Notes de Prod. : La Mort suspendue

    en DVD le 21 Septembre 2004

Notes

L'idée d'adaptation du drame de deux alpinistes à l'écran

Joe Simpson a tout d'abord décidé d'écrire un livre afin de défendre son ami Simon Yates auprès de la communauté des alpinistes qui ont voulu l'exclure du club alpin après son geste. Il a souhaité au travers de cet ouvrage, rétablir la vérité et montrer que c'est justement ce geste qui les a sauvés. Quant au projet d'adapter ce fait réel au cinéma, il remonte déjà à 15 années auparavant. Plusieurs propositions n'ont pas abouti, comme une avec Tom Cruise dans le rôle principal, car les deux protagonistes voulaient avant tout qu'il n'y ait aucune falsification dramatique. C'est finalement grâce à Sue Summers que ce drame autobiographique verra bientôt le jour au cinéma. Elle a d'abord contacté Joe Simpson et proposé Darlow Smithson comme société de production. Elle dit avoir été très touchée par le livre de Joe : C'est essentiellement une histoire de survie, mais elle fonctionne sur tellement de niveaux différents qu'elle est accessible à tous. Il s'agit à la fois d'alpinisme et d'endurance humaine face à une situation effroyable. Le résultat final de LA MORT SUSPENDUE appartient à plusieurs genres , …il s'agit d'un savant mélange de documentaire et de film de fiction". Joe Simpson confirme estimant que cela permet de se rapprocher davantage de la réalité : Pour moi, il valait mieux faire un documentaire plutôt qu'un film de fiction car je pensais que le résultat serait plus proche de mon livre.

Les conditions de tournage

Pour paraître encore plus authentique, la seconde partie du film a été tournée sur le lieu des véritables événements : au Siula Grande, dans les Andes du Pérou. Toute l'équipe du film s'y est rendue au mois de juin pendant une courte période de beau temps. Darlow Smithson s'est appuyé sur l'un des plus grands alpinistes anglais : Brian Hall, président de la société High Exposure, spécialisée dans les tournages sur des lieux extraordinaires et dangereux comme ceux de James Bond – Meurs Un Autre Jour et Shackleton En Antarctique.

Les conditions de tournage ont été assez éprouvantes, les membres de la production les décrivent : Le Siula Grande est une montagne très isolée. Aucune route ne mène à ce sommet géant de 6930 mètres. Le camp de base est lui-même à une altitude plus élevée que celle du Mont-blanc. Le manque d'oxygène était difficile à supporter. L'équipe a dû marcher pendant trois jours pour atteindre le camp de base. L'endroit était si élevé et isolé qu'on ne pouvait pas faire venir d'hélicoptéres.
Quant à Joe Simpson qui n'était pas revenu sur ces lieux depuis le drame, il dit avoir été bouleversé par ce tournage : Je pensais que je ne ressentirais rien, mais en réalité j'étais bouleversé. (…). Je me suis mis à paniquer. Je ne tremblais pas mais c'était tout comme. J'avais l'impression de marcher sur une tombe. J'avais oublié combien c'était effroyable d'être réduit à presque rien.

Ensuite, l'équipe de tournage s'est rendue dans les Alpes au mois d'octobre où l'essentiel de ce drame été filmé sur un terrain dangereux avec des températures avoisinant les –20°c. John Smithson raconte : Il fallait constamment veiller à la déshydratation et à l'hypothermie. Il précise également que les efforts mentaux devaient être tout aussi importants voire plus que les efforts physiques durant cette expérience. Malgré tout, l'équipe a tenu bon et Kevin Macdonald souligne que les résultats du tournage ont été bien meilleurs en conditions réelles que dans un studio.

Une histoire qui a fait le tour du monde

Le livre La mort suspendue est devenu un véritable best-seller et a fait le tour du monde. Il a été traduit en 14 langues et a touché un public très large grâce aux thèmes qu'ils abordent au-delà de l'histoire dramatique de deux alpinistes : …l'histoire devient une illustration parfaite du triomphe de la force de l'esprit humain sur l'adversité. Joe Simpson reçoit encore aujourd'hui un courrier abondant de personnes ayant été confrontés à des situations similaires ou difficiles. Il explique ainsi ce phénomène : Cette histoire parle d'amitié, de trahison, de souffrance, de peur et de mort. Une trame universelle (…). Ceux qui entendent cette histoire peuvent y projeter leur propre interprétation.
Joe Simpson conclut en expliquant pourquoi il a tenté une telle expérience et pour quelles raisons les alpinistes prennent de tels risques : Quand on sent que la mort est proche, on a une perspective très claire de ce qui est important. On se sent d'autant plus vivant en situation de danger que notre corps doit se battre. (…). Après une telle expérience, on sait ce qui signifie "vivre". Mai la sensation s'estompe et on dot y retourner pour recommencer. C'est un cercle vicieux : pour ressentir la même émotion, il faut accroître le défi. C'est ce que font les meilleurs alpinistes.