Notes de Prod. : La Horde

Entretien avec le producteur de la Horde

Comment avez-vous eu l’idée de produire un film de zombie ?
Raphaël Rocher : J’ai des liens très forts avec les deux réalisateurs : le premier est mon frère – Benjamin Rocher, comme son nom de famille l’indique – et je produis les émissions de Yannick depuis presque 10 ans... On défend tous les trois une certaine idée du cinéma que l’on veut transgressif, spectaculaire et souvent politique. Quand on a vu que Canal plus avait lancé une nouvelle collection – les french frayeurs –, on s’est mis à développer un projet de long métrage : le premier film de zombie français.

Comment pourriez-vous résumer vos intentions artistiques sur La Horde ?
R.R : On voulait avant tout que ce soit un vrai film d’action spectaculaire et s’éloigner des films “de souffrance” déjà produits. Depuis le début, on explique que ce n’est pas un film d’horreur, mais un film d’action avec des zombies. Je crois qu’il y a une proposition narrative assez forte qui nous démarque un peu du cinéma de genre à la française.

Est-ce que le financement a été particulièrement compliqué ?
R.R : A partir du moment où on a fait son deuil d’avoir les moyens de nos ambitions, on peut dire que le montage financier ne s’est pas trop mal passé. On savait qu’on tenait un vrai concept et, du coup, Canal plus nous a soutenu très tôt, en prenant l’exclusivité des fenêtres de “pay-TV”. Au total, on a réuni un budget d’environ 2,8 millions d’euros, mais on a tous fait de grands sacrifices pour y arriver !

Avez-vous eu d’autres soutiens financiers ?
R.R : On a eu des Sofica et, surtout, l’apport essentiel de Jean Labadie du pacte. On a aussi bénéficié du crédit d’impôt. En revanche, nous n’avons sollicité aucun guichet public sélectif. On a aussi fait appel à du “crowd-sourcing” : au moment de la post-production, un partenaire technique nous a lâché au milieu de la route et on a alors lancé un appel sur un site spécialisé qui s’appelle Motion Sponsor. Du coup, on a pu obtenir 40 000 euros grâce à 450 souscripteurs. il s’est donc créé, sous nos yeux, une communauté de fans autour de ce film.

Comment avez-vous organisé et financé la séquence de la horde de zombies ?
R.R : En préparation, on s’est vite rendu compte qu’on n’avait pas le moindre centime pour payer les 300 figurants dont on avait besoin. Du coup, comme il y avait un gros buzz autour de La Horde sur internet, on a créé une page sur MySpace deux mois avant le tournage en mobilisant les fans pour recruter nos figurants. On a eu 3000 réponses ! On leur a alors expliqué que le tournage avait lieu à paris, en pleine semaine, et qu’on ne pouvait pas prendre en charge leur transport et leur hébergement. Résultat : 1500 personnes nous ont donné leur accord. Mais comme on ne pouvait pas gérer autant de monde sur un plan logistique, on a pris les 300 premiers qui se sont présentés...

Tous les figurants ont accepté de jouer le jeu ?
R.R : C’est allé au-delà de nos espérances, comme si de bonnes fées s’étaient penchées sur le film. Les figurants nous soutenaient et nous faisaient confiance sans savoir vraiment ce que l’on préparait. On avait le sentiment d’être des rock-stars ! ils venaient de partout en France ! ils ont tous pris des jours de congés pour participer à l'aventure et certains viennent même d'assez loin.

Le film s’est bien vendu à l’étranger ?
R.R : Je peux même dire que c’est l’une des grandes réussites de l’année 2009 puisque La Horde s’est vendu dans le monde entier, y compris pour des sorties en salle. Le film va notamment sortir en salles au Japon, en Corée, en Australie, en Allemagne, en Italie, en Angleterre, au Canada, en Belgique, etc. À l’issue de la projection, le distributeur anglais nous a dit : “C’est comme si Metallica faisait son premier film” ! pour lui, c’était un énorme compliment... nous ça nous a fait marrer !

Entretien avec les réalisateurs de La Horde

Comment est né le projet de La Horde ?
Yannick Dahan : C’est en travaillant sur le magazine opération frisson, en parlant de jeunes réalisateurs, en voyant des journalistes passer derrière la camera, et surtout en rencontrant les frères Rocher, que le fantasme s’est petit à petit transformé en réalité. Avec Benjamin Rocher, avec qui je travaille depuis longtemps, on souhaitait monter un projet de film fantastique qu’on n’ait pas encore vu dans le cinéma de genre français.