Notes de Prod. : La Mauvaise éducation

    en DVD le 23 Février 2005

Commentaires du réalisateur

Une véritable obsession

Je devais faire "LA MAUVAISE éDUCATION", je devais me l'enlever de la tête avant que ça ne tourne à l'obsession. J'avais remanié le scénario pendant plus de dix ans, et ça pouvait continuer comme ça dix ans de plus. Vu la quantité de combinaisons possibles, la trame de "LA MAUVAISE éDUCATION" ne pouvait pas finir de s'écrire qu'une fois le film tourné, monté et mixé.

Film intime mais pas autobiographique

"LA MAUVAISE éDUCATION" est un film très intime, mais pas exactement autobiographique, je veux dire que je ne raconte pas ma vie au collège ni ce que j'ai appris pendant les premières années de la "movida", bien que ce soit les deux périodes durant lesquelles se déroule l'intrigue (en 64 et en 80, avec une incursion en 77). Il est certain que mes souvenirs ont été importants au moment de l'écriture du scénario, puisque j'ai vécu dans les lieux et les époques où se passe l'intrigue.

Une vieille rancœur contre l'Eglise ?

"LA MAUVAISE éDUCATION" n'est pas un règlement de comptes avec les curés qu m'ont mal élevé ni avec le clergé en général. Si j'avais eu besoin de me venger, je n'aurais pas attendu quarante ans pour le faire. L'Eglise ne m'intéresse pas, pas même comme adversaire.

La période idéale…

Le film ne prétend pas non plus être une réflexion sur la "movida" madrilène du début des années 80, bien qu'une grande partie se passe dans le Madrid de cette époque. Ce qui m'intéresse dans ce moment historique est l'ivresse de liberté que vivait l'Espagne, en opposition à l'obscurantisme et à la répression des années 60. Le début des années 80 est, pour cette raison, le cadre idéal pour que les protagonistes, devenus adultes, soient maîtres de leur destin, de leur corps et de leurs désirs.

Film noir mais vision non manichéenne

Le film n'est pas une comédie, en dépit de son humour, ni une comédie musicale jouée par des enfants bien qu'il y ait des enfants qui chantent. C'est un film noir, du moins c'est ainsi que j'aime le considérer. Dans les films noirs, il ne peut ne pas y avoir de policiers, ni de pistolets, ni même aucune violence physique, mais il doit y avoir des mensonges et de la fatalité, qualités que normalement incarne une femme: la femme fatale. (…) Dans "LA MAUVAISE éDUCATION", la femme fatale est un enfant terrible, le personnage interprété par Gael Garcia Bernal.

"LA MAUVAISE éDUCATION" est à l'opposé d'un film de bons et de méchants. En tout cas je ne juge pas les personnages, quoi qu'ils fassent, mon travail consiste à les "représenter", à les "expliquer dans leur complexité" et réussir à faire un spectacle amusant avec tout cela; Il n'est pas bon pour un film que le réalisateur juge ses personnages, même s'ils commettent des choses atroces.

La prédominance de la voix off

La voix off sert à expliquer ce qui ne se voit pas et à accélérer le rythme de la narration. C'est comme si un personnage du film te rendait visite, s'asseyait de l'autre côté de la table pour te raconter en quelques mots une partie de son histoire. La voix off m'est devenue indispensable pour aller d'une histoire à une autre, d'une époque à une autre.