ELIAS
Christophe Campos : « L’idée a toujours été qu’Elias soit le pivot du film. Depuis le début je voulais un acteur de la trempe de Lino Ventura ou Gérard Lanvin dans
Viens.
Pio Marmaï : « Elias peut être qualifié de héros car c’est la figure centrale de
La Loi de Murphy. Mais c’est un type normal, exigeant. Il lutte pour se sortir du guêpier interminable dans lequel il est empêtré. Il subit les événements. Il avance par la contrainte. Même s’il est central, il est très extérieur aux autres : il n’est ni caricatural ni burlesque. Il a une démarche noble. C’est le personnage le plus humain du film ».
Christophe Campos : « Quand Elias est face au personnage joué par
Antonio Fargas, il est un peu impressionné. Il est par terre, il s’est pris une claque, il est dans la loose totale. Avec
Michel Duchaussoy, il devait se comporter comme s’il rentrait chez le proviseur après avoir fait une bêtise. Leur confrontation est intéressante car Michel a déjà 180 films à son actif alors que Pio débute au cinéma ».
Guy Lecluyse : «
24 Heures Chrono aux urgences avec Elias et Emile, c’est plus rock’n’roll que Jack Bauer ! ».
JOAQUIM ORTEGA
Christophe Campos : « Dans le scénario, il y avait une hiérarchie entre les personnages. En dessous de
Pio Marmaï, qui est la locomotive de
La Loi de Murphy, il y avait pléthore d’acteurs à peu près au même niveau.
Dominique Pinon avait un rôle plus important qu’aujourd’hui.
Omar Sy, lui, a pris beaucoup plus de place. On lui en a laissé lors du montage car on avait envie de le revoir alors que les scènes avec Dominique étaient moins dans la comédie,plus dans le recentrage de l’histoire.Dans la version définitive il y a donc deux personnages forts : ceux de Pio et d’Omar ».
Omar Sy : « Mon personnage est une brute épaisse qui vit normalement. Il ne se pose jamais de questions. Mais un jour, il se retrouve dos au mur. Il est contraint de se demander qui il est et d’où il vient. Dès lors, il cherche à tirer l’affaire au clair. Il veut trouver des réponses à ses questions très rapidement ».
Christophe Campos :« Joachim Ortega est des un deux seuls personnages avec qui Elias n’a aucune relation.
Pio Marmaï et
Omar Sy se croisent au milieu de
La Loi de Murphy sur un parking mais ils n’ont aucune scène ensemble. Ce n’était pas voulu. On s’en est rendu compte après coup
NINO ORTEGA
Christophe Campos : « Les vilains du film sont des Dalton, des Pieds Nickelés, des Rappetou, des Branquignols. Ils ne sont pas du tout impressionnants ! Ils jouent les caïds, mais un d’entre eux se fait gifler par une prostituée. Ce sont des marioles ! ».
Karim Belkhadra : « Les frères Ortega ne sont pas des braqueurs comme Robert De Niro dans
Heat. Ils font avec les moyens du bord. Ils ont un côté « Pieds Nickelés ». Ils volent un diamantaire avec une voiture de ringards.Mais Nino est persuadé d’être un grand caïd. Il est juste décalé par rapport aux autres. Il pense être habillé classe, l’équivalent d’un mannequin qui défile sur un podium ! ».
Pio Marmaï : « Nino est foireux dans son comportement et dans son phrasé. Ça donne une belle couleur au personnage ! ».
Christophe Campos : « Nino emploie des expressions comme « Le dos de la main morte » ou « Tu me prends pour une buse ». Tous les gens autour de lui sont atterrés. Timidement, ils le corrigent. Sa réponse est toujours la même : « Ta gueule ! ». Je trouvais amusant de donner ce défaut à Nino car c’est un petit chef. C’est une de ses failles ! ».
Karim Belkhadra : « Nino a les pieds sur terre. C’est le grand frère. C’est le chef de famille car le clan Ortega n’a plus son père. Chez les gitans c’est l’aîné qui prend la relève. Les gitans sont des mecs simples. Leur priorité, c’est manger et dormir. Le « luxe », c’est une caravane. J’ai beaucoup de respect pour eux. Je ne voulais pas me moquer de mon personnage. J’ai beaucoup d’affection pour lui. C’est quelqu’un de décalé par rapport aux autres ».
LUCIANO ORTEGA
Pio Marmaï : « Les frères Ortega veulent donner une image d’ultra-violents, de méchants, mais ils n’y arrivent jamais. Ils tombent toujours à côté. Ils se prennent pour des durs mais ce sont des Pieds Nickelés.Maladroitement, ils arrivent quand même à quelque chose. Mais ce sont des ratés ! ».
Bruno Ricci : « Luciano reste un mystère psychopathologique. Il est dépositaire d’un soupçon de toutes les définitions médicales des différentes pathologies psychiatriques rencontrées depuis le haut Moyen-âge jusqu'à nos jours sans pour autant être considéré comme dangereux au grand dam du Maréchal des Logis Jourbert qui a passé sa vie et perdu tous ses cheveux à essayer de le mettre à l’ombre. Luciano, c’est comme une guitare sèche de gitan branchée sur un empli. C’est la rencontre de l’artisanat local et de la globalisation industrielle. Un mélange étrange mais pas dénué d’intérêt ! ».
EMILE
Guy Lecluyse : « Emile est un brave collègue. Il a l’air honnête, serviable, intègre, dévoué. Il est donc à l’opposé de ces personnages de séries télé hospitalières américaines : ces grands beaux mecs égoïstes, lâches, dédaigneux, carriéristes, souvent dépassés, parfois même incompétents et qui vous narguent en emballant la blonde siliconée de service ! Jaloux Emile ? Non ! ».
Pio Marmaï : « Aucun des personnages secondaires de
La Loi de Murphy ne sert de faire-valoir au rôle principal. Sur le plateau,
Guy Lecluyse me disait tout le temps : « Je suis là pour te mettre en avant,pour te mettre en valeur ». Je n’ai jamais partagé ce sentiment. Le personnage d’Emile a une existence bien à lui ».
VERA
Christophe Campos : « Véra est l’opposé d’Elias. Le personnage joué par
Fanny Valette est une petite bourgeoise qui fait médecine car on l’y a obligée. Ce n’est pas sa vocation. Son truc, c’est la kleptomanie. A l’inverse, le personnage joué par Pio vient d’un milieu plus défavorisé. Il est mal né. Ce n’est pas un mec de banlieue qui a plongé pour grand banditisme. Il a juste volé des autoradios pour survivre. Il a les capacités pour devenir médecin. Ces deux destins se croisent tout en étant opposés ».
Anny Valette : « Véra n'est pas une "brune fatale". C’est une fille délurée, presque hystérique et totalement déconnectée de la réalité. Avec
Christophe Campos nous avons cherché à en faire un personnage touchant, drôle et léger en appuyant sur certains traits de caractère : la kleptomanie et la naïveté ».
Pio Marmaï : « Véra est un personnage inattendu. Elle aurait pu n’être qu’une figure sensuelle et glamour de par son physique et sa beauté. Mais il y a un petit « plus » qui fait qu’elle est à côté de ça : sa kleptomanie. Du coup, le personnage prend une autre dimension ».
Cristophe Campos : « Véra c’est la séduction incarnée. C’est le petit oiseau qui prouve qu’Elias est un mec doux à l’intérieur. Elle nous montre qu’il a des faiblesses. Il est dur et déterminé avec tout le monde mais grâce à elle il change ».
DR MOREAU
Jonathan Lambert : « J’ai pu me lâcher dans
La Loi de Murphy. C’est surtout agréable d’être odieux quand on dit « Moteur ! »,comme ça quand ça s’arrête les gens vous trouvent super sympa en fait ! ».
DR VERDI
Pio Marmaï : « Nos personnages n’échangent aucun dialogue dans le film. Fred Testot jouait les jours où je ne tournais pas. Je l’ai croisé par hasard sur le plateau. Je l’ai vu quand il incarnait le médecin de la morgue. L’idée de lui faire jouer plusieurs personnages très forts est géniale. Ça inspire le respect. Ça provoque l’envie, en aucun cas de la jalousie. Il se lâche tout en se cachant derrière son personnage ».
Christophe Campos : « Le médecin de la morgue et Elias n’ont aucun dialogue. Ils n’ont pas de relation dans le film. A un autre moment,
Pio Marmaï et Fred Testot dans la peau d’un autre personnage ne font que se croiser dans l’hôtel de passe ».
CHEF DES URGENCES
Christophe Campos: « Face au personnage joué par
Michel Duchaussoy, Elias devait avoir un comportement de collégien qui a fait une boulette. Au départ, je ne voulais pas lui dire à qui il allait être confronté dans le bureau ! Pio a tenu cette attitude un peu maladroite pendant tout le film. Il bafouillait même ».