La vérité ou presque
Genre : Comedie Dramatique - Durée : 1H35 mn
Sortie en salles le 12 Septembre 2007 - en VOD/DVD le 09 Avril 2008
Presse
Spectateurs

Entretien avec André Dussolier

Comment définiriez-vous votre personnage, qui est le plus honnête d'entre tous ?

Vincent est le plus proche de la vérité parce qu’il est passé par des épreuves qu’il a dû affronter plus tôt que les autres. Il le raconte, d’ailleurs, quand il explique qu’il a été obligé, assez jeune, d’avouer son homosexualité dans un environnement défavorable. Du coup, il est le plus authentique, celui qui avance le moins masqué, n’hésitant pas à dire ce qu’il pense. On le sent tranquille, apaisé, au-dessus des émotions, moins vulnérable, et il devient, notamment pour Anne (), un révélateur, et pour les autres, un tremplin sur lequel ils peuvent rebondir et le cas échéant, se démasquer. Car la vérité, c’est attractif.

Avez-vous fait cette analyse en lisant le scénario, ou l'avez-vous compris sur le tournage ?

C’était lisible à l’écriture. Après, il faut l’incarner. Ses envies, sa manière d’être, ses penchants sexuels... C’est un tout. Et cela se présente, pour moi, comme un puzzle qu’il faut assembler pour créer le personnage. Je me sers aussi, forcément, de gens que j’ai pu croiser, afin d’approcher une vérité. Car, pour le coup, l’acteur est condamné à la vérité pour être crédible dans son comportement, sa façon d’être et d’agir. Pour un comédien, c’est la vérité sinon rien. Voilà la règle. Et c’est quelque chose qui se construit avant le tournage. Après, cela s’affine sur le plateau.

A propos de vos partenaires, vous jouez pour la première fois avec ...

Je l’appréciais déjà beaucoup dans ses rôles. J’ai aimé la comédienne et la personne, quelqu’un d’entier, de très libre dans son jeu, d’inventif. Sa nature et son talent apportent une grande humanité dans son interprétation. Notre première scène ensemble est un très bon souvenir : la rencontre entre son personnage et le mien, quand je viens dîner chez elle, et elle, mal à l’aise, énervée, casse la bouteille que j’ai apportée. Elle m’a touché dans sa simplicité et sa vérité, qui étaient de bon augure pour la suite de notre rencontre. Je me suis tout de suite senti heureux et en harmonie avec sa fantaisie et son authenticité.

En revanche, vous connaissiez , avec qui vous veniez de finir NE LE DIS A PERSONNE.

Je l’avais effectivement croisé sur le fi lm de Guillaume Canet, mais sur celui de , les scènes se prêtaient à des échanges plus ambigus. On partage, avec François, un goût pour l’inattendu. François aime aussi le second degré, le regard qui en dit plus qu’une réplique. LA VÉRITE OU PRESQUE baigne dans une ambiance plei-ne de non-dits. Le «presque» offre un espace d’interprétation aux acteurs. Il y a ce qu’on dit, et puis il y a les silences, les respirations... L’espace de jeu idéal pour les comédiens.

Une attention due à , lui-même comédien en plus d'être réalisateur.

Sans aucun doute. Sam s’est occupé de ce film comme de son enfant, avec une attention de tous les instants. Très rigoureux dans le travail, il sollicite la vérité dans les échanges artistiques et nous demande un investissement permanent au profit des scènes et des personnages dont il connaît toutes les subtilités.

Avez-vous une réplique favorite dans ce film ?

Il y en a beaucoup qui rebondissent les unes sur les autres et se mettent en valeur au fi l des rapports. La meilleure sera celle qui parlera le mieux au spectateur au point de s’y reconnaître et de se l’approprier en signe de reconnaissance.

Notes d'intention du réalisateur

La vérité sur l'origine du sujet...


Ce qui m’intéresse au cinéma ce sont les rapports humains. Lesquels passent souvent par le mensonge. Pourtant, quand on est gamin, on nous répète à longueur de journées qu’il ne faut pas mentir. Que c’est pas beau de mentir. Mais on s’aperçoit, en grandissant, que cette règle morale est une énorme connerie. Certaines vérités sont terribles à dire, et il y a bien sûr des mensonges salvateurs. L’important est de ne pas se mentir à soi-même. Et puis je tombe sur La Vérité ou Presque, un livre de Stephen McCauley, un type qui, non content de parler de ça, décline le sujet et le met en scène dans la vie privée, professionnelle, sexuelle...

Entretien avec Karin Viard

Votre personnage, Anne, apparaît comme une battante. Ce qui est la vérité, ou presque, vu qu’elle se révèle également perdue. Comment la voyez-vous ?

Active qui mène sa barque, qui a dû se battre pour en arriver là où elle est, qui a dû sacrifier beaucoup de choses pour obtenir cette réussite professionnelle. Et en même temps, elle arrive à un moment de sa vie personnelle difficile. Elle se sent étrangère au sein de sa propre famille, jusque son enfant dont elle est comme dépossédée, avec un mari tellement parfait, qui prend tout en charge, qui, en croyant rendre service, tétanise sa femme. D’une manière générale, tous les personnages se révèlent au contact les uns des autres, comme des couleurs qui apparaîtraient progressivement. Ils n’ont rien d’exceptionnel, mais sont confrontés à des situations qui les rendent touchants de vulnérabilité.

Entretien avec François Cluzet

Quel regard portez-vous sur Marc ?

Marc est un séducteur, c’est un adolescent en fin de carrière. Il continue de construire sa maison idéale sachant très bien qu’elle ne tiendra pas debout. Il colmate comme il peut et pense s’en sortir avec du charme, aussi bien avec son ex-femme qu’avec la nouvelle. Il arbore une pleine forme et voudrait faire croire à tout le monde qu’il a les clés de l’épanouissement. Sa rencontre avec le personnage de l’écrivain nous le révèle. Il est bluffé par son charisme et sa curiosité l’emmène loin de cette image d’homme à femmes qu’il croyait imposer.
Remonter