Notes de Prod. : La Vie est une goutte suspendue

    en DVD le 01 Février 2011

Entretien avec Hormuz Kéy

Comment avez-vous rencontré Christian ?
J’avais écrit un livre en langue persane et française et je cherchais quelqu’un pour en relire la version française. Natacha, une amie de longue date, m’a donné le numéro de téléphone de Christian. Je l’ai appelé et nous avons convenu d’un rendez-vous. Lorsque je l’ai vu sur le boulevard de Strasbourg dans le 10ème arrondissement de Paris, j’ai eu la confirmation de ce que j’avais déjà ressenti au téléphone : j’étais devant quelqu’un de vraiment singulier.

Qui est Christian ?
Son nom complet est Christian de Rabaudy Mont Toussain. Je pense qu’il est né en 1945 à Paris. Il a fait ses études de philosophie et sociologie à la Sorbonne. Il a publié une dizaine de livres de philosophie.
Il y a chez lui une permanente hésitation entre une extrême banalité et une extrême originalité. Le descriptif de son quotidien relève de la pure banalité, mais, vue par le prisme de son personnage, cette banalité mute en du jamais vu. En effet, parce qu’il pèse entre 30 et 40 kilos, le physique de Christian est déjà en soi le vecteur de cette mutation. Son visage a été brûlé par la soude caustique. Il a perdu un œil. On a pris la peau de son ventre pour refaire son visage. Et pourtant il a réussi à réinventer une magnifique beauté à son visage. Christian a réussi à projeter l’extraordinaire lumière humaine qu’il possède en lui sur le masque de son visage.

Avez-vous décidé dès le départ d’accompagner Christian jusqu’à sa mort ?
Je l’aimais, je voulais aller jusqu’au bout. L’objectif n’était pas de le filmer jusqu’au stade terminal, mais de montrer, outre sa situation désespérée, l’amour infini qu’avait développé Christian pour la caméra. La caméra était devenue pour Christian une nécessité de survie, un lien avec la vie qui s’enfuyait. C’est ce qui m’a donné la volonté de continuer.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

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