Notes de Prod. : La Troisième Partie du Monde

Entretien avec Gaspard Ulliel

Comment êtes-vous arrivé sur La Troisième Partie du monde ?

J’ai rencontré Éric deux ans avant le tournage, pour un autre film qu’il avait essayé de monter et qui ne s’est pas fait. Je n’ai plus eu de nouvelles pendant un moment, puis, un jour, j’ai reçu le scénario de La Troisième Partie du monde avec un petit mot d’Éric. J’étais heureux, parce que c’était une période où j’avais beaucoup de propositions, des projets qui m’ennuyaient, et le film d’Éric s’en distinguait vraiment. Comme une respiration. J’ai été séduit par l’originalité du récit, sa prise de risques, sa singularité, ses dialogues extrêmement bien sentis.

Ça ne vous a pas gêné que François disparaisse après le premier tiers du film ?

Non, même si c’est un peu ce que j’ai vécu sur le tournage, qui a commencé avec toutes les scènes entre Clémence et moi. Ça a été vraiment un moment extraordinaire, on s’entendait tous très bien, il se passait quelque chose de fort dans l’équipe, et au bout de deux semaines de tournage, je me suis éclipsé. C’est étrange de commencer quelque chose et de quitter le plateau en sachant qu’après votre départ, les autres vont continuer à travailler ensemble pendant encore un long moment.

Comment décririez-vous ce personnage à la fois simple et mystérieux ?

François est un jeune étudiant scientifique, passionné par l’entropie, hanté par le phénomène des trous noirs. Et lorsqu’il rencontre Emma, c’est un vrai coup de foudre, il est envoûté. Elle est déroutante, insaisissable, et il va se laisser happer. C’est en tout cas le sentiment que j’ai eu en le jouant. Pour elle, il serait prêt à tout, il se lâche complètement, avec une vraie candeur.

On se demande tout de même s’il n’y a pas une folie sous-jacente chez lui. Le fait qu’il parle un peu brutalement à Emma, puis qu’il la demande en mariage. On peut émettre l’hypothèse que la disparition de François est aussi une fuite...

La fuite, pourquoi pas, mais je n’ai pas senti de dualité, d’ambiguïté chez François. Pour moi, tout ce qui se passe entre Emma et François, tout ce qu’ils s’échangent, est très direct, sincère, droit. Pur. Et c’est peut-être cette pureté qui va le brûler.

Le film s’ouvre sur une scène charnelle assez forte. Comment Clémence Poésy et vous vous y êtes-vous préparés ?

De façon très simple. Évidemment, Clémence était un peu angoissée, comme les actrices le sont souvent dans ces moments- là. Pour ma part, ce ne sont pas des scènes qui me dérangent. Et puis on savait que cela resterait très pudique, même au niveau de la nudité. D’ailleurs, j’avais peur qu’il n’y ait pas assez de sensualité, d’érotisme, mais Clémence a réussi quelque chose de très fort. On ressent son désir, quelque chose de très sexuel, alors qu’on ne voit rien.

Comment Éric Forestier vous a-t-il mis en confiance pour créer ce couple éphémère ?

La première fois que j’ai rencontré Clémence, on est resté assez distant. Et je pense qu’on s’est vraiment rencontrés sur le tournage. Un peu comme les personnages. Je ne sais pas si Éric avait prémédité cela, mais du coup, le contact s’est fait très rapidement. Et on s’est très bien entendus. Parfois, sur certains films, on a l’impression de jouer tout seul et que l’autre en face ressent la même chose. Mais là, entre Clémence et moi, il y a eu un véritable échange. Lorsque le ou la partenaire en face parvient à vous surprendre, c’est merveilleux.

Dernière question : c’est vous qui avez créé la chorégraphie sur « Enola Gay » ?

(rires) Oui ! On n’avait pas vraiment décidé des pas à l’avance, et d’ailleurs, la musique a été choisie cinq minutes avant le tournage. Éric m’a fait écouter deux ou trois morceaux, et j’ai choisi « Enola gay ». C’était assez drôle à tourner, très spontané. Il faut dire que mon costume m’a beaucoup aidé! Il y avait comme un parfum de vacances entre copains sur ce film. Même si tout était très préparé, on avait une marge d’improvisation assez large. On pouvait se permettre de totalement changer une scène. Comme celle de la demande en mariage, qui était très différente à l’écriture. À l’origine, Emma était dans le salon, François dans le jardin, en train de faire du sport. Mais le matin du tournage, Éric a dit « on va faire ça dans le lit », ce qui était une très bonne idée. Je n’ai jamais eu le sentiment d’être enfermé dans quoi que ce soit sur ce film.

Entretien avec Eric Forestier

Comment est né ce premier long métrage ?

J’ai rencontré mon producteur, Cédric Walter, sur le projet d’un court métrage, Les Grands Espaces. Ça se passait à la campagne : un garçon et une fille s’engueulaient, faisaient l’amour, puis lui partait faire une promenade à vélo et se perdait. À la fin, on retrouvait la fille qui l’attendait dans le jardin.

Entretien avec Clémence Poésy

Quand avez-vous rencontré Éric Forestier ?

Il y a quatre ou cinq ans. À l’époque, Éric préparait un autre film qu’on devait faire ensemble, mais qui a été abandonné. Je me rappelle avoir passé de très longs essais, pendant lesquels je m’étais déjà rendu compte de la rigueur de sa direction d’acteurs.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 56 entrées
  • 1er jour IDF : 308 entrées
  • 1ère semaine IDF : 2 197 entrées

  • 1ère semaine France : 3 571 entrées