Notes de Prod. : La maison de sable

Notes du réalisateur sur le film

Notes de production
“La maison de sable” est le nouveau film d’Andrucha Waddington, après “La Vie peu ordinaire de Doña Linhares”, réalisé en 2000 (Sélection Officielle “Un Certain Regard”, Festival International du film de Toronto, Meilleur film au Festival de Karlovy Vary). Tourné entièrement dans la région des Lençóis Maranhenses (une réserve écologique dans le nord de l'Etat de Maranhão, au Brésil), ce film réunit Fernanda Montenegro (“Central do Brasil”) et Fernanda Torres (Meilleure actrice au Festival de Cannes 1986 pour “Parle-moi d'Amour”). Ce sont deux des actrices les plus renommées du Brésil. Elles sont aussi mère et fille dans la vie. Ce film les réunit pour la première fois dans des premiers rôles.
“La maison de sable” réunit trois générations du cinéma brésilien : d’après une idée originale de Luiz Carlos Barreto, ce film, coproduit par Walter Salles est réalisé par un des talents les plus novateurs de sa génération.

Les Lençóis Maranhenses
Le parc national des Lençóis Maranhenses est un espace de 155 000 hectares situé dans la région de Barreirinhas, Primeira Cruz et Santo Amaro, dans l'Etat de Maranhão. Le sable pénètre sur 50 km dans la terre et s'étend sur 70 km de plages désertiques. Une zone protégée abrite des dunes de sable blanc qui peuvent atteindre 40 mètres et des lagons d'eau douce bleue et verte, qui sont irrigués entre juin et septembre, et asséchés d'octobre à mai.

Le scénario
L'histoire de “La maison de sable” a été inspirée par la photographie d'une maison abandonnée, enterrée dans les plaines sablonneuses du nord-est du Brésil. C'est Luiz Carlos Barreto, un des coproducteurs du film, qui a encouragé Andrucha Waddington à réaliser ce projet."En vérité, je n'ai jamais vu cette photo. Luiz Carlos Barreto, à son retour de Ceará, m'en a raconté l'histoire et m'a proposé de faire un film sur une femme qui vivrait dans cette maison et qui devrait lutter contre le sable toute sa vie. Cette nuit-là, j'ai rêvé de cette image. Le lendemain, on s'est mis à parler de “La maison de sable", révèle le réalisateur. L'étape suivante fut de demander à Elena Soárez de développer l'histoire. La scénariste dut construire la saga en partant de presque rien. Il lui fallut deux ans pour arriver à la version finale. "Tout ce qu'on avait, c'était la photo et la confirmation que les deux `Fernanda´ interpréteraient les rôles principaux. Grâce à la participation de ces deux actrices, on a eu l’idée de raconter une histoire qui se déroulerait sur un siècle. Le scénario a été écrit pour elles".
Pour bien marquer les changements d'époque du film, Elena décide d'avoir recours aux événements marquants du siècle. Mais il fallait trouver comment faire intervenir ces évènements, en tenant compte de l'inaccessibilité de ce désert inhospitalier. "Je me suis demandé : ‘Comment les informations peuvent-elles parvenir à un endroit quasiment inaccessible?’ Avec Andrucha, nous sommes arrivés à la conclusion que les nouvelles viendraient du ciel. Nous voulions trois événements significatifs qui représenteraient le siècle. On a choisi l'élan de la science, la misère de la guerre, et l’ère
hippy”.
Elena Soárez et Andrucha Waddington collaborent depuis longtemps. "Andrucha a une qualité peu commune chez les réalisateurs. Il vous laisse carte blanche, tout en vous apportant beaucoup d'idées. En même temps, il sait exactement ce
qu'il veut. Il fait en sorte que les choses se passent et il remue ciel et terre si c'est nécessaire. Mais je dois préciser que les deux Fernanda m'ont beaucoup aidée, en contribuant à la création de la dramaturgie, en donnant de la vie et de la personnalité aux personnages."Le scénario de “La maison de sable” a reçu le Sundance/NHK Int’l Filmmakers Award en 2002.

Le casting
La participation de Fernanda Montenegro et de Fernanda Torres était assurée, avant même que les personnages n'existent. L'histoire a été écrite pour elles.
"Ce qui m'a fascinée, avec ce film, au delà de jouer ‘en famille’ et d'être dirigée par un être aussi talentueux qu'Andrucha, c'est qu'il s'agit d'une narration mystérieuse et féminine sur le temps" dit Fernanda Montenegro. "Je redoutais le tournage dans cet endroit distant et inaccessible. Alors je me suis dit : 'Je vais me mettre dans la même situation que mon personnage'. C'est un film physique, dans lequel le lieu aide à construire le personnage. Aujourd'hui, je suis fière d'avoir vécu cette expérience."
Fernanda Montenegro interprète trois personnages : la mère d'Áurea, Dona Maria, Áurea elle-même (à l'âge de 60 et de 87 ans), et sa fille Maria (58); alors que Fernanda Torres interprète Áurea (28-37) et Maria (31). Bien que le film ait été tourné dans l'ordre chronologique, pour éviter toute confusion entre les rôles et les périodes, interpréter tant de personnages n'était pas chose aisée.Le reste de la distribution a été choisi à la fin de l'écriture du scénario. Andrucha s'est montré audacieux dans le choix de certains acteurs. Luiz Melodia, par exemple, chanteur très célèbre, mais nouveau venu dans l'industrie cinématographique, était un des plus gros paris. Il interprète Massu à l'âge de 62 ans.
Plus habitué à être derrière la caméra, le réalisateur Ruy Guerra interprète le rôle du Portugais Vasco de Sá. "J'ai accepté le rôle parce que l'histoire me fascinait et que ça me donnait l'occasion de jouer avec les Fernanda et de travailler avec Andrucha. De plus, je pense qu'il est important pour un réalisateur d'avoir une expérience d'acteur".

La production
Il a fallu deux ans de recherches, un an de planification et trois mois de pré-production pour transformer la petite ville bucolique de Santo Amaro, en bordure du parc national des Lençóis Maranhenses, en une base prête à accueillir une équipe de film. "Nous sommes allés dans les Lençóis à chaque saison de l'année - soit, au total, onze voyages - pour comprendre les conditions routières, le climat, comment gérer les plateaux dans le sable et connaître les normes du parc national" raconte le réalisateur.
Sans le soutien et l'autorisation d'Ibama, l'agence de protection environnementale du Brésil, le film n'aurait jamais pu être tourné là. L'agence a autorisé que le tournage ait lieu dans les zones tampon du parc, en excluant les réserves sous protection maximale.
Le tournage du film a eu des retombées positives sur la ville, ainsi que sur le parc. "L'intégralité de l'infrastructure que nous avons construite restera sur place. Aujourd'hui, la région est bien mieux préparée à un tourisme de qualité," explique le réalisateur.
Les Jeep, toujours remplies à ras bord, tombaient constamment en panne dans les dunes. La situation était tellement compliquée qu'un jour, dix voitures sont tombées en panne. Finalement, la société de transport, qui est un des coproducteurs du film, a monté un garage dans la ville pour prendre en charge la maintenance des voitures.

Les décors
Les décors de “La maison de sable” sont divisés en deux catégories : les objets métropolitains de cette période, et les éléments de la culture régionale du nord du Brésil. Le premier voyage aux Lençóis Maranhenses, au moment de la préproduction, était essentiel à la composition des décors du film.
Le chef décorateur explique : "Les maisons sont construites avec les matières premières de la région : Carnaúba (de la résine tirée des feuilles de l'arbre), Buriti (palmier) et de l'argile. D'un autre côté, les objets que les personnages ont apportés de Rio de Janeiro sont chargés de culture. Ces objets sont devenus très précieux. Ils les relient à leur monde. Il a fallu construire douze maisons, avec l'aide de deux décorateurs et d'un peintre, et aussi celle des habitants, en se servant des méthodes intrinsèques d'ingénierie des traditions locales. Je voulais avoir recours aux méthodes des gens du pays. On a tout mesuré en utilisant les pas et les paumes, soit les procédés de constructions utilisés par les locaux.
D'un point de vue artistique, on construit les trois maisons en accord avec les étapes d'adaptation des femmes. La première maison avait été construite pas Vasco et ne respectait pas la typologie du lieu. La seconde est construite par Massu et est fidèle à la culture locale. La dernière mélange les deux cultures, avec des murs en terre et un sol en brique.
Pour montrer les changements géographiques de la première phase du film, il nous a fallu construire la même maison à quatre stades différents. Le premier, quand le lagon est asséché; le second, sur la péninsule avec le lagon rempli; le troisième, ensevelie sous le sable; et le quatrième, coupée en deux, sans façade, pour donner l'impression que la maison était enterrée encore plus profond."
Le transport des personnes, des objets et du matériel de construction ne fut pas une mince affaire. “Les objets d'art furent acheminés par deux camions depuis Rio de Janeiro jusqu'à la route en terre qui conduit à Santo Amaro. De là, le matériel était déposé en tracteur jusqu'à la ville. Mais le sable vint engloutir le plateau et les objets, ce qui posa de gros problèmes de continuité pour le film" raconte le réalisateur.

Maquillages et costumes
Les changements d'époque du film constituaient un défi pour tous les départements. "Comme nous travaillions sur plusieurs personnages et sur plusieurs générations, il a fallu accentuer au moins une caractéristique différente pour chacun, sur chaque période" explique le responsable maquillage. "On a daté les habits pour montrer le passage du temps et les transitions étaient très subtiles. On passait nos journées à coudre et à défaire” explique la chef costumière. "J'ai étudié de vieux livres et de vieux magazines pour créer les costumes. Comment les gens s'adaptent à cette isolation ? En portant des choses qui ne sont pas des vêtements. Par exemple, on a utilisé des draps et des serviettes d'une certaine période, pour en faire des costumes”.

La photographie
Le concept principal de la photographie de “La maison de sable” était de montrer un paysage qui reflétait le drame vécu par Áurea et Maria.
Le directeur de la photographie, Ricardo Della Rosa, explique : "Nous ne voulions pas montrer un paysage magnifique, mais plutôt un endroit aride, étouffant et inhabitable. Il ne s'agissait pas de filmer un paradis, mais plutôt de montrer un endroit dur, où il est quasiment impossible de vivre”. De nombreux essais ont été pratiqués, sur les lieux de tournage et en laboratoire, pour pouvoir choisir les négatifs et les filtres. "On a regardé de nombreux films, mais nos références principales se sont finalement résumées au Caravage, à George de La Tour et à Portinari. Le soleil nous préoccupait beaucoup. Nous tournions de 4h30 du matin à 9h, puis de 14h à la tombée de la nuit. Cela laissait à l'équipe le temps de se reposer et offrait une meilleure lumière. Les deux personnages principaux du film sont des femmes, et travailler sous le soleil de midi, c'est difficile”.

Le montage
Pendant que l'équipe tournait aux Lençóis Maranhenses, Sergio Mekler, le monteur, travaillait en parallèle à Rio de Janeiro. Selon lui, cela n'était possible que parce que le programme de tournage suivait l'ordre du scénario. "J'étais sur place la première semaine, ce qui m'a permis de saisir l'atmosphère générale. Ensuite, à mesure que les scènes arrivaient à Rio, j'ai fait un premier montage en suivant exactement le scénario. Andrucha tournait avec deux caméras, ce qui me donnait plein d'opportunités. A partir de là, on a tenté beaucoup de choses. Finalement, on peut presque tout comprendre de cette histoire sans avoir recours aux mots".

La musique
Des sons extravagants, des bruits intermédiaires, de faibles pulsations et un peu de musique. Telles sont les caractéristiques de la bande-son de “La maison de sable”, composée par les musiciens Carlo Bartolini et João Barone. "Andrucha voulait qu'on utilise de la musique qui n'ait pas l'air d'être de la musique. Ça nous a conduits sur une nouvelle voie. C'est une bande-son atypique. Elle donne un climat au film. Au bout du compte, la musique, ou plutôt, le manque de musique, tient un rôle essentiel dans cette histoire".
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 497 entrées
  • Cumul IDF : 626 entrées

  • 1ère semaine France : 497 entrées