Notes de Prod. : La très très Grande Entreprise

    en DVD le 06 Mai 2009

Roschdy Zem : L’entretien d’embauche

Du sur-mesure.
Le rôle a été écrit pour moi. C’est flatteur, mais ça fait peur. l’image que le réalisateur a de moi n’est-elle pas erronée ? est-ce qu’il ne me surestime pas ? Va-t-il me demander de faire des choses que je ne sais pas faire ? Ceux qui ne me connaissent qu’à travers mes films, me voient souvent dans des rôles austères, durs, violents. on est responsable de ce qu’on dégage ; avec le recul, l’âge et l’expérience, on prend plus conscience de l’image que l’on donne de soi. les réalisateurs qui me connaissent plus intimement, comme Pierre Jolivet, semblent avoir envie d’aller chercher en moi un côté comique que j’ai dans la vie ! mais dans le travail, quand je ne connais pas les gens, je me renferme.

Passage à la réalisation.
Je l’occulte en redevenant « simple » acteur. Je suis peut-être plus conscient des focales, qui me donnent une notion plus précise de l’espace dans lequel je peux me mouvoir. C’est juste une petite information supplémentaire... En revanche, je me suis rendu un peu plus compte du statut privilégié que possèdent les acteurs sur un plateau.

Répétitions avant tournage.
On a répété un mois avant de tourner. C’est la première fois que ce luxe m’est offert. Pour un film comme La Très Très Grande Entreprise, ce n’est pas un luxe, c’est essentiel. Ce mois de répétition a permis à chacun - quatuor de tête et seconds rôles - non seulement de trouver ses marques, mais aussi l’angle sous lequel il ou elle allait aborder son personnage, et les traits qu’il ou elle aurait envie de lui donner. Pareil pour l’équipe technique.

Tournage.
Au quotidien, le travail d’acteur sur un plateau est un trip dans l’absurde. Lorsque la caméra est sur vous et qu’il vous faut simplement réagir à une réplique tournée une semaine plus tôt ou qui le sera une semaine plus tard, vous vous dites : « C’est un métier ? ». Certains films se font dans la douleur. Ou dans le conflit. Ce n’est pas forcément mauvais. Ça dépend du sujet, de l’atmosphère... Ici, cette bonne ambiance, avec des gens qui travaillent ensemble depuis longtemps, faisait de ce tournage une histoire de famille. Au sens « cirque » du terme. C’est dans ce genre d’atmosphère que je réalise qu’on a de la chance de faire ce métier.

Réalisateur-acteur.
Pierre a un vrai passé d’acteur. Avec lui, je sais que je peux aller très loin dans le jeu. Si je me plante, je sais qu’il me récupérera. Je lui ai même fait jouer certaines de mes scènes. C’est une approche que nous avions découverte, Pierre et moi, sur La Très Très Grande Entreprise, et même avant, sur Fred. En lui faisant jouer « ma » scène, je me rends compte de ce qui fonctionne, je vois ce que je peux ajouter, ou enlever. Après, on inverse le processus.

Réalisateur-citoyen.
Cela fait quinze ans que Pierre me parle d’environnement, de pollution et de tri des ordures, entre autres. A l’époque, il avait déjà cette conscience, qui me paraît si évidente aujourd’hui. Pierre est un cinéaste qui a des choses à dire et qui s’implique dans et en dehors de son métier. J’ai beaucoup de respect pour ses engagements. Mais qu’il ait, par le biais de la comédie, trouvé la manière de traiter ces problèmes sans vous en assommer et sans oublier de faire du cinéma, respect !

Marie Gillain : L’entretien d’embauche

Première lecture.
Dans un premier temps, c’est le scénario que j’ai aimé, dans son ensemble, et j’ai immédiatement eu envie de participer à cette aventure. C’est après que je me suis penchée sur le personnage féminin. Il n’est pas venu à moi comme une évidence, c’est même ça qui m’a interpellée. Le scénario disait de Mélanie : « Elle ne se croit pas jolie (...) C’est une Madame Bovary qui s’ignore. » Personnage en demi-teinte, complètement inhibé au départ, totalement passif, c’est petit à petit qu’elle se révèle. A elle-même comme aux autres.

Jean-Paul Rouve : L’entretien d’embauche

Son personnage.
Je suis incapable de parler d’un personnage. Je fais les choses, c’est tout. Je m’intéresse peu à ce que dit le personnage, c’est fait, c’est écrit. Mon travail d’acteur consiste à jouer ce qui n’est pas écrit. Le non-dit.

Approches.

Adrien Jolivet : L’entretien d’embauche

Jolivet vs. Jolivet.
C’est toujours un immense plaisir de travailler avec son père. C’est comme prendre des vacances entre amis. En même temps, faut bosser, il ne vous passe rien. Ça a été moins stressant que sur Zim And Co.. D’abord, parce qu’on avait déjà tourné ensemble. Et puis après Zim And Co., j’ai tourné avec d’autres réalisateurs, je me sentais plus à l’aise. Enfin, ici, je n’avais pas le rôle principal, j’étais donc plus tranquille. En revanche, je me suis retrouvé en compagnie de gens qui ont beaucoup tourné, et avec de grands cinéastes. Essayer d’être à la hauteur du film et de ces acteurs-là m’a pas mal angoissé. Roschdy, Jean-Paul, Marie... Roschdy, je le connais depuis l’âge de quatorze ans, il m’a vu grandir, on n’a pas cessé de se croiser. Il y a forcément une complicité naturelle, c’est une affaire qui roule. Sur un plateau, ça permet tous les raccourcis. Pas de pincettes, pas de chichis. Ce n’est pas toujours facile : du fait de leur expérience professionnelle, Roschdy, Jean-paul et Marie sont à l’aise sur un plateau, ils ont joué toutes sortes de personnages totalement différents. Cette agilité qu’ils ont à s’intégrer dans une équipe, à dire leurs répliques avec un naturel qu’ils atteignent très vite, je ne l’ai pas. Pas encore.

Manu Katche : L’entretien d’embauche

Pierre Jolivet.
On se connaît depuis plus de 20 ans. On est proche sans l’être, on fréquente les mêmes gens... Nous avons planché sur divers projets, dont un clip pour mon premier album, mais ça ne s’est jamais concrétisé. Jusqu’à La Très Très Grande Entreprise

Pierre Jolivet : L’interview

Définition.
Difficile de définir ce film. Comédie policière ? Sociale ? Socio-policière ? il me semble que si Ma Petite Entreprise s’inspirait du cinéma anglais d’un Stephen Frears ou d’un The Full Monty - comédies, certes, mais inscrites dans des milieux sociaux bien spécifiques, La Très Très Grande Entreprise renoue plutôt avec la comédie italienne des années 1960-1970, par ce qu’elle avait de politique. Avec insolence mais sans la noirceur de Affreux, Sales Et Méchants, de Scola, par exemple. Par le biais de la comédie, avec Simon Michaël, nous avons essayé d’écrire un film sur l’engagement. En face de phénomènes qui nous dépassent, il est plus amusant de se battre que de s’écraser. Au départ, le combat de ces personnages est simple : « Je ne suis pas assez dédommagé, j’en veux plus. » En chemin, ils se rendent compte que le combat est ailleurs, au-delà. Le véritable enjeu devient moral et non plus uniquement financier. Voilà le coeur du film : partis à l’attaque de façon relativement poujadiste, ils vont devenir des héros emblématiques et idéalistes.

Charles Gassot : L’interview

Prémisses d’une rencontre.
Ça s’est fait très vite. Je sortais d’une période où certains des films que j’avais produits me laissaient sur ma faim. J’avais envie de m’embarquer avec un réalisateur à la fois doué et bosseur. Espèce rare... Apprenant par son co-scénariste, Simon Michaël, que Pierre Jolivet était libre, je demande à le rencontrer. On se voit et il me propose un sujet dont ni lui, ni Simon n’ont écrit une ligne mais que Pierre a déjà bien en tête. Ce type me semble avoir une vision claire de son projet.

Elle

" Misogynie et bons sentiments font bon ménage. Les acteurs sont sympathiques mais le rythme est poussif. "
Philippe Trétiak (article entier disponible dans Elle n°3279, page 50)
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 759 entrées
  • 1ère semaine IDF : 56 902 entrées
  • Cumul IDF : 86 143 entrées

  • 1ère semaine France : 143 005 entrées
  • Cumul France : 223 036 entrées