Un Egyptien qui fait un film sur les Palestiniens.Forcément ça doit «manquer de réalisme». «Et tant mieux», je me suis dit en entamant l’écriture avec Elias Khoury et Mohamed Soueid : «On va faire une fiction». Pourquoi s’en empêcher dès qu’il s’agit des Palestiniens ? Au fait, la fiction, c’est pas très bien vu quand ça vient de chez nous.
Depuis «Les Mille et une Nuits», on a du mal à raconter des histoires, l’Histoire est trop pesante. «On», c’est les Arabes. Les Juifs aussi depuis la création d’Israël.Du coup, on doit répondre à une attente qui veut qu’on soit ambassadeur, politicien, juge… Tout sauf conteur.
C’est une forme de répression… de peur de la vie… se priver de raconter des histoires pour ne devenir que chroniqueur… Car rien ne trouble et ne déroute autant que la fiction.Heureusement. C’est ce que nous avons essayé de faire, Elias, Mohamed et moi en écrivant le scénario, et c’est ce que j’ai essayé de respecter en tournant le film.
Yousry Nasrallah