Marcelo Piñeyro a découvert la pièce de Jordi Galcerán El Método Grönholm, à travers ses producteurs du film Kamchatka :
« Le sujet m’a tout de suite intéressé, à condition d’y apporter quelques modifications même si je trouvais la pièce magnifique. Je ne voulais pas faire une simple transposition cinématographique de la pièce de théâtre… »
Avec beaucoup de différences l’adaptation conserve l’ « ambiance glaciale et le ton de comédie de la pièce ».
La Méthode révèle une grande cruauté pour démotiver ou élire le candidat idéal :
« Dans ma vie professionnelle je n’ai jamais été confronté à ce type de sélection. Par contre j’ai connu de nombreuses personnes qui ont vécu des épreuves semblables… Nous avons décidé de garder des épreuves assez innocentes afin que cela soit crédible. Si nous avions eu une démarche de documentaristes, le résultat aurait été bien plus sauvage et cruel ! ».
La Méthode est aussi une histoire de retrouvaille :
« Avec ce film, j’ai retrouvé 3 acteurs :
Eduardo Noriega et
Pablo Echarri qui avaient joué ensemble dans
Vies brûlées et Ernesto Alterio avec qui j’avais tourné Tango Feroz : La Leyenda De Tanguito mon premier film. Eduardo, est un acteur fantastique… Je lui ai confié un personnage très complexe, différent des autres. »
Après L’histoire officielle (La Historia Oficial), Vies brulées (Plata Quemada), et Kamchatka, trois films motivés par des thèmes politiques, Marcelo Piñeyro change de registre avec sa nouvelle réalisation en filmant le monde de l’entreprise :
« Je ne me sens pas un réalisateur de film politique. Par contre, mes personnages sont ancrés dans leur époque, ils ont une préoccupation pour le monde ou la société dans lesquels ils vivent. Cependant avec La Méthode il y a un changement. Si auparavant, mes personnages par désir ou par accident se confrontaient à l’ « establishment ». Dans La Méthode ils s’affrontent à mort pour justement faire partie de cet « establishment ».
Le tournage s’est déroulé le jour de la manifestation du FMI à Madrid. Sans aucune prise de partie, le film montre la tension et la distance qu’il y a entre les deux mondes qui s’ignorent. Mais La Méthode n’est pas moralisateur :
« Elle pose des questions rien de plus. Dire que les méchants sont les entreprises multinationales serait un raccourci trop facile. Le film fait un diagnostique de choses qui nous arrivent à tous, des points de départ qui permettent à nos propres misères de se dérouler. »