Notes de Prod. : La Nouvelle Guerre des Boutons

    en DVD le 21 Janvier 2012

Entretien avec Christophe Barratier

Qu’est-ce qui, dans le roman de Louis Pergaud, vous a particulière-
ment intéressé au point d’en faire une nouvelle adaptation cinématographique ?


Quand j’ai découvert La Guerre Des Boutons, j’avais dix ans. J’ai d’abord lu le
livre à l’école, j’ai découvert ensuite le film d’Yves Robert. Ce qui m’avait beau-
coup frappé à l’époque est que, pour la première fois, des enfants pouvaient
mener une guerre, désobéir, se rebeller, mais que cela n’avait rien de mal, bien
au contraire. J’aime moi-même retrouver cette liberté d’enfance ou, pour para-
phraser Françoise Dolto, laisser parler l’enfant libre qui reste en moi.

Pourquoi avoir choisi, pour raconter cette histoire, la période de l’Oc-
cupation en France et plus particulièrement l’année 44 ?


J’avais le sentiment que pour aller au-delà de la petite guéguerre entre enfants
et cette rivalité de clocher, il manquait au roman un arrière-plan conflictuel.
D’où cette idée : faire jouer La Guerre Des Boutons dans la grande guerre des
humains. Ainsi, le conflit tragique des adultes vient en résonnance avec celui,
plus drolatique, des enfants.
Il y a, derrière toute cette trame de querelle entre deux villages, le syndrome
d’une grande guerre qui se déroule non loin et qui annonce déjà son dénoue-
ment. La période de la fin de l’occupation est une période sombre, dans l’ombre
d’un génocide, où des enfants ont souffert, où des parents ont été faits prison-
niers et déportés. Les campagnes françaises ont compté beaucoup d’enfants
juifs cachés. En créant le personnage de la petite fille juive réfugiée dans le
village et gardée par la jeune mercière, l’enjeu de la grande guerre apparaissait
non comme une intrigue secondaire mais comme un conflit entrant en réson-
nance avec nos personnages.

Vos deux films précédents, Les Choristes et Faubourg 36, avaient
pour personnages majeurs des enfants. Quels liens particuliers vous
attachent à l’enfance au point de vouloir traiter cette période de la vie
dans vos films ?


Mes rêves d’enfant ne m’ont jamais quitté. Oscar Wilde disait : « Il faut avoir
des rêves très grands pour ne jamais les perdre de vue
». Enfant, j’avais des
ambitions artistiques à la fois énormes et désordonnées : le cinéma, la musique,
la littérature, le dessin... À chaque nouveau projet, je me rends compte que
j’ai envie de faire un film qui m’aurait plu lorsque j’étais gamin. Et l’enfant que
j’étais aimait le spectaculaire, la musique, les grands sentiments et les films
conflictuels. À tout cela, j’ai voulu ajouter la rage de vivre d’un personnage
écorché vif, comme Lebrac qui embrasse toute la palette des sentiments qu’un
enfant peut ressentir, la poésie tendre et douloureuse de Violette, l’insou-
ciance du Petit Gibus...

Que diriez-vous aux enfants, aux adolescents, pour les inciter à lire
le roman et à découvrir votre version cinématographique ?


Le roman de Louis Pergaud est une magnifique description du passage de
l’enfance à l’adolescence et nous montre comment les enfants peuvent s’unir
et devenir solidaires.
Le film est réellement une adaptation libre du livre, dans le sens où j’ai laissé
mon inspiration me guider vers des terres qui étaient étrangères au roman
de Pergaud. Les boutons, les batailles, la rivalité, la trahison sont là, bien sûr,
mais par la musique, le souffle épique, les scènes de batailles, les émotions qui
l’imprègnent, magnifiés par les techniques de filmage moderne, mon ambition
est d’offrir aux enfants et à leur famille un spectacle total.

Notes de Tournage...

1er Avril 2011 - Guillaume Canet participerait à La guerre des boutons de Christophe Barratier

L'acteur et réalisateur Guillaume Canet (Les Petits Mouchoirs) pourrait rejoindre la relecture du roman La Guerre des Boutons par Christophe Barratier, indique ce dernier au quotidien Le Parisien du vendredi 1er avril. Guillaume Canet s'est vu proposer le rôle d'un instituteur dans cette adaptation de Louis Pergaud.