Notes de Prod. : La Révélation

    en DVD le 15 Juillet 2010

La Révélation, Témoignages

« Les procédures longues, qui ont caractérisé certains des premiers procès, peuvent entraîner une détention provisoire très longue. Il faut absolument éviter cela. Si l’acte d’accusation n’est pas concentré sur des faits précis, l’affaire peut s’étendre sur une dizaine d’années. Je trouve cela incorrect. Vis-à-vis de l’accusé, qui a droit à un procès rapide, comme de la communauté internationale. Cela peut même entraîner l’échec du procès, comme cela a été le cas pour Slobodan Milosevic, qui ne sera finalement jamais jugé. C’est ce qui a motivé la directive 73bis, qui permet aux juges d’imposer aux procureurs une limitation de l’affaire. Pour prouver 70 chefs d’accusation, il faut des années. Est-ce bien utile de juger tous ces chefs? Ne vaut-il pas mieux se concentrer sur les principaux ? Certains des autres peuvent être transférés à une autre juridiction, locale, par exemple. »
Fausto Pocar, juge au TPIY de 1999 à 2005, président du Tribunal de 2005 à 2008

« L’avis du Conseil de sécurité, je m’en fiche. S’ils veulent détruire le Tribunal en plein travail, ils n’ont qu’à le faire. Mais ici, chacun de nous a prêté serment. Nous avons juré de rendre justice. Cet organe judiciaire dépend-il vraiment de la date du jour à New York, et de la personne qui prendra la parole au Conseil de sécurité pour parler de notre budget? La question n’est pas là. Car qui paye la facture, en fin de compte ? Ce sont les victimes, qui n’ont pas la possibilité de témoigner. Ou les accusés qui ne disposent pas des conditions nécessaires et équitables pour exposer leur cas. (...) Les avocats sont toujours considérés comme des sales types. Pourtant, le fait que nous représentions des personnes qui ont peut-être commis des actes graves ne signifie pas que nous approuvons ces actes.
Nous sommes là pour accomplir une mission. Sans une bonne défense, les jugements prononcés seraient sans valeur. C’est là tout l’intérêt de la procédure contradictoire. »
Michael Karnavas, avocat au TPIY

« Je crois que pour nous tous qui faisons ce travail, l’implication émotionnelle est très forte. Cela ne veut pas
dire que nos émotions influent sur notre travail : ce serait un désastre. Nous devons coûte que coûte conserver un regard objectif et réaliste sur les affaires. Lorsqu’un procureur travaille sur la même affaire pendant 12 ou 15 ans, c’est-à-dire une part considérable de sa vie professionnelle, et que les juges lui déclarent, juste avant l’audience : “Non, vous ne pouvez pas présenter toutes les preuves...”, l’avocat pensera d’abord aux victimes, aux gens qui nous ont parlé, qui nous ont donné leur témoignage. On a envie de se battre pour le moindre détail de l’affaire, pour chacune des victimes prises individuellement, et ce n’est pas toujours possible. On doit s’efforcer de rester aussi professionnel et objectif que possible pour présenter un maximum d’éléments pendant le temps imparti. Ces affaires sont extrêmement douloureuses, extrêmement complexes, et les examiner en profondeur peut être très éprouvant. »
Daryl Mundis, procureur au TPIY

A propos de La révélation

La Révélation est le nouveau long métrage du réalisateur allemand Hans-christian Schmid, une coproduction germanonéerlando-danoise dotée d’un casting européen. Outre l’anglaise Kerry Fox (Ours d’argent 2001 pour Intimité de Patrice Chéreau) et la roumaine Anamaria Marinca (nominée pour le Prix de la meilleure actrice européenne pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours), on y retrouve notamment les anglais Stephen Dillane (The Hours) et Alexis Zegerman (Be Happy), le suédois Rolf Lassgård (After the wedding), l’allemand Alexander Fehling ou encore les danois Jesper Christensen et Bent Mejding. L’équipe technique regroupe des compagnons de route de longue date de Hans-christian Schmid, comme Bernd Lange (scénariste),Bogumil Godfrejów (chef opérateur), Hansjörg Weißbrich

Entretien avec Hans-Christian Schmid et Bernd Lange, réalisateurs de La Révélation

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de faire ce film?
H.-C. Schmid : Après Requiem, nous avions envie de raconter un thriller. Ou du moins un drame dont certains éléments se rattacheraient au thriller. Nous aimons beaucoup les films du « New Hollywood », qui ont notamment pour atout de traiter toujours un thème contemporain et de s’efforcer de l’adapter au cinéma d’une manière passionnante. C’était l’un de nos objectifs, avec La Révélation.

Prix et Sélections pour La Révélation

- Sélection Officielle Festival de Berlin 2009 : Prix Amnesty International,
- Prix des salles art et essai allemandes
- Prix des lecteurs du « Berliner Morgenpost ».
- Prix de la paix au Festival de Munich.
- Sélection officielle Prix LUX 2009 du meilleur film européen (avec « Welcome » et « Eastern Plays »)
- Prix du Parlement Européen

Entretien avec Kerry Fox, actrice dans La Révélation

Comment êtes-vous arrivé sur La Révélation ?
J'avais tourné un téléfilm – The Shooting of Thomas Hurndall – autour d'une famille qui perdait un enfant à Gaza. Grâce au directeur de casting, j'ai rencontré Hans-christian Schmid dont j'avais beaucoup aimé Requiem : il ne m'a pas fait lire le scénario immédiatement, mais il m'a raconté l'intrigue et m'a parlé de sa vision du film. Au fond, c’est ainsi que je me suis familiarisée avec bon nombre de mes rôles. J’avais besoin de me sentir impliquée dans l’histoire avant de lire le scénario. Très vite, on s'est rendu compte qu'on avait envie de travailler ensemble. Et j’ai tout de suite su que je voulais vraiment jouer ce personnage, ce qui chez moi est très bon signe. Cela tient aux gens qui travaillent sur le film et à l’idée qu’ils se font du film achevé, mais aussi à une certaine envie de faire bouger le monde, de toucher le public. Le sujet du film mérite vraiment d’être traité en profondeur, d’être transposé dans une histoire humaine, accessible. C’est cela qui m’intéressait.

Entretien avec Anamaria Marinca, actrice dans La Révélation

Comment êtes-vous entrée en relation avec La Révélation ?
J’avais lu le scénario et je l’aimais beaucoup, mais je pensais que, n’étant pas Bosniaque, je ne convenais pas pour le rôle de Mira. Je craignais de tromper en quelque sorte le personnage et l’histoire. Je me sentais bien entendu capable de faire travailler mon imaginaire, et j’ai eu accès à des témoignages effarants sur ces années d’horreur, mais ce n’est pas la même chose, ce n’est pas l’histoire de mon pays. Et puis j’avais un peu peur des dialogues, de devoir parler bosniaque avec mon accent... J’ai rencontré Hans-Christian à la Berlinale 2008, et malgré mon scepticisme, il m’a déclaré qu’il voulait que je joue le personnage. Il en était tellement convaincu que j’ai accepté. Et j’en suis très heureuse. C’est une histoire très forte et j’y crois, j’ai confiance dans sa structure. Et bien sûr, je connaissais le travail de Hans-Christian. Je l’admire beaucoup. Raison de plus pour lui dire oui.

Entretien avec Florence Hartmann, à propos de La Révélation

A quand remonte le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) ? Quelles sont ses responsabilités ?
Le TPIY a été mis en place en 1993. A l'époque, il n'y a pas de consensus sur la manière de régler le conflit en Bosnie entre Américains, Européens et Russes au sein du Conseil de Sécurité de l'ONU. Malgré tout, les grandes puissances sentent bien qu'il faut agir car l'opinion publique internationale est scandalisée. De fait, il s'agit d'un conflit totalement couvert par les médias : depuis Sarajevo, la transmission par satellite des images permet au monde entier de suivre la guerre en direct. L'ONU s'engage alors à ne pas laisser les crimes perpétrés sur le terrain impunis et d'en poursuivre les hauts responsables. D'où l'idée diplomatique de créer une instance judiciaire internationale qui, contrairement à Nuremberg, ne soit ni un tribunal militaire, ni un tribunal des vainqueurs. La décision est entérinée par le Conseil de Sécurité en 1993. A l'heure actuelle, plus de 160 personnes ont été inculpées par le TPIY. C'est évidemment une immense avancée sur le plan de la justice internationale, mais qui n'a pas empêché de nombreuses interférences de la part des Etats…

Le cas Mladic et Karadzic dans La Révélation

Radonovan Karadzic ou l’incarnation de l’épuration ethnique

Né en 1945 dans un petit village du Monténégro, l’une des républiques de la Yougoslavie de l'époque,
Radovan Karadzic part étudier à Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine, où il devient psychiatre. En

Le soutien d’Amnesty International au film La Révélation

Dans le cadre de la campagne « Lutter contre l’Impunité », ce film constitue pour Amnesty International un fervent plaidoyer en faveur de l’arrestation rapide des deux derniers fugitifs inculpés par le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) et de la nécessité pour les Nations Unies de continuer à assurer le financement de la juridiction, pour lui permettre d’achever sa mission.

Chronologie du TPIY (Tribunal Pénal International pour l’Ex-Yougoslavie)

1991 Dissolution de la République fédérale socialiste de Yougoslavie. La Slovénie, la Croatie et la Macédoine déclarent leur indépendance.

1992 Indépendance de la Bosnie-Herzégovine. Massacre de civils bosniaques par des forces armées serbes dans la région de Foca. Début du siège de Sarajevo (jusqu’en février 1996). Les premiers