Vendredi 13 mai : Du grand cinéma venu d'outre-atlantique avec Egoyan et Van Sant
Deux films étaient présentés en compétition officielle ce vendredi 13… mais pas de Jason ni de morts-vivants à l'horizon. Du cinéma, du bon, du vrai, du plaisir ! Un thriller hitchcockien pour commencer, dont le titre très évocateur -
Quand La Vérité Ment - laisse déjà planer une certaine ambiance à suspense. Il est signé du canadien
Atom Egoyan, à qui l'on doit notamment les sublimes
Calendar,
Exotica ou
Le Voyage De Felicia. Une histoire de meurtre, de sexe, de double jeu et de trahison comme on aimerait en voir plus souvent, magistralement interprétée par
Kevin Bacon. A la fois inquiétant et séduisant, il semble être en bonne voix pour un Prix d'interprétation… A ses côtés, on retrouve le toujours très classe
Colin Firth, associé au glamour d'
Alison Lohman, une comédienne peu connue mais talentueuse.
Un scénario très écrit, une mise en scène calculée, où rien n'est laissé au hasard, Egoyan nous a offert du grand art. Grand cinéma toujours, dans un registre tout autre mais tout aussi appréciable, avec
Last Days de Gus Van Sant, qui revient sur la Croisette deux ans après sa Palme d'Or pour
Elephant. Si ce film non conventionnel a dépité, voire heurté certains festivaliers, on ne peut que reconnaître les indéniables qualités d'artiste du cinéaste américain, capable de faire passer des émotions intenses avec presque rien. Et c'est aussi ça le talent. La presse ne s'y est d'ailleurs pas trompée : Les Cahiers du cinéma et Les Inrockuptibles le voient déjà Palme d'Or, alors que Première, Le Parisien et Le Figaro lui décernent chacun trois étoiles*...
Gus Van Sant se défend d'avoir voulu faire une biographie. Son film est une fiction, il ne sait d'ailleurs presque rien sur les derniers jours de Kurt Cobain :
"On ne sait pas grand chose sur les derniers jours de Kurt. Ces jours sont comme perdus. Mon idée était donc de faire une fiction en incluant quelques éléments de sa vie, comme une sorte d'exercice poétique".
"J'ai voulu montrer ce qui a amené au moment où on retrouve le personnage mort". La mort qui est omni présente dans la prestation de Michael Pitt, qui explique que pour incarner Blake, il jouait comme si
"le personnage souvenait lui-même de sa propre mort"…
Amélie Chauvet
(Cannes, le 14 mai 2005)
* D'après l'édition quotidienne du Film Français Spécial Cannes du Samedi 14 mai p.38
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QUAND LA VERITE MENT - L'avis de la rédaction
A 19 H00, ce Vendredi 13,
Atom Egoyan, un habitué de la croisette, grand prix du jury pour son sublime film De beaux lendemains est venu présenter son nouveau film Where the truth lies avec Allison Lohman (qui malheureusement n'a pu être là pour la montée des marches),
Kevin Bacon,
Colin Firth etc…. Egoyan à nouveau nous parle de ses deux obsessions : la mort et le sexe.
Le film se déroule à deux époques, les années 1960 et 1970 où deux comiques crooners (Bacon et Firth) organisent des partouzes dans leur suite d'hôtel jusqu'au jour où Maureen, une femme de ménage est retrouvée nue et morte, noyée dans leur salle de bain. Une journaliste people (Allison Lohman) entreprend de comprendre ce qui s'est passé une dizaine d'année plus tard.
Egoyan signe avec ce long-métrage un très grand film noir haut en couleur qui emprunte la route de
Mullolhand Drive et croise celle de
Basic Instinct. Le film a fait monter d'un cran la température du palais du festival de ce Vendredi 13 notamment avec des scènes de sexe torride jamais malsaine mais assez osée. Egoyan, comme il avait si bien su le faire avec
Exotica, sait créer une ambiance sensuelle notamment en utilisant un superbe cinémascope (mention spéciale au directeur de la photographie). Le film a tenu en haleine les spectateurs qui ont longuement ovationné ce superbe film qui se place dans les grands challengers du festival.
Allison Lohman se révèle sous un jour insoupçonné puisqu'elle nous avait habituée à des rôles de femme enfant notamment avec
Les Associes ou
Big Fish. Quant à
Kevin Bacon, il prouve une nouvelle fois qu'au-delà du beau gosse, il est un acteur remarquable qui mériterait enfin une récompense. Cannes sera-t-il l'occasion de le faire ?
Matthieu Perrin
(Cannes, le 14 mai 2005)
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