Notes de Prod. : La véritable histoire du petit chaperon rouge

    en DVD le 01 Septembre 2006

Le conte par Charles Perrault

Il était une fois une petite fi lle de village, la plus jolie qu’on eût su voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fi t faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l’appelait le petit chaperon rouge. Un jour sa mère ayant cuit et fait des galettes, lui dit : «va voir comme se porte ta mère-grand, car on m’a dit qu’elle était malade, porte-lui une galette et ce petit pot de beurre». Le Petit Chaperon Rouge partit aussitôt pour aller chez sa mère-grand, qui demeurait dans un autre village.
En passant dans un bois elle rencontra compère le loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n’osa, à cause de quelques bûcherons qui étaient dans la forêt. Il lui demanda où elle allait ; la pauvre enfant, qui ne savait pas qu’il est dangereux de s’arrêter à écouter un loup, lui dit : «- Je vais voir ma mère-grand, et lui porter une galette avec un petit pot de beurre que ma mère lui envoie.» - Demeure-t-elle bien loin ? lui dit le loup. - Oh ! Oui, dit le Petit Chaperon Rouge, c’est par-delà le moulin que vous voyez tout là-bas, là-bas, à la première maison du village. - Eh bien, dit le loup, je veux l’aller voir aussi ; je m’y en vais par ce chemin ici, et toi par ce cheminlà, et nous verrons qui plus tôt y sera.”
Le loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, et la petite fi lle s’en alla par le chemin le plus long, s’amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons, et à faire des bouquets des petites fl eurs qu’elle rencontrait. Le loup ne fut pas longtemps à arriver à la maison de la mère-grand ; il heurte : toc, toc. - Qui est là ? - C’est votre petite-fi lle le Petit Chaperon Rouge (dit le loup, en contrefaisant sa voix) qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma mère vous envoie. La bonne mère-grand, qui était dans son lit à cause qu’elle se trouvait un peu mal, lui cria : - Tire la chevillette, la bobinette cherra.
Le loup tira la chevillette et la porte s’ouvrit. Il se jeta sur la bonne femme, et la dévora en moins de rien ; car il y avait plus de trois jours qu’il n’avait mangé. Ensuite il ferma la porte, et s’alla coucher dans le lit de la grand-mère, en attendant le Petit Chaperon Rouge, qui quelque temps après vint heurter à la porte. Toc, toc. - Qui est là ? Le Petit Chaperon Rouge, qui entendit la grosse voix du loup eut peur d’abord, mais croyant que sa mère-grand était enrhumée, répondit : - C’est votre petite-fi lle le Petit Chaperon Rouge, qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma mère vous envoie. Le loup lui cria en adoucissant un peu sa voix : - Tire la chevillette, la bobinette cherra. Le Petit Chaperon Rouge tira la chevillette, et la porte s’ouvrit.
Le loup, la voyant entrer lui dit en se cachant dans le lit sous la couverture: - Mets la galette et le petit pot de beurre sur la huche, et viens te coucher avec moi. Le Petit Chaperon Rouge se déshabille, et va se mettre dans le lit, où elle fut bien étonnée de voir comment sa mère-grand était faite en son déshabillé. Elle lui dit : - Ma mère-grand, que vous avez de grands bras ? - C’est pour mieux t’embrasser, ma fi lle. - Ma mère-grand, que vous avez de grandes jambes ? - C’est pour mieux courir, mon enfant. - Ma mère-grand, que vous avez de grandes oreilles ? - C’est pour mieux écouter, mon enfant. - Ma mère-grand, que vous avez de grands yeux ? - C’est pour mieux voir, mon enfant. - Ma mère-grand, que vous avez de grandes dents ? - C’est pour te manger. Et en disant ces mots, ce méchant loup se jeta sur le Petit Chaperon Rouge, et la mangea.

Moralité
On voit ici que de jeunes enfants, surtout de jeunes fi lles belles, bien faites, et gentilles, font très mal d’écouter toute sorte de gens, et que ce n’est pas chose étrange, s’il en est tant que le loup mange. Je dis le loup, car tous les loups ne sont pas de la même sorte ; il en est d’une humeur accorte, sans bruit, sans fi el et sans courroux, qui privés, complaisants et doux, suivent les jeunes demoiselles, jusque dans les ruelles, jusque dans les maisons ; mais hélas ! Qui ne sait que ces loups doucereux, de tous les loups sont les plus dangereux.
Il était une fois une fi llette, un loup, un bûcheron et une grand-mère. Jusque là, rien à signaler. D’habitude, suite à moult tribulations où interviennent une forêt, un déguisement pas terrible et une sombre aff aire de bobinette, l’animal tente de mâchouiller la petite après s’être envoyé la vieille dame derrière la glotte. Pour tout dire, d’ordinaire ça s’intitule LE PETIT CHAPERON ROUGE et nul n’a jamais cherché à savoir ce que la grand-mère tricotait dans la vie, pourquoi la gamine portait un K-way couleur pin-pon ou si le loup était plutôt sushi ou carpaccio. Ça ne pouvait plus durer. Dans LA VERITABLE HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE, l’enfant, la bête, le musclé et l’ancêtre sont arrêtés, interrogés par la police et sommés de dire la vérité, toute la vérité. Enfi n. Il était temps. Le moins qu’on puisse dire est que ça n’a pas été de la tourte.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

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