Notes de Prod. : La Nuit des Morts Vivants

    en DVD le 19 Octobre 2010

Ils sont vivants

Stylistiquement, La nuit des morts vivants s'inscrit dans la lignée du cinéma-vérité.
Pour des raisons économiques, l'image est en noir et blanc. L'action se déroule dans un décor unique, le son est pris sur le vif, le cadrage serré, la caméra portée à l'épaule. Le montage et la musique sont discrets mais efficaces. Les acteurs miment le souffle de la vie et puisent au fond d'eux-mêmes leurs émotions, comme l'enseignait l'Actor's Studio. George A. Romero exhume une forme devenue banale - le huis clos - en prenant à contre-pied les attentes du spectateur. Il n'y a pas de romance entre Ben et Barbara, pas de plan d'attaque pour combattre les morts vivants revigorés par un nuage de radiations. Ces derniers sont (presque) relégués à l'arrière-plan, tandis que le conflit entre les personnages nourrit l'action. Le mordant du réalisateur de Zombie se dévoile à travers quelques scènes cruelles et ironiques.
Réalisé en 1968, le film eut un succès immédiat et fut même présenté quelques années plus tard au Moma (Museum of modern art) de New York. Cette intrigue paranoïaque, épopée horrifique dont le héros principal est un Noir, se faisait l'écho des préoccupations politiques de son temps. Aujourd'hui, le statut des personnages, les morts décervelés et les médias bavards continuent de surprendre et d'intriguer. Romero a établi les conventions d'un genre. Son film, maintes fois copié et réadapté, reste une référence.

La légitimisation du gore

A l’inverse d’un Herschell Gordon Lewis, Romero et les siens souhaitent réaliser une oeuvre de qualité. Pour eux, ce premier long métrage offre enfin l’occasion de filmer autre chose que la promotion d’une marque de bière ou de ketchup, et ils ne veulent pas laisser passer cette chance. « Sans doute, nous aurions préféré réaliser un grand film dramatique. Mais une fois que nous avons opté pour un film d’horreur, nous nous sommes efforcés de le rendre le plus réaliste possible avec le budget dont nous disposions » (Russel Streiner, 1975). D’où le choix des morts vivants, monstres ne nécessitant ni maquillages ni effets spéciaux coûteux. D’où aussi l’insistance sur la psychologie des personnages et la décision de traiter le sujet avec le plus grand sérieux, une fois admis le postulat fantaisiste que les morts non encore ensevelis ressuscitent pour dévorer les vivants.
 

Box-office au 01 Février 2010

  • 1ère semaine IDF : 1 230 entrées
  • Cumul IDF : 1 888 entrées

  • 1ère semaine France : 4 103 entrées
  • Cumul France : 6 287 entrées