Vous aviez déjà travaillé sous la direction de Jean Becker dans Elisa, au milieu des années 90. Mais depuis combien de temps vous connaissez vous tous les deux ?
J’ai l’impression qu’on se connaît depuis toujours. Car par sa famille, Jean fait partie de toute une tradition de cinéma dont les membres ont été peu ou prou tous mes pères : qu’ils soient acteurs comme Gabin, Blier, Paul Meurisse, Pierre Brasseur ou Michel Simon, ou auteurs comme Michel Audiard et son sens inouï de la réplique, du dialogue, du français… qui s’est perdu. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Jean est un des rares cinéastes avec Claude Chabrol à conserver et faire vivre cet état d’esprit-là. Il appartient à ce type de cinéma populaire qui disparaît petit à petit. Il suffit de voir ses films : ce qui l’intéresse, ce sont des petits détails. Comme dans
La Tête en friche, la rencontre entre cette vieille dame merveilleusement interprétée par
Gisèle Casadesus et mon personnage, en apparence – je dis bien, en apparence – le simple du village.