Notes de Prod. : La petite chartreuse

    en DVD le 21 Septembre 2005

Trois Questions à Pierre Péju

Comment avez-vous réagi en apprenant que Jean-pierre Denis souhaitait adapter « La Petite Chartreuse » au cinéma ?
J'ai été très touché par le fait qu'un homme d'images m'ait lu et ait décidé de faire un film à partir de mon livre. J'accorde une grande importance au visuel et au sensuel et sachant que chaque lecteur se fait son propre cinéma j'essaie de faire en sorte que les mots soient les supports d'une vision. Mais lorsqu'un homme de cinéma me dit : « je vais faire quelque chose à partir de là », je suis très heureux.

Vous connaissiez son travail ?
J'avais beaucoup aimé Les Blessures Assassines. Quand j'ai su qu'il allait adapter « La Petite Chartreuse », j'ai revu le film avec une vraie curiosité d'écrivain, plan par plan, en faisant plusieurs arrêts sur image et j'ai trouvé alors qu'il y avait là une écriture admirable, due à un grand sens du détail et un souci constant de la cohérence.

Jean-pierre Denis a apporté certains changements par rapport au livre.
Oui, et cela m'a semblé totalement justifié. Le livre est divisé en trois parties, et dans la partie centrale un narrateur extérieur livre des informations sur le passé d'Etienne Vollard ; Pour traduire cela de manière cinématographique, Jean-Pierre a eu l'idée d'introduire un personnage, qui est sa propre création, ce que je respecte tout à fait. Jean-Pierre s'est encore davantage écarté de mon protagoniste en introduisant la dimension de l'alcool pour éclaire le passé du personnage. C'est un élément qui n'existe pas dans le livre et qui fonctionne très bien dans le film.

Propos du réalisateur Jean-Pierre Denis

Il s'agit d'un conte moderne, contemporain, d'une variation poétique autour de la solitude, du silence et de la difficulté ou de l'impossible d'être.
Le jeune Pascale qui se voudrait mère n'y arrive pas, Eva, la petite fille ballottée, aimée, meurtrie, Vollard le libraire, solitaire, en proie aux tourments de sa mémoire, transcendant sa douleur.

Trois Questions à Jean-Pierre Denis

Comment est né le projet de LA PETITE CHARTREUSE
Après Les Blessures Assassines, je souhaitais profiter de mon léger regain de notoriété pour enchaîner avec un autre film. Je comptais m'atteler à un projet sur les Cathares, écrit depuis plusieurs années, mais qui a achoppé sur des questions de budget et de casting. J'ai repris mon métier d'inspecteurs des Douanes et c'est Prune Berge, des Editions Gallimard, qui m'a permis de découvrir le roman de Pierre Péju. Comme avec l'affaire Papin, il y avait dans le livre des éléments qui m'attiraient et d'autres qui me rebutaient : je me sentais bloqué par le désespoir et une certaine noirceur du propos, tout en étant intéressé par la solitude des personnages et par le rapport à la nature et à la montagne d'Etienne Vollard. Ce qui m'intéressait aussi, c'était la dimension de conte déjà présente dans le roman et la dimension « maternelle » de Vollar : pour moi, il était davantage la mère que le père de substitution et, à la limite, il pouvait représenter une figure paternelle pour la jeune Pascale Blanchot. C'est avec mon coscénariste Yvon Rouve, avec qui je collabore régulièrement, que nous avons réalisé un premier travail d'exploitation et nous avons alors été réellement convaincus de l'intérêt de cette adaptation.