait dominant de chacun de ses éléments, un peu comme pour une caricature».
La personnalité des personnages n’a pas échappé à cette règle.
Bob Peterson confie : « Pour le personnage de Carl, par exemple, je me suis souvenu de mon grand-père irlandais. Il adorait nous raconter des histoires. Il avait été élevé dans la campagne de l’Ohio et il avait mille anecdotes sur sa vie à la ferme ou l’école de son époque. Ses histoires m’ont marquées et nourries. Elles sont comme des références pour moi. J’adorais mes grands-parents et ce qu’ils m’ont transmis a donné naissance à quelques belles idées. »
À travers le même processus affectif, le légendaire animateur de chez Disney Joe Grant, qui fut le mentor de
Pete Docter, a aussi inspiré certains aspects de la personnalité de Carl. Mais pour le jeune Russell, l’inspiration est venue d’une autre direction…
Pete Docter explique : « Pour créer Russell, nous nous sommes simplement demandé ce qui pourrait le plus faire réagir et bondir ce vieux grincheux de Carl. »
C’est ainsi qu’est né ce jeune garçon insupportablement positif, bourré d’énergie et de bonne volonté à en être horripilant, et qui ne sait jamais quand il faut s’arrêter…
Malgré l’imagination débordante des créateurs de
Là-haut, il est un des éléments clés du film qui a directement été inspiré par notre monde.
Pour les mythiques chutes du Paradis d’Amérique du Sud,
Pete Docter s’est inspiré des magnifiques Angel Falls et du plateau d’altitude de Tepuis situé au Venezuela. Le réalisateur confie : « C’est un endroit étrange et fascinant dont je ne soupçonnais pas l’existence avant de démarrer le projet.
Chez Pixar, nous aimons nous impliquer dans nos recherches et lorsque j’ai entendu parler de cet endroit coupé du monde, j’ai su que je devais y aller. Il a fallu trois jours rien que pour s’y rendre, ça a été une véritable expédition ! Vous prenez un avion, puis un autre plus petit, puis vous roulez des heures sur des pistes, puis vous prenez un hélicoptère, puis vous reprenez une jeep et enfin vous marchez. Lorsque je suis arrivé là-bas, je n’en croyais pas mes yeux. Ce plateau bordé de falaises posé dans un océan de jungle est un sanctuaire absolu. C’est comme découvrir un autre monde,et c’était le décor idéal pour notre film. »
Bien que les Angel Falls soient déjà les plus hautes chutes du monde avec plus de 978 mètres, les cinéastes n’ont pas hésité à élever encore celles du film à l’altitude vertigineuse de presque 3000 mètres.
Pour ce qui est de la faune et de la flore du lieu, ils ont également pris quelques libertés, notamment avec l’incroyable oiseau de 4 mètres que Russell va baptiser Kevin.
Jonas Rivera commente : « Désolé, mais personne n’a encore trouvé de bestiole comme Kevin dans cet endroit pourtant magique. On y trouve cependant toutes sortes d’animaux qui ne vivent que là. Cela s’explique par l’isolement géographique du lieu.
Ce plateau est coupé du monde, bordé par des falaises qui le placent à 1000 mètres au-dessus du reste de la région. La vie y a suivi sa propre logique. C’est là qu’Arthur Conan Doyle avait situé l’action de son chef-d’oeuvre, « Le monde perdu ». Effectivement, dans cet environnement vieux de 60 millions d’années, certaines espèces disparues ailleurs - comme les dinosaures - auraient pu survivre. C’est une terre de légende et de mystère, un lieu idéal pour notre aventure. Il y a toujours beaucoup à découvrir là-haut et c’est pourquoi Charles F. Muntz doit y aller… »
Contrairement à l’explorateur du film, les créateurs sont montés sur le plateau par le plus simple des moyens.
Pete Docter se souvient : « Nous avons grimpé sur près de 2 kilomètres. Il n’y a aucun chemin. Vous escaladez ces rochers, vous progressez comme vous pouvez, jusqu’au sommet. Nous sommes restés en haut trois jours, dormant dans des tentes. Nous avons beaucoup marché, observé, dessiné. Nous avons aussi fait de nombreuses photos. C’était une expérience impressionnante. Elle nous a également permis de ressentir très concrètement ce qu’un voyage dans ce coin perdu pourrait représenter pour un homme de 78 ans ! »
Ce périple fut la première étape d’un voyage qui devait conduire plus de 300 artistes à vivre cette aventure à travers le travail. Tous pourraient se retrouver dans les propos de
Jonas Rivera : « Ce film nous emporte ailleurs, hors de notre monde.
Là-haut vous entraîne là où vous ne pouvez pas aller. Sur ce projet, ma première mission était de préserver la vision de Pete. Elle était si pure, si précise.
La première fois que j’ai découvert le projet dans sa globalité, nous étions assis face à face et Pete me l’a simplement raconté.
Je n’ai jamais oublié ses mots, je n’ai jamais oublié l’émotion que j’ai ressentie. J’ai tout de suite su que c’était une chance incroyable d’être associé à ce projet. Je devais le produire. Quand vous vous retrouvez plus tard avec toute la logistique en marche, le studio qui vous appuie, les gens qui sont prêts, vous ne savez pas vraiment par où commencer. C’est comme regarder le Golden Gate en vous demandant comment ils ont fait pour le construire. Mais j’étais certain que le point qui devait être préservé au-delà de tout le travail à faire, c’était la vision de Pete. J’ai réellement été content lorsque je l’ai vu, heureux, à la première projection de son film terminé. Là, je me suis dit que j’avais peut-être fait mon travail correctement. »
Pete Docter conclut : «
Là-haut est une aventure pleine d’action ancrée dans des sentiments que nous connaissons tous. Le film vous entraîne là où vous n’êtes jamais allé. L’une des choses que nous essayons toujours de faire chez Pixar, c’est de parler d’un monde familier, habituel, mais d’une manière inhabituelle. Nous tentons à chaque fois d’aborder le monde que nous connaissons tous d’une façon que personne n’a jamais expérimentée avant. Plus que jamais, c’est ce que nous avons essayé de faire avec ce film. »