Notes de Prod. : La Maison du bonheur

    en DVD le 13 Décembre 2006

Dany Boon acteur, Dany Boon réalisateur ? ... Entretien !

Mais comment est venue l’envie de l’écrire, cette pièce ?
Dany Boon – De l’envie d’écrire pour les autres. Je voulais diriger d’autres acteurs, mettre en scène la pièce… Ça a été un gros boulot. Un one-man show, ça n’engage qu’une personne. S’il y a besoin de changements, on peut les faire dès le lendemain. Une pièce de théâtre en revanche, il faut savoir six mois à l’avance où vont rire les gens. Il ne faut pas se tromper. Heureusement, ça s’est très bien passé. À l’origine, La Vie de chantier était un scénario que je voulais que Claude Berri produise. Mais il n’a pas voulu (rires).

Mais il a finalement produit La Maison du bonheur…
D.B. Finalement, parce qu’il produisait un film dans lequel on me proposait un rôle, il est venu voir la pièce et là, il a ri tout du long. À la fin de la représentation, Claude est entré dans ma loge et m’a dit : «C’est formidable, il faut en faire un film !» (rires).

Ça vous a retardé dans votre passage derrière la caméra…
D.B. – Ça m’a arrangé, en fait, que Claude refuse ce que je lui ai envoyé. Avant lui, j’avais eu d’autres expériences avec des producteurs qui trouvaient mes idées formidables et une fois qu’ils voulaient signer un contrat et me donner de l’argent, je reculais, je disais «Non, je vais pas le faire». Parce qu’il y a une prise de risque phénoménale au cinéma. Alors qu’au théâtre, je fais ma petite tambouille, je dépends du public avec qui j’ai un contact privilégié depuis 15 ans et je suis très heureux de ça, tout va bien. Donc je me demandais pourquoi me mettre en péril en réalisant un film.

La structure a changé par rapport à la pièce, mais les personnages aussi. Notamment sa femme…
D.B. – Oui et c’est pour ça que je voulais que Michèle Laroque l’interprète. Je voulais que ce personnage soit séduisant, que ce soit une femme belle - qui sache jouer la comédie – et que leur couple soit crédible. Car, dans La Maison du bonheur, je raconte aussi une histoire d’amour. Au théâtre, c’était plus un couple de boulevard, plus délirant, avec un rapport de classe sociale très marqué. Et puis autant au théâtre, on peut jouer avec le bon mot, autant au cinéma c’est la situation qui prime.

Au théâtre, vous pouviez user de certains bons mots, de certaines ficelles pour gagner le public. Vous avez eu peur de ne pas pouvoir en faire de même au cinéma ?
D.B. – En fait, j’avais deux choix. Soit je travaillais sur un scénario totalement délirant avec un postulat de comédie folle et peu crédible. Soit je faisais une comédie plus sociale, plus réaliste, où l’on peut s’identifier aux personnages. Et moi, c’est ce que je voulais : qu’on s’identifie aux personnages. Je voulais raconter une histoire, que le film soit élégant, que l’image soit belle et que les acteurs soient bien dedans. Ma grande fierté c’est que tous les acteurs sont formidables dans le film.

Vous avez une belle distribution…
D.B. – J’ai casté tous les rôles. Même pour le personnage qui part à la retraite et qui fait une crise cardiaque : «Au revoir Jean-Yves». J’ai un DVD de comédiens qui s’attrapent le bras gauche et qui tombent ! Je voulais qu’on soit dans la réalité et garder l’aspect délirant et absurde pour les séquences avec les mauvais ouvriers. Ce sont des clowns en fait. Le costaud et le gringalet, Laurent Gamelon et Zinedine Soualem, ce sont deux vrais clowns.

Comment s’est déroulé votre passage derrière la caméra ?
D.B. – Tout le monde trouvait le scénario de La Maison du bonheur formidable, mais quand on me demandait qui allait le réaliser et que je répondais «moi», on me disait : «Mais vous jouez dedans !». L’idée des deux casquettes faisait un peu peur. Le problème, c’est que je ne voyais pas qui d’autre que moi pouvait le faire. J’avais tellement vécu avec les personnages, tellement travaillé sur l’adaptation, que je me suis dit : «Si c’est quelqu’un d’autre, je vais être totalement frustré». Autant le faire moi-même. Quitte à me planter. Ma grande crainte c’était surtout d’emmener tous ces grands acteurs dans un premier film bancal.

Votre formation graphique, votre passé de dessinateur de story-board, de photographe, ça vous a aidé à vous affirmer comme chef de ce chantier ?
D.B. – Oui. Mais en plus, quand on travaille avec Claude Berri, on a la chance d’avoir une équipe technique formidable. J’étais très bien entouré. Il a fallu que je m’affirme, mais ça s’est fait très vite. Dès les premiers jours, les techniciens savent si vous êtes à la hauteur. Avec le directeur de la photo, le premier assistant, la cadreuse et la scripte, ça s’est fait avant le tournage. Nous avons beaucoup travaillé en amont. On a fait six mois de préparation, du coup quand on est arrivé sur le tournage je savais où j’allais, je savais ce que je voulais. Le reste, n’était que du plus, du bonus.

Que pense Dany Boon, le réalisateur, de Dany Boon, l’acteur, dans La Maison du bonheur ?
D.B. – Je suis habitué à me voir comme acteur parce que j’ai réalisé les captations de La Vie de chantier et de mon one man show précédent. Dans La Maison du bonheur, je vois mon personnage et ça va. Durant le tournage, le principal pour moi était de savoir si j’étais dans la justesse du personnage. J’ai été aidé en cela par le regard extérieur de mon équipe sur le tournage, celle avec laquelle j’ai fait toute la préparation. Et aussi par le regard essentiel de ma femme sur mon jeu et sur mes choix.

Entretien avec Daniel Prevost

Aviez-vous vu la pièce, La Vie de chantier ?
Daniel Prevost– Non, je ne l’ai pas vue. J’en ai beaucoup entendu parler bien entendu, mais au-delà du fait que Dany l’a écrit, pour moi le scénario est tout à fait neuf. Son histoire, ses scènes ont une vraie dimension cinématographique.

Entretien avec Michèle Laroque

Vous avez tourné avec des pointures de la comédie comme Francis Veber, quelles sont d’après vous les qualités de réalisateur de Dany Boon ?
Michèle Laroque– Dany est d’abord un comédien qui aime les comédiens et qui a envie de voir ceux qui l’entourent au mieux de ce qu’ils sont. En ayant confiance en eux – c’est très agréable de sentir ça chez un réalisateur – en étant très client de votre travail. Et puis comme il veut retrouver ce qu’il a écrit, son humour, mine de rien il nous a dirigé très précisément, mais de manière naturelle. Ça se faisait facilement, aisément, et nous étions au mieux de nos possibilités. Je l’ai senti. Et puis c’est quelqu’un qui a une énergie extraordinaire et qui est travailleur. Quand il arrive sur le plateau, il sait exactement ce qu’il veut faire. Il est extrêmement rigoureux, pour nous comme pour lui.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 51 883 entrées
  • Cumul IDF : 148 990 entrées

  • 1ère semaine France : 275 370 entrées
  • Cumul France : 1 146 962 entrées