Comment avez-vous réagi en apprenant que Jean-pierre Denis souhaitait adapter « La Petite Chartreuse » au cinéma ?
J'ai été très touché par le fait qu'un homme d'images m'ait lu et ait décidé de faire un film à partir de mon livre. J'accorde une grande importance au visuel et au sensuel et sachant que chaque lecteur se fait son propre cinéma j'essaie de faire en sorte que les mots soient les supports d'une vision. Mais lorsqu'un homme de cinéma me dit :
« je vais faire quelque chose à partir de là », je suis très heureux.
Vous connaissiez son travail ?
J'avais beaucoup aimé
Les Blessures Assassines. Quand j'ai su qu'il allait adapter « La Petite Chartreuse », j'ai revu le film avec une vraie curiosité d'écrivain, plan par plan, en faisant plusieurs arrêts sur image et j'ai trouvé alors qu'il y avait là une écriture admirable, due à un grand sens du détail et un souci constant de la cohérence.
Jean-pierre Denis a apporté certains changements par rapport au livre.
Oui, et cela m'a semblé totalement justifié. Le livre est divisé en trois parties, et dans la partie centrale un narrateur extérieur livre des informations sur le passé d'Etienne Vollard ; Pour traduire cela de manière cinématographique, Jean-Pierre a eu l'idée d'introduire un personnage, qui est sa propre création, ce que je respecte tout à fait. Jean-Pierre s'est encore davantage écarté de mon protagoniste en introduisant la dimension de l'alcool pour éclaire le passé du personnage. C'est un élément qui n'existe pas dans le livre et qui fonctionne très bien dans le film.