Les adultes…
Sigourney Weaver s’impose d’emblée pour le rôle de la Directrice de Green Lake, qui conjugue, comme nombre de ses personnages, poigne et séduction.
Andrew Davis :
"Cette femme devait pouvoir faire preuve de douceur, tout en étant assez féroce pour se vernir les ongles avec du venin de crotale ! Qui pouvait mieux remplir le contrat que la Ripley d’ALIEN ?"
Sigourney Weaver :
"Ma fille a lu " Holes " à huit ans et l’a adoré. C'est le premier livre dont elle est réellement tombée amoureuse. Elle m’a dit : " Il y a là-dedans une femme horrible : la Gardienne… et tu devrais la jouer !"
"J’aime la façon dont Louis Sachar a noué ses trois intrigues : les origines de la malédiction, son dénouement contemporain et, entre les deux, l’idylle de Sam et Kate. À travers toutes les situations, l’amour et le respect d’autrui triomphent de la cruauté et de l’avarice.
Ce qui m’intéresse chez la Directrice, c'est qu’elle ne fait pas étalage de son pouvoir. Elle parle d’une voix très douce, et lorsqu’un gamin conteste ses ordres, elle ne pique pas une crise. Elle dit simplement " Excuse me ?! ", à sa façon. Cela suffit à lui assurer un formidable ascendant sur les enfants.
Andy Davis est quelqu'un d’unique. Il a eu à cœur notre bien-être collectif et a fait en sorte que nous bénéficions toujours des meilleures conditions de travail. Ouvert à nos propositions et totalement maître de la situation, il a été un réalisateur idéal."
Les jeunes…
Andrew Davis :
"J’avais besoin, pour le rôle de Stanley, d’un acteur de seize ans possédant les qualités les plus marquantes de Tom Hanks, Dustin Hoffman et Gene Wilder, et je pense l’avoir trouvé en Shia Labeouf. Il possède un talent exceptionnel – et pas seulement pour son âge."
Déjà connu pour le rôle vedette de la série Disney Channel " Even Stevens ", LaBeouf a construit son personnage avec le concours discret et attentif de Davis et Sachar.
Shia Labeouf :
"À son arrivée à Green Lake, Stanley est incapable de résoudre ses problèmes personnels, et encore moins ceux des autres. Une mue s’opère cependant au fil des semaines : la chenille se transforme en papillon, et à la fin, Stanley est devenu son propre maître. Il ne sera plus jamais le même, il a compris le sens de sa vie et il est désormais en mesure d’aider les autres jeunes, à commencer par Zero.
Andy n’est pas contraignant, mais il arrive toujours à ses fins. Il vous explique très clairement le personnage et ses propres intentions, avec une grande minutie et un sens aigu du détail, qui concerne aussi bien votre approche de telle ou telle réplique que la façon dont vous lacez vos souliers. Il est génial.
C’était formidable d’avoir Louis Sachar sur le plateau. Il a été à l’origine de ce film, et m’a aidé à comprendre bien des aspects du personnage."
Khleo Thomas interprète le petit Zero, souffre-douleur quasi muet du Camp, que chacun s’autorise à malmener avant l’arrivée de Stanley.
Khleo Thomas :
"C'est un garçon qui ne parle pas beaucoup, mais il a un regard très éloquent et un fonds très généreux.
Avant ce tournage, je connaissais seulement Sigourney Weaver par ses films – surtout la série ALIEN. J’ai flippé en la voyant parce qu’elle est exactement comme à l’écran. Mais c’était cool de travailler avec elle, d’apprendre à se concentrer. Jon Voight était formidable, lui aussi. Ces gens sont des légendes, mais ils n’ont pas la grosse tête et ils dialoguent avec vous sans faire de chichis."
LE TOURNAGE :
Andrew Davis :
"La ferveur suscitée par le livre était palpable sur le tournage. Dans un grand et joyeux élan de loyauté, chacun s’est attaché à restituer la vérité de cette histoire. En dépit de conditions très pénibles, dues notamment à la chaleur torride qui régnait sur l’ancien lac et aux vents, l’équipe et les acteurs sont restés solidaires et se sont mutuellement inspirés. Nous étions tous conscients que ce tournage sortait de l’ordinaire."
L’équipe a passé près de 4 semaines dans le désert, sur le Lac séché de Cuddeback et dans Red Rock Canyon, aux abords immédiats de la Vallée de la Mort, avant de regagner San Fernando Valley, au nord de Los Angeles. Les autres extérieurs ont été tournés au milieu des hautes formations rocheuses de Vasquez Rocks et près du Lac Casitas.
Cuddeback fut une épreuve quotidienne pour l’ensemble de l’équipe, confrontée à des températures de 45° C, des vents violents et des tempêtes de sable aveuglantes. La pénibilité fut encore accrue par les passages de jets de combat, stationnés sur les trois bases militaires voisines, qui venaient régulièrement s’entraîner au-dessus de l’ancien lac.
Pour préparer les jeunes aux exigences physiques de leurs rôles, le chef cascadeur Alex Daniels organisa un stage intensif de deux semaines comprenant randonnées, exercices de musculation et maniement de la pelle.
Shia Labeouf :
"Au départ, on pensait que c’était superflu : après tout, ce n’est pas difficile de creuser dans le sable ! Erreur : sans cet entraînement, je n’aurais jamais tenu le coup. Alex nous a vraiment bien préparés."
De son côté, le dresseur Larry Madrid, d’Animals Unlimited, s’est chargé de la ménagerie, et notamment du grimage des innocents " dragons " en mortels " lézards à tâches jaunes du Texas " (un pur produit de l’imagination de
Louis Sachar !)
La déco, dirigée par
Maher Ahmad, avait devancé le gros de l’équipe afin de creuser des centaines de trous dans le vaste lit sableux de l’ancien Lac Vert. Après une étude d’impact et une prospection archéologique, une carte précise du lac fut dressée par GPS. Suivirent quatre semaines de forage à la main et à la pelleteuse, chaque trou étant repéré et numéroté en fonction des besoins du tournage et des axes de prises de vues.
À la fin du tournage, Ahmad et son équipe sont revenus sur place pendant deux semaines, afin de rendre au site sa physionomie originelle.
"LA MORSURE DU LÉZARD offrait quantité d’opportunités intéressantes ", explique le chef décorateur, qui travaille depuis de longues années avec Andrew Davis. " C'est le rêve de tout décorateur de pouvoir raconter une histoire et révéler des personnages à travers leur environnement – en l’occurrence ce lac cauchemardesque, mais aussi, et surtout, la Lettonie (un de mes décors favoris) et le Vieil Ouest."
" Notre but ", conclut Andrew Davis, " est que chaque spectateur, jeune ou adulte, retrouve dans ce film les images qu’a fait naître en lui le roman. Ce sera le meilleur gage de notre réussite et le plus bel hommage qu’on puisse rendre à ce superbe livre… "