Notes de Prod. : La véritable histoire du petit chaperon rouge

    en DVD le 01 Septembre 2006
Il était une fois une fi llette, un loup, un bûcheron et une grand-mère. Jusque là, rien à signaler. D’habitude, suite à moult tribulations où interviennent une forêt, un déguisement pas terrible et une sombre aff aire de bobinette, l’animal tente de mâchouiller la petite après s’être envoyé la vieille dame derrière la glotte. Pour tout dire, d’ordinaire ça s’intitule LE PETIT CHAPERON ROUGE et nul n’a jamais cherché à savoir ce que la grand-mère tricotait dans la vie, pourquoi la gamine portait un K-way couleur pin-pon ou si le loup était plutôt sushi ou carpaccio. Ça ne pouvait plus durer. Dans LA VERITABLE HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE, l’enfant, la bête, le musclé et l’ancêtre sont arrêtés, interrogés par la police et sommés de dire la vérité, toute la vérité. Enfi n. Il était temps. Le moins qu’on puisse dire est que ça n’a pas été de la tourte.

CONTE A REBOURS
Or donc il était une autre fois Cory et Todd Edwards, deux frères surdoués en quasi tout, qui cherchaient à vendre une fl opée de projets de fi lms à des producteurs réticents. Le temps passe. Un jour totalement normal, ils aboutissent dans les locaux de Kanbar Entertainment, une société de production créée par Maurice Kanbar et Sue Montgomery dans le but de fi nancer des fi lms inventifs, originaux et familiaux. «Au départ, on a proposé à Maurice des fi lms live», explique Cory Edwards, «alors qu’il avait plutôt en tête un fi lm d’animation. Quand il en a parlé, je lui ai montré WOBOTS, un court métrage animé que j’avais réalisé pour un public enfantin, et il nous a dit : «Ça me plaît. Mais ce que je veux, c’est un long métrage inspiré d’un classique du conte de fées. Revenez me voir dans un mois avec une idée dans ce genre-là et on verra». «Comme ça nous intéressait, on a décidé de relever le défi ». Le duo, enthousiaste, dit «au revoir monsieur», quitte les lieux, ferme la porte, cherche où diable est garée cette satanée voiture, ouvre la portière et..., bref, phosphore, sang et eau pendant que le mois de février 2001 s’écoule sans un mot. Pendant les séances de remue-méninges, CENDRILLON (déjà fait), HANSEL ET GRETEL (bof), LES TROIS PETITS COCHONS (trop Tex Avery), tout y passe ou presque.
«Et puis j’ai pensé au PETIT CHAPERON ROUGE», s’exclame Todd Edwards, «l’histoire est universelle, elle est toute simple, on peut imaginer des tas de choses autour et quand j’ai proposé à Cory de raconter l’intrigue en fl ashback, sous quatre angles diff érents, d’après le point de vue du loup, de la fi llette, de la grand-mère et du bûcheron, il était tout excité !» C’est que Cory, une fi ne bouche du septième art, voit déjà comme s’il y était les quatre styles absolument diff érents qu’il va être possible de conférer au fi lm, les passages délirants, l’ambiance fi lm noir, les scènes pour bouts de chou. Ce sera SANG POUR SANG avec un grand méchant loup, USUAL SUSPECTS avec une grenouille à borsalino, SHREK avec une mémé rock’n’roll, RASHOMON sans japonais.
En ce qui concerne les personnages, ce sera tout pareil : du feu d’artifi ce, de l’aurore boréale. «Pour le Chaperon Rouge, il fallait qu’on reste traditionnel, dans le genre des dessins animés des années 50», précise Cory. «Concernant le loup et son compère l’écureuil, on est parti sur des références comme L’ARME FATALE ou LE FLIC DE BEVERLY HILLS pour le sens de la comédie, la musique, l’action et le côté vieux couple qui s’enguirlande sans cesse.
On a pensé aussi à Chevy Chase dans FLETCH quand le loup est tout seul. Nicky Flippers, la grenouille détective, doit beaucoup à Peter Lawford dans la série des années 50, MONSIEUR ET MADAME DETECTIVE, où Lawford jouait Nick Charles. Le bûcheron, lui, devait avoir la dinguerie des héros des séries animées qui passent en ce moment à la télé, sur Cartoon Network par exemple. Quant à la grand-mère, on l’imaginait comme un mélange de Vin Diesel dans XXX, de Spiderman dans... SPIDERMAN et de Neo dans MATRIX. Chaque personnage devant être traité sérieusement pour que le comique ressorte d’autant plus, si vous voyez ce que je veux dire.» En mars, Todd et Cory Edwards font leur come-back sur le seuil de Maurice Kanbar qui leur produit sans tarder un contrat, si vous voyez ce qu’on veut dire.

TOUS CONTES FAITS
«Après avoir écrit plusieurs moutures du scénario de LA VERITABLE HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE et obtenu le feu vert de Maurice Kanbar, on a appelé Tony Leech pour qu’il fasse le montage de l’intrigue qui en était à l’état d’ébauche». Tony Leech c’est l’ami de vingt ans des Edwards, le complice des songes et des galères, celui qui a révélé les dons hilarants de Cory dans son show comique et fait le montage du premier fi lm de Todd, CHILICOTHE, celui qui a réalisé les clips de groupes mystérieusement volatilisés et tourné des pubs pour des musées oubliés. «Après avoir bien ramé de mon côté, en décembre 2002 j’ai rejoint Cory et Todd. Au départ, je devais juste m’occuper du montage et du mixage, puis j’ai fait des suggestions sur l’histoire, donc j’ai commencé à écrire avec eux, ensuite je me suis retrouvé co-réalisateur parce que Cory et Todd ne pouvaient pas être partout et que j’avais de l’expérience en matière de réalisation. J’ai tout fait à l’envers (rires) !
C’était un fi lm à petit budget, donc chacun d’entre nous occupait plusieurs fonctions par la force des choses». Réaliser un long métrage d’animation sans les millions d’un gros studio hollywoodien, c’est courageux mais ça demande de l’adrénaline en barils et un passeport épais comme un bottin. Car les studios d’animation où va naître le Chaperon Rouge se situent à Manille, aux Philippines. Manille : soixantequinze millions d’habitants, des volcans, des typhons, de la pluie comme s’il en pleuvait mais une culture toute américaine et des infrastructures à la portée des petites bourses. «Il y a six ou sept ans, l’idée de faire un fi lm comme LA VERITABLE HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE en indépendant aurait été impossible», commente David Lovegren, l’un des producteurs.
«L’animation en digital coûtait trop cher et seules les grosses compagnies comme Disney pouvaient se permettre des budgets à un million de dollar la minute». Si la technologie est devenue plus accessible, il n’empêche que ce n’est pas Byzance, sans l’aide d’un mastodonte du cinéma, il faut y aller au sou par sou et au turbo s’il vous plait. «On n’avait pas les moyens d’y passer six ans !», reconnaît Todd Edwards. En résumé, le nec plus ultra des animateurs bûche sur les ordinateurs philippins en suivant à la virgule les notes et les indications de Cory, Todd supervise la réalisation principalement depuis Los Angeles avant d’aller enregistrer la bande originale du fi lm à Nashville dans le Tennessee, Tony a des mots avec la bande son et discute structure de séquence avec Cory, tandis que Cory lui-même est à deux doigts d’emménager dans un avion. «J’ai fait des allers-retours entre Los Angeles et Manille sans arrêt. Je n’en pouvais plus. Je n’aurais jamais cru que je passerais autant de temps dans l’avion. J’y étais obligé, il fallait que je coordonne les équipes. Heureusement que j’avais Todd et Tony comme co-réalisateurs, en mon absence, ils pouvaient assurer : ils avaient toute ma confi ance.
On était comme un monstre à trois têtes, à trois endroits en même temps». Même avec le renfort d’une équipe indienne, malgré les horaires d’insomniaque, la tâche est dantesque. «J’ai dû rédiger une centaine de pages de notes extrêmement détaillées pour les artistes à Manille ; avec mon appareil numérique j’ai réalisé des mini fi lms où je faisais les mimiques des personnages du fi lm telles que je les voulais et je les envoyais à Manille pour gagner du temps ; j’ai fait environ 3000 dessins moi-même et à la fi n on travaillait quatorze heures par jour, six jours sur sept. Mais je ne me plains pas, je suis fi er de ce qu’on a accompli», sourit Cory. Et Todd de renchérir : « Peu de gens ont fait ce qu’on a fait et le résultat ressemble à un fi lm indépendant réalisé dans un grand studio.
On ne sent pas le manque de moyens et on a fait exactement le fi lm dont on rêvait ». Tony Leech dirait même plus : « Au début, je me disais qu’on y arriverait jamais, que c’était impossible à faire. Aucun de nous ne connaissait vraiment l’animation en 3D et à part certains producteurs aucun de nous n’avait jamais tourné de long métrage animé. On a tous appris sur le tas en quelque sorte, mais on a appris tellement de choses en si peu de temps qu’on est devenu des foudres ! C’est très enrichissant comme expérience fi nalement. Même s’il y a eu des moments diffi ciles, quand le fi lm est terminé on oublie tout».

LE CONTE EST BON
Tout cela est bel et bon, les financiers de Kanbar Entertainment, ravis de l’envergure que prend LA VERITABLE HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE, se prennent à rêver à une distribution digne d’un fi lm de grande ampleur. Le fi lm est déjà acheté depuis longtemps par la France, l’Espagne, la Corée, l’Italie... Aux Etats-Unis, les projections-tests déclenchent des fous rires délectables et les élus de la société qui ont vu le fi lm semblent fl otter sur un coussin d’air. Du coup, Cory, Todd et Tony commencent aussi à croire au miracle : être distribués comme des grands aux USA. Pendant des mois, ils font la tournée des distributeurs, leur œuvre sous le bras. En vain. Leur nom est personne, le budget de leur fi lm est ridicule, nul ne les attend. C’est là que le hasard intervient sous la forme d’une avocate que d’aucuns proposeraient bien à la canonisation. «En fait, notre avocate connaît bien Elizabeth, la femme de Robert Rodriguez, qui est par ailleurs productrice» raconte Cory Edwards. «Donc notre avocate a téléphoné à Elizabeth en lui disant : «Écoute, il faut absolument que tu voies LA VERITABLE HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE, c’est formidable, ça va cartonner. Les réalisateurs ont un mal fou à trouver un distributeur». Aussitôt, la femme de Rodriguez, qui n’a pas vu le fi lm, pas plus que son mari ou que qui que ce soit dans la boîte de Rodriguez, appelle Bobby et Harvey Weinstein et leur dit : «Je crois que vous devriez voir ça». Ca faisait des mois qu’on cherchait des distributeurs et en quelques jours les Weinstein ont vu notre fi lm, nous ont rappelé et quelques semaines plus tard, on signait un contrat avec eux ! C’était incroyable !» Encore mieux : la sortie américaine de LA VERITABLE HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE est prévue pour Noël, date magique entre toutes pour un fi lm d’animation. «C’est un rêve cette histoire», s’étonne encore Tony Leech. «Je croise les doigts pour que le fi lm marche, on l’a fait avec notre sang et notre sueur. Après quinze ans de tâtonnements, c’est un aboutissement pour moi. Je me suis préparé à ça depuis que je suis né», conclut Cory Edwards. Un vrai conte de fées, non ?

Le conte par Charles Perrault

Il était une fois une petite fi lle de village, la plus jolie qu’on eût su voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fi t faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l’appelait le petit chaperon rouge. Un jour sa mère ayant cuit et fait des galettes, lui dit : «va voir comme se porte ta mère-grand, car on m’a dit qu’elle était malade, porte-lui une galette et ce petit pot de beurre». Le Petit Chaperon Rouge partit aussitôt pour aller chez sa mère-grand, qui demeurait dans un autre village.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 62 911 entrées
  • Cumul IDF : 227 219 entrées

  • 1ère semaine France : 240 021 entrées
  • Cumul France : 979 876 entrées