Notes de Prod. : La vérité nue

    en DVD le 03 Août 2006

Note de production

L'histoire
Kevin Bacon et Colin Firth interprètent un duo légendaire du show business des années 50 qui se sépare après un scandale retentissant. Quinze ans plus tard, une journaliste s'apprête à écrire un livre à sensation qui prétend tout révéler sur leur séparation, et menace de détruire le peu qu'il reste de leurs réputations déjà mises à mal. L'autre objectif du livre consiste à lancer la carrière de son jeune et séduisant auteur, interprété par Alison Lohman, qui use de son charme et de ses neurones sur les deux hommes pour ranimer leur histoire trop longtemps enfouie. En mettant face-à-face deux personnages déterminés à cacher la vérité par tous les moyens et une femme qui, elle, est bien décidée à la révéler, Egoyan a donné vie à une intrigue aux multiples facettes où personne n'est vraiment ce qu'il a l'air d'être, alors qu'on se met à douter de la nature même de la vérité et de notre capacité à la connaître jamais.
Egoyan connaît bien la nature paradoxale du show business, à la fois livré aux regards et évoluant en vase clos, mélange d'une extrême beauté et d'une laideur tout aussi démesurée. L'ironie de l'histoire, c'est que c'est cette dualité même qui attire le public, qui se rue dans les salles pour voir à l'écran des êtres au physique parfait, avant de dévorer des magazines où ils se repaissent de toutes les horreurs commises par ces personnalités. C'est, en quelques mots, toute la problématique du personnage de Karen O'Connor. Elle passe la moitié du film à vouer un véritable culte à Lanny
Morris, un homme pour lequel elle a eu un faible pendant la majeure partie de sa vie, et l'autre moitié du film à essayer de prouver qu'il est un meurtrier. En l'occurrence, Lanny ne correspond ni au personnage mythique, ni au monstre, mais Karen préférerait qu'il fût l'un ou l'autre plutôt que d'accepter qu'il ne soit qu'un homme comme les autres.

La production et le tournage
Tourné pendant dix semaines à Los Angeles en décors réels, et dans des studios à Londres et à Toronto, WHERE THE TRUTH LIES fut monté grâce à des moyens adaptés à son double sujet, le mythique Hollywood et son ère de gloire, mais aussi, par la suite, le Hollywood des années 70. Le scénario nécessitait différents éléments de décor tels qu'un studio de télévision, une boîte de nuit bondée, un casino fastueux tenu par la Mafia, et la suite présidentielle d'un hôtel de luxe, mais exigeait également que les nombreux acteurs soient habillés selon la mode du milieu des années 50, parfaitement coiffés et tirés à quatre épingles. Pour Egoyan et son équipe de tournage, le chef décorateur Philip Barker, le chef opérateur Paul Sarossy, la chef costumière Beth Pasternak, tous collaborateurs de longue date, ce projet était une entreprise très ambitieuse. C'était aussi d'un point de vue cinématographique une fête, qui permit à Egoyan d'avoir le beurre et l'argent du beurre, en réalisant un film dans le style d'Hollywood, à l'échelle des productions hollywoodiennes, mais qui reste, au fond, plus que critique envers l'industrie du spectacle.

Et l'inspiration vient de l'observation...
Pour préparer cette production et trouver de l'inspiration, Egoyan visionna beaucoup de films d'époque, des classiques mais aussi des films noirs plus modernes. Il s'est également penché sur les films qui utilisent la voix-off - une marque de fabrique du film noir - pour décider comment employer cette technique très particulière. Grâce à ses différents points de vue, ses narrateurs en conflit, et ses témoignages contradictoires, le film utilise la voix-off de façon inhabituelle, à la manière d'un outil cinématographique.

Présentation du film à Cannes le 13 mai 2005

Vendredi 13 mai : Du grand cinéma venu d'outre-atlantique avec Egoyan et Van Sant
Deux films étaient présentés en compétition officielle ce vendredi 13… mais pas de Jason ni de morts-vivants à l'horizon. Du cinéma, du bon, du vrai, du plaisir ! Un thriller hitchcockien pour commencer, dont le titre très évocateur - Quand La Vérité Ment - laisse déjà planer une certaine ambiance à suspense. Il est signé du canadien Atom Egoyan, à qui l'on doit notamment les sublimes Calendar, Exotica ou Le Voyage De Felicia. Une histoire de meurtre, de sexe, de double jeu et de trahison comme on aimerait en voir plus souvent, magistralement interprétée par Kevin Bacon. A la fois inquiétant et séduisant, il semble être en bonne voix pour un Prix d'interprétation… A ses côtés, on retrouve le toujours très classe Colin Firth, associé au glamour d'Alison Lohman, une comédienne peu connue mais talentueuse.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 34 176 entrées
  • Cumul IDF : 77 899 entrées

  • 1ère semaine France : 58 836 entrées
  • Cumul France : 140 507 entrées