Le directeur de la photo
Joaquin Baca-asay avait impressionné
James Gray par son travail sur le film indépendant
Roger Dodger. Le producteur
Nick Wechsler observe : « Ses images étaient fantastiques, avec une photo très immédiate, très proche de la réalité. » Lorsque
James Gray et
Joaquin Baca-asay se sont rencontrés, le directeur de la photo a recommandé au réalisateur de considérer les œuvres de Vincent Desiderio, un peintre réaliste américain contemporain. Le réalisateur se souvient : « Joaquin m’a fait acheter un livre sur l’œuvre de cet artiste, et j’ai découvert des peintures fabuleuses et macabres, avec une lumière magnifique. J’ai trouvé cela remarquablement intéressant. »
Les Décors
C’est au chef décorateur
Ford Wheeler qu’est revenue la tâche de recréer l’ambiance et l’univers visuel du New York de la fin des années 80. Le réalisateur commente : « La création de décors suppose de comprendre les personnages et de les interpréter en termes de possessions matérielles et d’environnement.
Ford Wheeler est avec moi depuis le début et il connaît très bien mes goûts. »
New York authentique
Tourner à New York était une priorité pour
James Gray et les producteurs.
Marc Butan explique : « New York apporte au film l’authenticité et le réalisme qu’il lui fallait, jusqu’au visage des gens dans la foule, aux figurants, aux bâtiments... Il fallait un style vrai, audacieux, qui se démarque de la majorité des films ou des émissions télé... Les seconds rôles et les figurants de notre film sont le vrai New York. »
Durant les dix semaines de tournage, les acteurs et l’équipe technique se sont rendus dans le Bronx, à Manhattan, Brooklyn et dans le Queens, souvent dans les quartiers les plus dégradés, pour capter l’atmosphère et la texture du New York d’avant le maire Guiliani.
Poursuites et cascades
Ayant plusieurs scènes d’action majeures à orchestrer dans les rues de la ville,
James Gray a fait appel à
Manny Siverio pour coordonner les cascades du film. Siverio, qui a été cascadeur sur plus de cent vingt films, a dû régler trois séquences essentielles.
Parmi celles-ci figure une poursuite en voiture dans laquelle Bobby et Burt tombent dans une embuscade tendue par les gangsters russes. Au cours de la poursuite, un semi-remorque s’interpose devant le véhicule de Bobby.
Parce que la cascade a été réalisée sur une portion de route trempée par la pluie, les pilotes ont dû en plus donner le meilleur pour garder le contrôle de leurs véhicules. Deux voitures de cascade se sont même percutées, propulsant la voiture caméra contre le semi-remorque...
James Gray se souvient : « La prise est dans le film, je l’ai utilisée en totalité ! Jusqu’au dernier moment, juste avant que la remorque ne soit heurtée. C’est tellement intense ! On voit toutes ces voitures qui viennent face à vous, j’en tremble encore ! » Il poursuit : « Cette séquence est un peu un hommage au réalisateur William Friedkin et à son film
Police Federale, Los Angeles. J’avoue que j’ai puisé beaucoup de choses chez lui. J’adore ses films ! » Pour l’esprit général de
La Nuit Nous Appartient,
James Gray s’est inspiré non seulement d’auteurs des années 70 comme Friedkin, Scorsese ou Coppola, mais aussi de pièces dramatiques historiques de Shakespeare et de la manière dont elles combinent des éléments historiques authentiques, des drames humains complexes et une action viscérale. Le souci du détail qui caractérise le réalisateur s’est retrouvé tout au long du film, du département caméra aux décors, aux costumes et aux accessoires. Le chef accessoiriste Robert J. Currie a rempli la difficile mission de se procurer ou de faire fabriquer des objets de la fin des années 80. Il raconte : « Nous avons dû faire de nombreuses recherches. Le film couvre une vaste gamme de décors et d’ambiances, et il a fallu apporter un soin minutieux aux détails et rendre le tout aussi authentique que possible.
La Musique
La musique joue un rôle majeur dans
La Nuit Nous Appartient non seulement en nous replongeant dans l’époque à laquelle se déroule l’histoire, mais aussi en installant l’atmosphère. Amateur de blues, de jazz et de musique classique,
James Gray a voulu évoquer les années 80 à travers la musique disco dans les scènes se déroulant en boîte. Il a également souhaité souligner les émotions plus austères du film avec une musique plus classique. Il en a confié la composition à
Wojciech Kilar, le légendaire maestro polonais dont les œuvres ont été interprétées par des dizaines d’orchestres internationaux, auteur de trente-cinq musiques de films, dont celles de
Dracula de Francis Coppola,
Le Pianiste et
Portrait de Femme.
Le superviseur de la musique
Dana Sano, qui retrouve
James Gray après
Little Odessa et
The Yards, a choisi pour les musiques que l’on entend dans les boîtes de nuit des chansons phares de Blondie, David Bowie et The Clash. Sano rend hommage au réalisateur pour avoir choisi des classiques de Louis Prima et de Tito Puente pour une scène de fête entre les familles des policiers.
Dana Sano confie : « James est étonnant : c’est un cinéaste à part entière, un homme qui aime profondément le cinéma. Il a en outre un goût musical très sophistiqué et éclectique ».