Notes de Prod. : la porte des secrets

    en DVD le 03 Février 2006
"J'ai eu envie d'écrire une histoire de fantômes "à l'américaine", qui se démarquerait des traditions du genre", explique le scénariste Ehren Kruger (THE RING - LE CERCLE). "Le Sud des États-Unis, à commencer par la Louisiane, est un milieu très particulier, purement américain, un véritable melting-pot culturel. Par ailleurs, l'une des originalités de cette histoire tient à ce que le spectateur s'interrogera longtemps sur sa vraie nature : s'agit-il ou non d'une histoire de fantômes? À cela s'ajoute un ressort humain abondamment exploité par la littérature et le cinéma gothiques : le désir de savoir ce qui se cache derrière une porte interdite. J'ai éprouvé moi-même cette pulsion très répandue en écrivant le film ; comme Caroline, comme le spectateur, j'avais réellement envie de savoir ce qui se cachait dans ce grenier!" L'idée d'inscrire un thriller surnaturel dans un décor contemporain séduisit immédiatement le réalisateur Iain Softley.

Iain Softley :
"Certains de mes films favoris - ROSEMARY'S BABY, ANGEL HEART, NE VOUS RETOURNEZ PAS - sont des thrillers psychologiques. Le script de LA PORTE DES SECRETS se rattache à cette veine. Il est à la fois habile, divertissant et très riche sur le plan thématique. J'ai voulu que ce film s'ancre dans la réalité, qu'il ne verse pas dans l'hyper stylisation ou le pur gothique, qu'il exploite au mieux l'ambiance et les saveurs de cette région. Ce qui me plait et continue de me hanter dans des films comme celui-ci, c'est l'idée que de tels univers peuvent encore exister de nos jours. Je crois que le public aime à se faire peur au travers d'histoires qui traitent de notre monde et de notre époque. LA PORTE DES SECRETS est un scénario accrocheur, dont chaque page s'imprègne de l'ambiance de La Nouvelle-Orléans et du Sud profond. Il aborde aussi de façon originale la question de la vieillesse à laquelle nous avons parfois du mal à nous confronter. Enfin, j'ai toujours été attiré par les films d'horreur psychologique, parce qu'ils mettent en question nos perceptions et exploitent un ressort privilégié de la peur : l'imagination. Une chose imaginée est souvent bien plus effrayante qu'une chose représentée." Le producteur Daniel Bobker, après avoir présenté le script de LA PORTE DES SECRETS à Softley, le proposa à Universal, où il éveilla l'intérêt des producteurs Michael Shamberg et Stacey Sher, tout juste sortis du tournage épique de THE BROTHERS GRIMM de Terry Gilliam.

Michael Shamberg :
"LA PORTE DES SECRETS bénéficie, comme les meilleures histoires de fantômes, d'une trame obsédante et d'ambiances très étoffées. Il faut, pour goûter pleinement un tel matériau, croire à l'arrivée imminente de créatures maléfiques prêtes à vous jeter un sort. Iain est à cet égard le metteur en scène idéal, car c'est un réalisateur doué d'un sens aigu du détail et de l'ambiance, qui tire un maximum de tension dramatique du décor, de la texture, des acteurs, de la musique…" Softley et ses producteurs réunirent une distribution exceptionnellement brillante autour de Kate Hudson, qui apparaît dans la quasi-totalité des scènes.

Iain Softley :
"Kate a été notre premier choix pour le rôle de Caroline. Lorsqu'elle se retrouva enceinte, nous n'avons pas hésité à repousser le tournage de près d'un an, jusqu'à ce qu'elle soit en mesure de reprendre le travail. Cela se révéla le bon choix, car je pense que la naissance de son bébé lui a donné un supplément de maturité et d'expérience qui a enrichi son apport au film."

Daniel Bobker :
"Kate était un choix inspiré pour ce rôle. Le public apprécie depuis toujours son naturel et sa simplicité, qui facilitent l'identification au personnage et renforcent ici le suspense. On a envie de l'accompagner au bout de son périple, elle montre ici qu'elle peut aller bien au-delà du registre léger et charmeur où elle s'est montrée si brillante. Il nous est apparu, non seulement que Kate collait admirablement au rôle, mais que sa vitalité avait été bénéfique à toute l'équipe."

Michael Shamberg :
"Caroline n'est plus la Kate Hudson fantaisiste et légère que nous connaissons. L'actrice est plus mûre, un peu plus sombre. Et elle affiche une fois de plus cette faculté magique de se donner totalement au public, de gagner instantanément sa sympathie. Ce qui redouble, bien sûr, l'angoisse du spectateur…"
Kate Hudson :
"Caroline est une fille sérieuse. C'était déjà un bon point : j'étais dispensée de sourire dans chaque plan! C'est une jeune femme solide, pleine de curiosité et dotée d'un esprit rationnel. Il en faut beaucoup pour l'amener à questionner ses convictions scientifiques. Or rien dans cette aventure n'est totalement incroyable ou invraisemblable. Cela rend les événements d'autant plus troublants et porteurs d'interrogations. J'ai adoré exécuter mes propres cascades. Je pense même que le chef cascadeur a été surpris par mon excellente coordination ! Au fil des jours, j'ai escaladé une façade et cassé des vitres, j'ai rampé dans la boue, j'ai subi des averses torrentielles et me suis écorché les genoux avec toute l'ardeur de la gamine éprise de foot que j'étais jadis. J'ai adoré cela : rentrer chez soi et pouvoir exhiber ses "blessures de guerre", quelle fierté et quel bonheur !" Peter Sarsgaard (BOYS DON'T CRY, SHATTERED GLASS) interprète l'affable avocat du couple Devereaux, Luke Marshall, dont il dit : "C'est un personnage assez équivoque sur l'honnêteté duquel on s'interroge longtemps. En fait, il est dépassé par une situation et des problèmes d'une complexité croissante. Se voulant incrédule, il devra renoncer à cette position de principe, et sera dès lors confronté à des phénomènes réellement terrifiants." Deux acteurs légendaires, couverts d'honneurs, Gena Rowlands et John Hurt, incarnent Violet et Ben Devereaux, ce couple énigmatique qui dissimule un terrible secret.

Daniel Bobker :
"Les grands classiques du cinéma d'horreur ont fréquemment bénéficié de la présence d'acteurs illustres qui apportent à l'histoire une vérité charnelle et entraînent l'adhésion du spectateur. Nous avons eu la bonne fortune d'obtenir le concours de deux talents exceptionnels : Gena Rowlands et John Hurt, qu'on pourrait croire natifs de Louisiane tant ils semblent en osmose avec cette culture."

Stacey Sher :
"Observer au travail des acteurs de cette classe, c'est une leçon de comédie. Gena est tellement fascinante qu'on la croirait viscéralement attachée à cette maison. Et John, qui ne dit pas un mot de tout le film, fait de Ben le mystère central de l'histoire, le moteur des émotions qu'elle engendre." Gena Rowlands interprète Violet, une ancienne "fleur du Sud", réfugiée avec son mari infirme dans une maison délabrée, au cœur du bayou. Les relations de ce couple de reclus se teintent rapidement de mystère…

Gena Rowlands :
"Violet est une vieille taupe, très inquiétante, qui se plait à déstabiliser Caroline. Elle passe le plus clair de son temps dans son jardin, car c'est un lieu qui chaque année se transforme… comme elle." Pour son partenaire John Hurt, "un bon thriller exige que chaque fil conducteur de l'histoire soit en évidence tout au long de la trame et contribue à la résolution de l'énigme. Les pistes seront parfois légèrement brouillées, mais elles devront se rejoindre à la fin pour que l'ensemble fonctionne. C'est le genre de scénario qu'Ehren Kruger a concocté ici." Joy Bryant interprète Jill, la meilleure amie de Caroline, qui tentera vainement de la dissuader d'enquêter sur le mystère Devereaux. "Beaucoup d'éléments m'attiraient dans ce projet", explique la jeune comédienne, découverte dans ANTWONE FISHER de Denzel Washington : "le casting, Iain et son équipe, l'intrigue et le décor. Ce mélange fait écho à la diversité de La Nouvelle-Orléans, cette ville où il se passe à tout moment tant de choses, où s'entrecroisent une multitude d'histoires et de destins. Là-bas, vous n'avez plus l'impression d'être aux États-Unis. C'est vraiment un lieu à part." Cette ambiance exotique, cette beauté décadente et mortifère confèrent à l'histoire une résonnance toute particulière.

Iain Softley :
"J'aimais l'idée de tourner un film qui n'aurait pu se passer nulle part ailleurs. J'avais envie de créer une ambiance visuelle dense, tendue et réaliste. Je pense que c'est avant tout l'aura d'un décor qui éveille l'intérêt du spectateur et le fait entrer dans le film. Kate interprète ici une infirmière chargée d'administrer des soins palliatifs à des patients en fin de vie. C'est un axe majeur de LA PORTE DES SECRETS, et il m'a semblé intéressant de l'inscrire dans cette ville dotée d'un passé incroyablement riche et habitée par la mort. Par ailleurs, cette partie du Sud, où l'air est chargé d'humidité, possède une lumière changeante qui nous permettait de capter nos personnages sous des éclairages très variés." Le monde mystérieux de LA PORTE DES SECRETS tourne autour d'une variété locale de magie, le "hoodoo" (littéralement : la guigne, la poisse), qui se pratique encore dans certains bayous et zones reculées. (On se gardera de la confondre avec son quasi-homonyme, le vaudou, religion introduite à La Nouvelle-Orléans par des esclaves haïtiens au début du XIXème siècle et qui y devint si populaire que l'Église dut en bannir la pratique dans l'enceinte de la ville.)

Ehren Kruger :
"Au cours de mes recherches sur le surnaturel, j'avais découvert ce "hoodoo", qui est plus séculaire que le vaudou, mais n'en incorpore pas moins un certain nombre de croyances religieuses. C'est essentiellement une forme de sorcellerie, à base de potions, racines magiques et formules rituelles à vocation médicinale, mais qui peuvent aussi porter la poisse à vos ennemis. Introduite par des esclaves africains, elle s'est mariée aux connaissances botaniques des Amérindiens, aux folklores chrétiens et juifs venus d'Europe. C'est donc un amalgame typiquement américain de toutes sortes de croyances, à l'image du melting-pot que constitue notre nation." Le pratiquant lance un sortilège (le "trick" ou "fix") pour se soigner, se protéger, obtenir une faveur et, parfois, nuire aux autres. Il se sert de plantes, huiles et épices, ossements, chandelles magiques et gris-gris, dans des cérémonies rituelles, accompagnées de musique. La pratique est solidement implantée dans cette région où les religions se fécondent mutuellement et où l'omniprésence tangible des morts (inhumés dans des cryptes à ciel ouvert, en raison de l'extrême humidité du terrain) favorise les superstitions. Cette plongée dans le monde ténébreux de la guigne entraîna de nombreuses recherches, tant pour le scénariste que pour le réalisateur, les producteurs, le chef décorateur John Beard et le décorateur de plateau Beauchamp Fontaine.

Stacey Sher :
"Nous avons commencé par rechercher les accessoires idoines et les formules rituelles, dont nous avons déniché un enregistrement sur disque. Bientôt, nous avons été submergés de crânes, ossements, plumes, colifichets et queues d'animaux aux vertus magiques. Cela devenait obsessionnel et même légèrement paniquant, au point que j'étais tout près de demander la protection… d'un sorcier!" Beauchamp Fontaine, qui possède une licence d'anthropologie, se plongea avec délices dans la culture et le folklore locaux.

Beauchamp Fontaine :
"Notre équipe s'attacha à représenter très fidèlement ces rituels, ce qui entraîna de vastes recherches. Nous avons pris contact avec un écrivain local, Catherine Yronwode, auteur de "Hoodoo in Theory and Practice", qui a épluché le script scène par scène pour en garantir l'authenticité. Cela se reflète au travers de quantité de détails - par exemple le fait que la voûte de la résidence Devereaux est peinte en bleu, comme on le fait couramment dans cette région pour éloigner les oiseaux." La première partie du tournage de LA PORTE DES SECRETS se déroula en Louisiane, dont les trois premières semaines dans l'enceinte de la Plantation Félicité. Située dans le village de Vacherie, au cœur de la Paroisse St. James, à mi-chemin de Bâton Rouge et de La Nouvelle-Orléans, elle fut édifiée en 1847 par l'homme le plus riche de l'État, Valcour Aimé, qui en fit présent à sa fille Félicité le jour de ses noces. (Sa seconde fille, Joséphine, hérita d'une plantation voisine, mais les deux propriétés changèrent de main après la Guerre de Sécession.)

Michael Shamberg :
"C'est Clayton Townsend qui dénicha cette résidence, qui nous séduisit dès le premier coup d'œil. Les propriétaires - nonagénaires - acceptèrent à notre grande surprise de nous la prêter, alors qu'ils l'avaient obstinément refusé depuis vingt-cinq ans à toutes les autres productions. Nous avions bien repéré quelques très belles plantations dans la région, mais Félicité réunissait des atouts incomparables : un passé, un style, une patine inimitable et une ambiance unique."

Daniel Bobker :
"Aucune autre résidence ne nous avait réellement convaincus. Il était même question de commencer par bâtir une simple façade en studio, à Los Angeles, d'aller tourner cinq petites semaines à La Nouvelle-Orléans, puis de revenir à L.A. pour les intérieurs de la plantation. En découvrant Félicité, nous avons compris qu'il nous aurait été impossible de bâtir quoi que ce soit de comparable et d'obtenir ce degré d'authenticité, ce vécu, cette ambiance." John Beard, dont c'est le quatrième film avec Iain Softley, compléta, enrichit et adapta ce décor aux besoins de l'histoire.

John Beard :
"Il a fallu, principalement, creuser un marécage à l'arrière du bâtiment, planter un jardin sauvage là où il n'y avait qu'une prairie envahie d'arbres. C'est relativement facile de "bidouiller" une architecture, mais beaucoup plus délicat de tricher avec la nature."
Kate Hudson :
"C'est dans ce marais que se déroule l'épisode-clé de l'évasion de Caroline. Je me souviens de l'ambiance étrange qui régnait durant la préparation de la scène. J'attendais dans un canoë, au milieu d'un plan d'eau infesté d'énormes moustiques et de crocodiles. Il se fit soudain un silence impressionnant et j'ai partagé à cet instant l'atroce sensation de peur et de solitude qui étreignait Caroline. Je n'aurais jamais vécu cela en studio - on ne peut pas recréer de telles conditions. En dépit des rigueurs physiques du tournage, je n'ai donc eu aucune difficulté à me mettre au diapason du rôle : chaque détail de l'environnement me dictait la bonne réaction." Après avoir consacré trois semaines de travail aux scènes de la plantation Devereaux, Softley et son équipe investirent La Nouvelle-Orléans pour en capter l'ambiance à nulle autre pareille.
Iain Softley :
"C'était ma première visite dans cette ville et j'ai été profondément pris par son atmosphère. J'ignorais qu'elle était si proche des marais et je ne m'attendais pas à la trouver si belle et si vaste. Bien que l'essentiel de l'histoire se déroule dans le bayou, il m'a semblé que le film gagnerait encore en authenticité si nous y infusions certaines des merveilleuses saveurs propres à cette ville, et notamment sa superbe musique." La musique, omniprésente à La Nouvelle-Orléans sous les formes les plus diverses, du gospel au blues et au hip-hop, constitue à la fois une histoire orale de la ville et un ferment culturel pour ses habitants. Softley et son équipe ne négligèrent aucune occasion de capter cette riche et intense vie musicale, en tournant notamment dans deux célèbres cabarets : le Half Moon Club et le légendaire Maple Leaf Club.

Kate Hudson :
"C'est l'amour de la musique qui permet à Caroline, fan de rock et de blues, de faire son nid à La Nouvelle-Orléans. Tout mélomane digne de ce nom ne peut que tomber amoureux d'une telle ville, y trouver son bonheur… et décider de n'en jamais repartir. Le contraste entre l'énergie que La Nouvelle-Orléans dégage jour et nuit et l'ambiance mystérieuse des grandes plantations et des bayous est réellement fascinant. Beaucoup de ces demeures ont un passé chargé, voire tragique, et Caroline est doublement vulnérable dans un tel lieu." Au cours de cette période, l'équipe tourna aussi dans plusieurs lieux représentatifs des divers styles architecturaux de la ville, dont Magazine Street et Jackson Square, avant de se rendre au Southesast Louisiane Hospital de Mandeville - autant de décors qui contribueraient à enrichir la texture du film et faciliteraient le travail des comédiens.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 48 958 entrées
  • Cumul IDF : 91 318 entrées

  • 1ère semaine France : 169 890 entrées
  • Cumul France : 373 406 entrées