Aviez-vous vu la pièce, La Vie de chantier ?
Daniel Prevost– Non, je ne l’ai pas vue. J’en ai beaucoup entendu parler bien entendu, mais au-delà du fait que Dany l’a écrit, pour moi le scénario est tout à fait neuf. Son histoire, ses scènes ont une vraie dimension cinématographique.
Avez-vous été étonné que Dany Boon passe à la mise en scène ?
D.P. – Non pas du tout. Beaucoup de gens du spectacle ont envie de passer de l’autre côté. Et comme Dany avait déjà eu l’expérience de la mise en scène au théâtre, c’était le prolongement logique.
Comment l’avez-vous trouvé dans son rôle de réalisateur ?
D.P. – Je dois souligner la très grande précision du travail de
Dany Boon. Sur le tournage, il a été extrêmement soucieux du détail, du travail des comédiens… Rien ne lui a échappé. Et je trouve ça assez formidable. D’autant qu’au-delà de cette histoire de précision, qui aurait pu être un peu stressante, Dany a donné beaucoup de confort aux acteurs, en étant à notre écoute, en prêtant beaucoup d’attention à ce que nous faisions. C’était d’une douceur de tous les instants. Je n’ai jamais entendu Dany gueuler. Dany n’a qu’un côté, le côté agréable. C’était le tournage du bonheur.
Et Dany Boon l’acteur. Quel partenaire est-il ?
D.P. – Jouer avec lui, c’est comme faire une partie de ping-pong ou de tennis, comme vous voulez. Dany a toutes les nuances d’un grand comédien. Je suis ravi qu’il ait eu cette nomination aux César pour Joyeux Noël. Ça lui donne une consistance supplémentaire face au public… et à la profession. Et maintenant plein de choses vont lui arriver dans ce métier.
Justement, Dany Boon semble enfin trouver sa place dans le cinéma, comme acteur et comme réalisateur. Qu’en pensez-vous, vous qui avez connu une reconnaissance tardive dans ce métier ?
D.P. – C’est une question de chance. C’est une question de rencontre avec un rôle. Le reste c’est du commentaire inutile. Tout est une question de hasard ou de chance. Parce que c’est vrai que le talent on l’a dès le début, mais si on a la chance de travailler, on s’affine au fil des années. Pour conclure, je voudrais vous citer Goethe qui disait : «Le talent se forme dans la société, le génie dans la solitude». Voilà, merci à tous.