Comment avez-vous rencontré Marceline Loridan-ivens ?
C’était au Festival du Film de Berlin en 2000, où elle était venue avec la productrice
Bénédicte Lesage. Elle m'a raconté l’histoire du film et nous sommes restés en contact. Deux ans plus tard, nous avons commencé le tournage.
Quelle a été votre première impression en lisant le scénario ?
J’avais l’impression non pas de lire un scénario, mais l’agenda personnel de Marceline. C’était très curieux ce sentiment d’entrer de plain-pied dans une histoire aussi intime. J’étais fasciné par la détermination de cette femme âgée qui voulait à tout prix faire ce film. Marceline est une femme à l’esprit ouvert et qui connaît bien notre Histoire. J’ai immédiatement compris que travailler avec elle allait être une expérience extrêmement intéressante et une aventure exceptionnelle.
Connaissiez-vous l’univers des camps de Birkenau et Auschwitz avant de lire ce scénario ?
Non. En ça je ressemble à Oskar, qui découvre le camp par les yeux de Myriam. J’ai découvert Birkenau au travers du regard et de la sensibilité de Marceline.
Qu’est-ce qui vous a précisément touché dans cette histoire ?
D’abord le fait que cette histoire soit basée sur des événements authentiques et biographiques. J’ai aussi aimé cette réflexion sur la mémoire sélective, sur la vérité des faits, mais aussi sur ce que l’on ne dit pas des choses que l’on garde dans sa tête. J’ai été très sensible au fait que ce film soit une ode à la vie. Vivre avant tout. Vivre malgré tout… À mon sens, la vie est le personnage principal de ce film.
Qu'est-ce qui vous a décidé à accepter d’interpréter le rôle d’Oskar ?
Oskar cherche quelque chose. Il est, comme Myriam, blessé par le passé, mais ses blessures, sa souffrance sont d’un autre ordre. Myriam et Oskar ne sont pas venus à Birkenau pour les mêmes raisons. Lui cherche des signes qui racontent l’histoire de ce lieu d’horreur, mais il est incapable de les trouver.
Il a besoin de quelqu’un pour le guider. C’est quelque chose qui m’a beau-coup touché et intéressé.